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tendre dans lequel il n’y a que des vaisseaux lignifiés. D'un autre côté la constitution chimique de la matière incrustante des fibres ainsi que la présence de substances minérales ont de l'influence sur le degré
de dureté des bois. Les bois de Hêtre et de Charme, par exemple, se, débitent tout autrement que les troncs de Chêne, ils sont beaucoup plus
secs et plus cassants ; la matière incrustante de leurs fibres paraît être très-hyaline sur des tranches suffisamment minces; leurs coupes transversales préparées pour le microscope s'enroulent sur elles-mêmes tandis que chez beaucoup d’autres bois elles se déploient dans l’eau.
Dans notre climat, la formation du bois est sous la dépendance des saisons et par conséquent sous l'influence indirecte de la périodicité du développement des jeunes pousses. Tant que celles-ci croissent encore en longueur et que les feuilles ne sont pas entièrement étalées, l'arbre emploie à ces deux usages la plus grande partie de la matière nutritive dont il dispose. De là vient que le bois du printemps est tou- Jours plus tendre que celui qui se dépose plus tard et dont les cellules sont fortement incrustées ; ce dernier constitue le bois d'automne. Un arbre dont les rameaux s'allongent pendant longtemps et dont les bourgeons terminaux se ferment tardivement, comme par exemple le Tilleul, l'Aune, le Bouleau, le Coudrier, etc., ne se met que tard à élaborer du bois d'automne ; au contraire, cette élaboration commence plus tôt chez ceux dont les bourgeons se ferment de bonne heure. Dans la racine dont l'allongement cesse beaucoup plus tard que celui du tronc, la formation du bois de printemps se prolonge davantage encore (chez le Chêne, le Hêtre, le Sapin, le Pin, ete.). Le bois printannier a des fibres larges faiblement épaissies, tandis que celles du bois automnal sont fortement incrustées (Fig. 15). Une conséquence naturelle de ce fait c'est que les bois légers, composés en majeure partie de bois de printemps, présentent des couches annuelles plus larges que celles des bois lourds chez lesquels le bois d'automne prédomine. Tous les arbres qui croissent rapidement en hauteur et en diamètre, ont un bois tendre, tandis que tous ceux qui croissent lentement donnent un bois pesant. Tous les arbres tropicaux qui ferment leurs bourgeons fournissent un bois dans lequel on distingue des cercles annuels (Adansonia, Bombax), tandis que ceux qui croissent sans interruption ne montrent pas de cercles annuels. Dans tous les cas l'existence de ces zones annuelles ne peut être déterminée que par les couches alternatives de bois d'automne et de bois de printemps complètes et nettement limitées tout autour du tronc. On peut
rencontrer dans une même famille, par exemple chez les Laurinées de Madère qui sont toujours vertes, des espèces munies de cercles annuels (Laurus Canariensis), d'autres qui en sont dépourvues (Persea indica, Phœbe barbusana), et certaines où il n'en existe que des indices (Oreodaphne fœtens).
La station et la constitution du sol doivent également entrer en ligne de compte pour la valeur d'un bois. Ainsi le Pin par exemple, lorsqu'il croît isolé et à l'aise, produit plus de branches ques 1l pousse dans un endroit sombre et renfermé : dans le premier cas les cercles annuels sont plus larges maisle bois est plus léger que dans le second où les cercles annuels sont plus étroits. Ce fait résulte de ce que dans les cercles annuels les plus larges le bois de printemps prédomine toujours notablement. La constitution du sol influe aussi sur les dépôts des matières minérales qui s'effectuent dans les tissus ligneux.
