‹ Les arbres gutta-perchaChapitre 2 sur 37 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

à l'état spontané et que par conséquent la giitta-percha commune ne provient pas de cet arbre. »

M. Burck est ai'rivé à cette conclusion après une étude attentive du sujet et après avoir séjourné trois mois sur les plateaux supérieurs de Padang, à la recherche des arbres producteurs de gutta (i).

La gutta-percha produite exclusivement au début par ïhonandra Gititaest donc aujourd'hui fournie par d'autres arl^res. On savait que depuis longtemps (1857) le dernier ar])re à gutta primitif (1. Gutta) avait été abattu dans Tile de Singapore, mais sur la foi d'un certain noml^re de voyageurs, on le croyait répandu à Bornéo, Sumatra, Gélèbes, Banka, Iliouw et dans la presqu'île de Malacca. 11 n'est plus possible de l'admettre aujourd'hui après les recherches de W. Burck corroborées d'ailleurs par l'enquête à laquelle s'est livré le savant D' Treub, directeur du jardin botanique de Buitenzorg. Ce dernier s'est adressé aux fonctionnaires du département de l'intérieur et les a priés de lui fournir les informations qu'ils pourraient recueillir sur les sortes de guttas récoltées par les indigènes de leurs districts respectifs, leui' demandant en même temps de lui envoyer des échantillons d'herbier de chaque arbre producteur et des échantillons de gutta.

(i) Rapport omirent een onderzoek naar de Getah-pertja produceerende boomsoorten in de Padangsche Bovenlanden, Batavia, Landsdrukkerij, i884. (Broch. in-8 de 75 pages.)

Fait singulier et qui vient bien à l'appui de la thèse soutenue par M. Burck, Therbier du jardin de Buitenzorg, pourtant si riche en plantes à gutta, ne contient pas un seul échantillon du véritable Palaquium Gutta et Burck, de même que Teysmann, n'ont pas rencontré ce végétal dans leurs importants voyages. En réalité, les personnes qui ont parlé de l'extension considérable du Palaquiimi Gutta, comme sir James Brooke etMotley n'ont pas apporté de preuves certaines à l'appui de leurs assertions et c'est seulement sur des resseml)lances de feuilles qu'ils ont établi des analogies d'es[)èces.

Suivant Teysmann, le Palaquiuin Gutta porterait dans la partie occidentale de Bornéo le nom de Getah- Doerian ; mais l'inspection des ])lantes de l'herbiei* de Buitenzorg existant sous ce nom a montré qu'on a affaire non pas au Palaquium Gutta, mais bien au Pal. ohlongifoUum ; c'est d'ailleurs cette dernière espèce c[ui est exploilée dans la partie orientale de l'île et qui fournit la meilleure sorte de gutta-percha.

Il est remarquable de constater que les relations concernant l'habitat viennent encore* à l'appui de cette manière de voir, car Thomas Lobb et le D' Oxley, les seuls qui aient eu Toccasion d'observer la vraie plante de Singapore [Pal. Gutta) , ont déclaré dans leurs rapports (pfils Tavaient trouvée uniquement dans les terres d'alluvions, au pied des collines où V humidité est perùstantc. Au contraire, d'après Oxley, les principaux arbres actuellement exploités se ren-

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contrent sur des collines ou sur des sommets plus ou moins élevés, mais toujours à l'abri des eaux stagnantes et des inondations.

Si le Pal. Gutta n'existe pas à Bornéo, il paraît manquer aussi à Sumatra, car les échantillons rapportés par Miquel à cette espèce ou à sa variété, Sumatrana appartiennent réellement au Palaquium oblongifoliimi, d'après W. Burck.

De môme à Malacca, à Banka et à Riouw, il n'est pas démontré que le Palaquium Gutta ait jamais existé mais par contre on est sur de la présence du Pa l. oblongifo Hum .

M. Burck en conclut que le produit àviPal. Gutta ne se trouve plus actuellement dans le commerce, mais le jardin de Buitenzorg possède deux plants de ce précieux arbre.

Actuellement toute la gutta-percha récoltée est donc produite par d'autres arbres appartenant d'ailleurs à la même famille des Sapotacées et la plupart au même genre Palaquium.

Dans les Indes néerlandaises les six principaux producteurs sont les suivants:

Palaquium Gutta ;

— . oblongifolium ;

— Borneense ;

— Treubii ;

— — var. parvifolium; Payena Leerii.

