RECOLTE
« Le débris végétal est pulvérisé assez finement, puis mis en suspension dans le toluène ; la bouillie fluide ainsi obtenue est mise en digestion au bain-marie pendant quekjue temps. La gutta se dissout dans le toluène avec une certaine lenteur; sa dissolution est facilitée par des agilalions rapides et par des chauffages intermittents au bain-marie. » On fdtre ensuite et on épuise. 11 s'agil alors de se débarrasser du dissolvant; celui-ci boul à 110° et ii ne serait pas possible de porter la gulta à cette température sans la détériorer. Aussi M. Jungfleisch s'est-il servi de la vapeur (Leau à too" (\u[[ fait j^asser dans la solulioii clIc-méme inainteiuie à cette température. La vapeiii- d eau enlraîiie lapidement le toluène. Actuelleinenl M. .luiigfleisch |)i(''cipite la gutta parTacétone.
Les résultats sont i-emar(|ual)les. ^^)ici les chifTi'es in(li(|u<''s par M. .lungnciscli :
Le vieux bois sec a fourni. . . q iT) à 10. '1 5 p. 100 de gutta; Les bourgeons secs ont fourni. 10,20 —
Les feuilles scclies ont fourni. . 9,06 à 10,02 —
On peut donc comj)ter sur un rendement de 9 à 10 pour 100. D'après Serullas un arbre de 00 ans j)eut donner 11 kilogrammes de feuilles sèches, ce qui porte le rendement à 1,000 ou 1,100 grammes de gutta, « alors que 1 arbre abattu en donne à peine 1265 grammes )>.
En 1897 le P' liamsay a proposé d'employer Lhuile de résine comme dissolvant et de précipiter le pi'oduit par Lacétone.
Enfin M. Obach a lui-même indiqué un procédé de dissolution par l'essence de pétrole bouillante et la précipitation de la gutta par relVoidissement à I5^ Ce procédé a été ensuite modifié et un brevet a été pris à cet effet par MM. Siemens et Obach pour l'emploi de divers dissolvants, comme la benzoline.
Ces procédés, tout intéressants qu'ils soient, ne peuvent entrer actuellement dans la pratique coulante et ceux-là seuls qui n'ont jamais eu Toccasion de parcourir une foret tropicale peuvent s'en étonner.
Comment ])ourrait-on, en effet, recueillir les feuilles ou les rameaux des arl)res à gutta dans la forêt vierge quand les essences les [)lus diverses se trouvent mêlées d'une façon inextrical)le ? Il est clair (|ue cette récolte ne i)ourra se faire facilement et (|ue par conséquent les procédés d'extraction que nous venons de décrire ne |)ourront être mis en (cuvre cpie si on ciM''e des forêls din lues à gutta ; alors seulement la récollt^ des reuilles c[ des branches sèches deviendra possible. A ce j)oint dr. vue il est donc désirable (pi'on organise do vastes plantations (Tarbres à gutia dans les régions tropicales.
T^a structure même et la disposition des laticifèies (hins les plantes de la famille des Sapotacées ex- |)li(pient amplement ce fait (pion obtient de très laibh^s récoltes d'arbres de très grande taille et justifient rem|)loi de la méthode nouvelle crextraclion par les feuilles.
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En elïel les rlucles d'Œsterlc (i), de Gliiiiiaiii (2) ot d'autres ])olanisles sur les lalieilères des Sapola- <:écs ont mon tic (|ue ees laticilères n'existent pas seulement dans lécorec de la tige ; mais encore dans la moelle et (ju ils se prolongent jusque dans les feuilles où ils suivent nt)n seulement les nei'vui'es mais se répantlent aussi dans le parenehymc.
De plus ces latic ifères ne consliluent pas des luhes continus (3) comme ceux des Euphorbiacées et des Apo( ynéesmaisdes filesde cellules contenant chacune <lu lalexet séparées par des cloisons; en un mol on a allai re ici à des lolkifi'rcis (irtirulés. Cette circonstance l'ail (ju'iuie section de Técorcc ne laiss(^ échappCT que le latex des tissus directement situés au voisinage de la lésion tandis cpTil s'en échapj)e une grande quantité j)ar les incisions dun Hprcd , ^\\\\\ Manilwl ou d'un Landolphia. La méthode préconisée jusqu'ici, par des incisions deTécorce, n'est donc pas juslitiable en théorie et en réalité dans la j^raticpic elle ne donne que des résultats médiocres.
(i) OEsterle. O. l^harmakogn. Stûdieii ul)er Gulta-pcrctia. Borne,
(2) Chimani. Uulcrsucliungcn lil^er Ban und Anonliiung dcr Milchroliren. Botan. Centraliilatt, iSgô.
(3) A 1 encontre de ce qu'avance Œslcrlé, loc. cit.