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chutes de pluie à Cayenne (1871-1880).
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Dans cette long-ue période nous relevons seulement 2 mois sans pluie, le mois de septembre 1861 et le mois de novembre 1878,
Mais il faut bien le remarquer, ces données relatives à la climatolog'ie de Cayenne ne donnent qu'une idée très imparfaite du climat de l'intérieur; on sait seulement que les chutes de pluie sont plus abondantes sur le plateau intérieur et que, par conséquent, la saison sèche est moins prononcée.
En outre, l'humidité atmosphérique est extrême. L'hygromètre descend rarement au-dessous de 77 et se tient le plus souvent dans le voisinage de 85 ou au-dessus de ce chilfre. La moyenne des années 1860, (ji, 62, 65, 72, 78, 74 et 75 est de 83, 10 et, d'après Van Leent,(lans la Guyane hollandaise, cette movenne est de 82,5.
Toutes les conditions climatériques paraissent donc convenables pour la culture du PaUiquium, car le climat de la Guyane se rapproche autant que possible de ceux de Sumatra et de Java, aussi bien par la température élevée que par l'humidité atmosphérique extrême et la répartition des chutes de pluie sur l'année tout entière.
Il conviendrait peut-être, pour établir ces cultures de ne pas choisir les premières collines déjà visibles de la mer et dont la présence donne un cachet spécial à la Guyane française à côté des Guyanes anglaises et hollandaises, dont les régions cotières forment d'immenses plaines sans élévation du sol. Mais les cultures de Palaquiam, du moins les premières, n'exigent pas seulement des conditions climatériques déterminées; elles demandent encore des soins et une surveillance qu'on ne pourrait malheureusement assurer dans les régions éloignées qui forment le seuil du plateau.
Sans aucun doute il est possible de trouver dans notre colonie de la Guyane des régions correspondant à celles que Seligmann-Lui a décrites. Mais pour l'établissement des
s LU LES AUBRES A (j i T l [ AL\ A \r IEEE S 89
premières plantations, j"ai dû choisir des sommets plus rapprochés de la côte et des régions habitées.
Le 3 août, je m'embarquais à Fort-de-P"rance, sur la Villede-Tnnrfei\ à destination de Cayenne, où nous arrivions le 8, dans laprès-midi après des escales à Sainte-Lucie, à Portd'Espagne, à Démerari, à Surinam et aux Iles du Salut.
Le jour de l'arrivée à Cayenne étant un dimanche, je me présentais le lendemain matin 9 août, chez ^L le Gouverneur par intérim pour mentendre avec lui au sujet de l'accomplissement de ma mission. Malheureusement, M. le Gouverneur par intérim n'était pas au courant des instructions transmises par le Département. Après quelques recherches on parvint à découvrir que ces instructions avaient été réellement reçues et quelles avaient été transmises à la Direction du service pénitentiaire. On n'avait rien préparé pour recevoir les plants de gutta et malgré la présence à Cayenne d'un jeune agronome, directeur du Jardin botanique de Baduel, malgré les ressources que le service pénitentiaire possède au point de vue agricole, les instructions ministérielles étaient restées lettres mortes. Je me trouvais ici dans une situation plus dilhcileque dans les colonies de la Guadeloupe et de la Martinique, car les colons sont particulièrement rares à la Guyane et le prix: élevé de la main-d'œuvre ne permet guère à ceux qui existent de se livrer à des expériences.
Cependant la Guyane possède un service considérable, qui dispose de grandes étendues de territoire et auquel la maind'œuvre ne fait pas défaut : c'est le Service pénitentiaire. D'accord avec ^L le Gouverneur, j'allais immédiatement proposer à AL le Directeur de ce Service de vouloir bien recevoir les plants de gutta dans un de ses pénitenciers. Il voulut bien accepter, et une dépèche fut adressée sur-le-champ au pénitencier du Maroni pour savoir de M. Hayes, chef de cultures, si on pourrait y trouver un emplacement convenable. Mais devant la difficulté des communications avec cette station et
liAl'POllT A M. LE MIMSTHE DES CO LUMES
étant donné qu'il faut remonter assez haut dans la vallée du Maroni pour trouver des altitudes un peu élevées, je me décidai à transporter les plants dont j'étais chargé au pénitencier de Kourou sur la rivière du même nom. Le service pénitentiaire voulut bien mettre à ma disposition pour ce transport le bateau à vapeur le Capi, commandé par M. le lieutenant de vaisseau xMornu, et habituellement employé au service des Iles du Salut. Le mardi lo août, je me rendais donc à Kourou. Le lendemain t i, je remontais le Kourou avec M. Bardoux, commandant du pénitencier jusqu'à la station de Pariacabo, où se trouvent 120 transportés sous la surveillance d'un certain nombre d'agents commandés par M. le surveillant-chef Bonini. La vallée qui couronne le pénitencier et qui vient se terminer sur la rivière est actuellement occupée par des cultures vivrières et par des plantations de café et de cacao. De l'autre côté se trouve la colline de Carapa, ainsi nommée en raison de l'abondance des arbres du même nom. En explorant la forêt qui couvre cette colline, je reconnus la présence d'un ^irand nombre de Minuisops Bahita, arbres de la famille des Sapotacées, très voisins du P<iJn([uium et fournissant le produit spécial, succédané de la gutta-percha, qui est connu sous le nom de Balata. Ces arbres m'ont paru très abondants et le surveillant chef Bonini m'a assuré qu'un grand nombre avaient déjà été abattus pour leur bois qui est très recherché. Je pensai que les Palnf/uiiim pourraient, près des Miinusop,s, trouver les conditions nécessaires à leur développement et le sommet de Carapa qui atteint une centaine de mètres fut choisi comme emplacement futur de la plantation. Mais il ne fallait pas songer à établir détinilivement la plantation à ce moment, car on traversait une période de sécheresse qui aurait nécessité des arrosages pendant les premiers temps de la transplantation. Je jugeai plus prudent d'établir d'abord une pépinière et de charger le surveillant chef de la mise en place détinitive au commencement de la saison pluvieuse,
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c'est-à-dire en novembre. La pépinière fut organisée sous mes yeux, près des cultures vivrières, dans un endroit frais, ombragé par de grands arbres et sur le domaine même du pénitencier.
L'emplacement choisi pour la mise en place définitive est exposé au sud-ouest et complètement à l'abri des vents du nord qui sont souvent si préjudiciables aux cultures de la Guyane.
Le sol de Pariacabo, légèrement sableux, profond, ma paru beaucoup plus avantageux que celui des collines de Cavenne, constitué par une argile rouge compacte provenant dé la désagrégation de la roche à ravets.
Les plants laissés à Pariacabo comprennent :
(S- Palaquinm ; lo Diptérocarpées.
Total : t)7 plants.
In lot de H) plants de Palric/niuDf a été en outre réservé pour le Jardin botanique de Baduel près de Cavenne. Le jardin se trouvant établi sur un terrain plat et mal abrité, jai prié ^L Bassières, directeur du jardin, de faire défricher une petite surface de terrain sur le flanc sud de la montagne de Baduel pour y établir la plantation.
Les plants de Palaquiiim à l^ariacobo aussi bien qu'à Baduel auront à compter avec un ennemi redoutable qui est le fléau des cultures en Guyane ; c'est la fourmi manioc qu'on rencontre partout et qui dévaste les plantations. Il n'est pas possible de mettre les plantations complètement à l'abri de ses déprédations.
SurreiUance des plants.
Dans les trois colonies où j'ai eu l'occasion d'établir des cultures j'ai adressé au gouverneur un rapport spécial sur les