11 faut ajouter à cette liste le Mimusops Balata qui

fournit, dans les Guyanes, un succédané de la guttapercha, connu sous le nom de Balata.

Le genre honandra et le genre Palaquiuni sont d'ailleurs nettement distincts et ne constituent pas, comme on le répète souvent, un même genre.

honandra : fleurs tétramères. Lobes de la corolle plus longs que le tube. Etamines 8. Graines albuminées. Stipules petites et caduques.

Palaquium: fleurs hexamères. Lobes de la corolle plus longs que le tube ou parfois un peu plus courts. Etamines 12. Albumen nul. Stipules petites et caduques.

Ces caractères diff'érentiels permettent actuellement de séparer ces deux genres autrefois réunis dans le grenre honandra. Ce dernier est d'ailleurs représenté aux Indes néerlandaises par deux espèces dont Tune est assez répandue à Sumatra [Is. pulchra Burck) où elle fournit le produit « Xjatoeb Balam Doerian ».

Bien cpic le Pal. Culla ne suil plus actuellement exploité en raison de sa rareté, il n'est pas inutile d'en donner ici les caractères essentiels avec ceux des autres arl^res producteurs de gutta.

Palaquium Gutta BuRCK Svn. honandra Gutta, llook.

Dir/fopsis Gutta. Benth et Hook. f.

7\rl)re dv i3-t^i mètres (d'après Hooker; pour

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SeniUas, un arJjre de 3o ans mesure i3 à l^ mè- Ires jusqu'aux premières branches) ; écorce rude, grise, teintée de jaune ou de rouge ; les rameaux les plus jeunes sont couverts de poils roux.

Feuilles à pétiole assez long (2 à 3 centimètres), à limbe ovale-oblong, coriace^ atténué à la ])ase, arrondi au sommet ou légèrement acuminé ; d'un beau vert à la face supérieure, tandis que la face inférieure est couverte d'un duvet roussâtre ; la nervure principale donne de chaque côté 2\ à <3o nervures secondaires à peine saillantes, ar- ([uées, parallèles les unes aux autres et donnant naissance elles-mêmes à un fin réseau de nervures tertiaires. Les dimensions des feuilles sont très variables ; chez Tarbre jeune, d'après Serullas, elles peuvent atteindre 23^™ sur 7, tandis que chez l'arbre adulte ces dimensions se réduisent à la moitié.

Fleurs de 2 millimètres de long disposées en faisceaux à l'aisselle des feuilles ; pédoncules assez courts (3 millimètres), ne portant qu'une seule fleur.

Calice légèrement campanule, à six divisions profondes ; lobes ovales, obtus, tomenteux, disposés en deux verticilles.

Corolle gamopétale, légèrement rotacée, à 6 lobes elliptiques obtus ; le tube de la corolle dépasse à peine le calice.

Etamines au nombre de 12, en 2 verticilles, à filets filiformes de même longueur que les lobes de la

corolle, à anthères ovales, glabres, pointues au sommet, extrorses.

Pistil composé d'un ovaire globuleux, pubescent, à 6 loges uniovulées, surmonté d'un style filiforme un peu plus long que les étamines et se terminant par un stigmate obtus à peine, renflé.

Le fruit est une petite baie ovoïde, charnue, de o"'o25 à o™o3o de diamètre sur o"'o3o à o'"o35 de long. Des six loges de l'ovaire, quatre ou cinq avortent généralement et il ne reste dans le fruit mûr que I ou 2 loges monospermes ; les graines sont elliptiques, comprimées et possèdent un hile très développé.

Se rencontre dans les montao-nes de Sinofar>our. Thomas Lobb (n° 290) ; l)"^ Oxley.

Palaquium oblongifolium Pierre

Syn. honandra Gutta vai'. ublongifolia de Vriese. Dichopsis obloïKjlfoiia. Burck.

Arbre élancé duiil les rameaux jeunes sont couverts d'un duvet roussàtre.

Feuilles pourvues d\ui [)ctiole court, oblongues ou lancéolées-oblongues, assez longuement acuminées, un peu coriaces, vertes à la face supé- • l'ieure, mais couvertes d'un duvet jaune d or brillant à la face inférieure. Les feuilles jeunes atteignent

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