RAPPORT A M. LE MINISTRE DES COLONIES
L'emplacement choisi pour la planlalion est la pente un peu escarpée d'un ravin au fond duquel coule un petit ruisseau affluent de la rivière Madame. Le sol y est profond, riche en humus ; la végétation se compose de Fougères arborescentes, de bois canon [Cecropîa peltala)^ àlleliconias, de gommiers [Bursera giimmlfera)^ de bois savonnettes [Sapiudiis saponaria), etc., tous végétaux se rencontrant principalement dans les endroits où lair est exceptionnellement humide; le sol y est couvert de détritus végétaux et le Tri'gonocéphale est, paraît-il, très abondant en cette région. L'altitude est d'environ 4oo mètres, c'est-à-dire, un peu moins que le Morne- Rouge qui n'en est distant, à vol d'oiseau, que de 2 kilomètres au plus. La Montagne Pelée qui domine ces contreforts est presque constamment couverte de nuages; les pluies y sont fréquentes même pendant la saison sèche et l'humidité atmosphérique est extrême. J'ai pensé que cette localité pouvait réaliser aussi complètement que possible les conditions exigées pour la culture des arbres à gutta et j'y ai fait placer 3i plants qui ont été mis en terre à G mètres de distance les uns des autres en tous sens; chacun d'eux a été entouré d'une garniture de piquets et le gérant de la propriété, M. AUain, m'a formellement promis de faire établir une barrière en ronce artificielle autour de la plantation.
L'abri est constitué par les Fougères arborescentes et les arbres de la forêt; plus tard ces derniers, qui sont d'ailleurs détaille moyenne, seront soigneusement éliminés. Dix jours après la mise en place, j'ai visité la plantation avec M. Allain, gérant de la propriété ; la reprise était assurée pour tous les plants, et quelques-uns commençaient déjà à pousser de nouvelles feuilles.
L'unique ennemi probable des plants de gutta dans l'habitation Pecoul sera le crabe de terre qui coupe parfois avec ses pinces les racines des jeunes arbres et qui est un lléau pour les cacaoyers du pays. Il faut escompter, de ce
s un LES ARBRES A G l T TA AUX AMILLES SS
chef, quelques dégâts qu'il est à peu près impossible d'éviter.
Au voisinage de l'endroit choisi pour la plantation se voit, en très bel état, un quinquina planté il y a près de 80 ans, par le fondateur de l'habitation.
3° M. Carassus, maire et conseiller général du Morne- Rouge (7 kilomètres de Saint-Pierre), a reçu cinq plants de Palaqaium qui ont été placés dans un terrain sableux à soussol de ponce à peu de distance de sa maison d'habitation et au voisinage d'un petit ruisseau qui traverse une cacaoyère. Les plants sont abrités par des cacaoyers et par des Malangas (Xanlhosoma sa(jiHifoUum). M. Carassus cultive, près de son habitation un grand nombre de plantes ; j'y ai rencontré la Kola, la Coca, l'IIevea, le Castilloa, le Manihot Glaziovii, le poirier, l'acajou, le mahogani, le Mammea, etc. Il accordera aux plants de PaUiquîum qui lui sont confiés les mêmes soins qu'il prodigue à tousces végétaux.
4° M. Cornée, Aug., entrepreneur de travaux à Saint- Pierre, conseiller municipal de Morne-Rouge, a reçu 3 plants de gutta pour son habitation Makinstock, située à 3 kilomètres du Morne-Rouge, sur la rive droite de la rivière Capote. L'emplacement choisi se trouve à 300 mètres d'altitude sur le versant d'un ravin au fond duquel coule un petit allluent de la rivière Capote. Le sol est constitué par une terre argilosableuse recouverte d'humus et reposant sur un sous-sol ponceux. Il est exposé à l'Ouest. La végétation constituée presque uniquement par des Fougères arborescentes de toute beauté dénote une humidité atmosphérique extrême. Les plants de gutta ont été mis en terre à leur place définitive et à environ G mètres les uns des autres. Les abris sont constitués par des Fougères arborescentes et par des Pois doux gris. Au moment de mon départ de la colonie (10 septembre), les plants de gutta confiés à M. Cornée se trouvaient en excellent état.
[\° Une concession de i5 plants a été faite à M. Clos, pour son habitation de l'Ajoupa Bouillon. Le sol est constitué par