VIGNE
leur domaine. Dès l'instant qu'il subit ces suppressions injustes, l'arbre, même jeune, cesse de croître et vieillit. Mais qu'on lui donne de l'espace, à cet arbre, les branches, toujours nouvelles, toujours s'allongeant, seront un incessant appel de sève, dont la force ira longtemps croissant, et les racines s'étendront en proportion, sans en rencontrer d'autres, voisines, avec lesquelles il faudrait partager la fertilité du sol ; et cette vigne, ce poirier, ne seront vieux que dans un siècle.
Nous ne disons pas tout cela pour préconiser exclusivement les formes à grande envergure ; nullement, mais nous .voulons affirmer que si les arbres, dans nos jardins, vivent peu, vieillissent jeunes, ils le doivent surtout à l'empire des traitements qu'ils subissent et non à l'influence d'une prétendue dégénérescence, qu'on invoque souvent à faux et qui, dans sa signification vague, n'explique pas grand'chose.
La vigne de Hampton-Court, citée par notre ami M. Gravereau ', a 120 ans de plantation; elle
1. Gravereau. Elude sur l'Angleterre. (Bulletin de la Société des anciens élèves de l'Ecole d'horticulture de Versailles .)
couvre une surface de 184 mètres carrés, produit annuellement 2,000 à 2,500 grappes de raisin et n'est point dégénérée.
Dans nos jardins, on reconstitue les branches fruitières des vignes, comme on les reconstitue sur le poirier, en opérant d'abord le rapprochement de ces branches.
Quand la restauration comporte le renouvellement de la charpente, tes pieds de vigne sont recépés un peu au-dessous du niveau du sol. Il se développe toujours sur la souche un certain nombre de rameaux ; un seul suffit pour rétablir chaque pied ; les autres sont détruits ou pinces très courts, puis ravalés l'hiver suivant.
Quand, sur la quantité, quelques pieds sont détruits, on opère encore de même, seulement sur les individus voisins des pieds à remplacer, on conserve deux sarments au lieu d'un seul. L'année suivante, l'un de ces sarments est marcotté, couché de façon à reconstituer le pied absent. (Voirfig. 24, page 58.)
Tous les sarments peuvent être traités ainsi, couchés à 35 ou 40 centimètres de profondeur, puis arqués et ramenés par leur extrémité à l'emplacement qu'ils occupaient.