‹ Les Arbres fruitiersChapitre 55 sur 59 · POIRIERS. POMMIERS · texte numérisé non relu

POIRIERS. POMMIERS

enlevées, les autres pousses, inutiles, seront supprimées.

Il va de soi que les rameaux réservés doivent être dirigés, palissés, selon la forme qu'ils sont appelés à représenter.

Le rameau terminal, par exemple, qui doit prolonger la tige, sera dressé et palissé selon ce prolongement.

Dans certains cas, quand, restaurant un poirier, on veut en même temps changer la nature de sa variété, il est laissé aux branches charpentièresune faible longueur, de 15 à 20 centimètres, puis, au printemps, chaque tronçon de branche est greffé en fente avec la variété nouvelle qui doit être substituée à l'autre.

Ajoutons aussi qu'il n'est pas nécessaire de reconstituer la forme absolument telle qu'elle était. D'une pyramide de poirier soumise à la restauration, on peut former un vase par un recépage de la tige. On peut former une palmette en éventail d'une palmette verticale ou d'un candélabre, etc.

Dans le cas de recépage ou de restauration un peu radicale, pour exciter davantage l'absorption

des racines, il est utile de conserver quelque part une branche entière, si petite qu'elle soit.

Arbres à fruits drupacés uniloculaires. —

Les arbres àfruits drupacés uniloculaires : pêchers,

Fig. 129. — Greffe en approche sur pécher.

abricotiers, pruniers, cerisiers ne se prêtent pas aussi facilement que les précédents aux pratiques de la restauration. Chez eux, l'abricotier à part, les bourgeons latents sont excessivement rares.

Pour la restauration des branches fruitières sur

ARBRES A FRUITS DRUPACES UNILOCULAIRES 307

le pêcher, on procède le plus souvent par le greffage en approche (fig. 129). (Voir greffage des arbres fruitiers.) S'il s'agit de remplacer la charpente de cet arbre, on ne doit opérer que partiellement en un certain nombre de fois. Dans ce cas, il faut se servir comme on peut des gourmands, sortes de rameaux vigoureux qui ne manquent pas de paraître dans le voisinage des coudes, des empattements de branches ou des fortes amputations.

Le prunier peut être traité par le greffage en fente ; ses branches charpentières étant raccourcies reçoivent chacune un greffon au printemps. (Voir greffage en fente.)

L'abricotier émet assez facilement des rameaux sur le vieux bois ; cependant il ne doit point, de môme que le prunier et le pêcher, être recépé, ou même amputé radicalement de toutes ses branches charpentières; la végétation serait par trop entravée, il pourrait en résulter la mort de l'arbre.

Sur les arbres à fruits à noyau, il est donc essentiel d'opérer la restauration progressivement, en plusieurs années, de manière que l'arbre ne soit

Bïllair. — Les Arbres fruitiers. 18

jamais dépourvu d'une certaine quantité d'yeux ou bourgeons qui assurent l'élaboration tranquille et normale de la sève.

Vigne. — Comme tous les végétaux, mais moins qu'eux cependant, la vigne dépassant certaines limites d'âge, s'affaiblit, perd sa fécondité, devient caduque et meurt. Il est pourtant des exemples de pieds de vignes vieux et encore fertiles, mais ces rares spécimens se trouvent dans des conditions particulières qu'il nous est impossible de donner aux treilles de nos jardins.

Notre ardent désir de jouir beaucoup et tout de suite, nous porte à planter les arbres en masse, pour occuper rapidement un espace qu'on aurait pu garnir avec un seul sujet, mais en beaucoup plus de temps. C'est justement à cause de cet encombrement que la vie des arbres est abrégée ; l'espace, qu'on leur mesure parcimonieusement, manque aux racines, et aux branches : ils se nuisent réciproquement. Une fois qu'ils occupent l'étroite étendue qu'on leur a assignée, ils ne peuvent pas en dépasser les limites sans qu'on les rogne, sous prétexte de les réintégrer dans

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