Les différences entre le bois de printemps et le bois d'automne sont surtout sensibles chez les Conifères dont les cercles annuels sont en conséquence fort distincts. Un tronçon de tige, épais de quelques pouces seulement, peut se cadraner non-seulement dans la direction des rayons médullaires, mais aussi à la limite des cercles annuels, parce que pendant la dessication, les cellules larges et peu épaissies du bois de printemps prennent un autre retrait quelescellulesétroiteset fortement épaissies du bois d'automne. Lorsque des troncsfraîchement abattus se desséchent trop rapidement, on voit souvent se manifester des déchirures analogues, d'où 1l résulte, par exemple, que le bon boisse sépare facilement de l’aubier. Chez le Chêne et le Châtaignier, la différence entre le bois formé au printemps et le bois formé en automne est beaucoup moindre, bien que le premier renferme de larges vaisseaux entourés de parenchyme ligneux. La racine de Chêne ne laisse quelques fois discerner, à l'œil nu, aucune trace de cercles annuels et c’est à peinesi l'on parvient à les distinguer au microscope. Les fibres de ces arbres ont d’ailleurs un cours plus tortueux; le bois se déchire, par exemple chez le Chêne, dans la direction des larges rayons médullaires, mais il ne se sépare pas dans la direction des cercles annuels.
La dureté d'un bois correspond, en général, à la quantité de matière combustible qu'il contient. Ainsi la racine de tous les arbres que nous avons examinésrenferme des cellules plus largeset par suite un bois plus léger que celui dutronc; or, les racines ou les souches possèdent également une proportion moindrede matières combustibles. Leur bois est ordinairement très-noueux, parce qu'elles émettent, sur le même espace,
beaucoup plus de ramifications que le tronc (Fig. 133). Les bois de Hêtreet de Charme sont ceux qui contiennent le plus de matières combustibles ; ceux du Saule et du Peuplier, au contraire, en renferment le moins. L'époque à laquelle un arbre a été abattu n'est pas sans impor
tance sous ce rapport. On abat le bois à brûler au commencement du |
printemps ou à la fin de l’automne, mais jamais en été, dans le but de conserver les matières de réserve, amassées en automne et qui, n étant pas encore dissoutes, augmentent la valeur calorifique du bois d’une manière sensible. Ces matières manquent en été parce quelles sont alors employées au développement des rameaux, des feuilles et des fleurs.
La résine que contiennent quelques Conifères contribue, en partie, à
Fig. 153.
leur durée. Le bois de Sapin qui ne renferme pas de résine est plus sensible à l'humidité que celui du Pin, de l'Epicea ou du Mélèze, Le vieux bois de ces trois dernières essences est fortement imprégné de résine et il est par suite beaucoup plus estimé pour certains usages que le jeune bois. Le bon bois, complétement saturé de résine, du Pin des Canaries est presque impérissable, mais il est par contre fort exposé au danger d'incendie. Le tannin contenu dans le Chêne, l'Aune et l'Orme, contribue sans aucun doute à leur durabilité dans certaines circonstances, particulièrement dans les constructions hydrauliques. Enfin les dépôts de carbonate calcique et d'acide silicique augmentent aussi la durabilité des bois (Tectona, Brosimum) et ils expliquent pourquoi la valeur de ces espèces ligneuses peut varier d’après leur provenance.
Les cartelles des bois précieux d’ébénisterie sontdébitées perpendi-
Fig. 155. Racine d’une vieille souche de Saule.
culairement aux rayons médullaires {en direction tangentielle). Tous les bois durs sont susceptibles de prendre un beau poli; leur parenchyme ligneux et le bois de printemps paraissent alors d’une couleur claire : la disposition de ces tissus et le cours plus ou moins irrégulier des fibres et des vaisseaux occasionnent les flammes et les chenilles pour lesquelles on recherche les cartelles.
Le parenchyme ligneux dont il est rareque les cellules soient aussi fortement épaissies que les fibres et qui correspond, en général, au tissu cellulaire proprement dit, conserve, ainsi que les rayons médullaires, sa sève pendant longtemps, tandis que les fibres et les vaisseaux perdent bientôt la leur etse remplissent d'air. Une réserve de matières nutritives, telles que de l'amidon, se forme en automne dans le parenchyme ligneux et dans les rayons médallaires ; dans quelques cas rares, les fibres restent également actives et se remplissent de matière amylacée, comme chez le Boehmeria rubra, Urticée arborescente des Canaries, etchez le Datura arborea qui sont tous deux privés de parenchyme ligneux (1). Les matières colorantes des bois de teinture
samassent également dans les rayons médullaires et dans le tissu
st
cellulaire du bois. Ce dernier entretient en outre la circulation dans les branches annelées, comme nous l’avons reconnu sur le Hêtre. Partout il entoure les vaisseaux. Ces substances ne se forment pas dans les fibres ni dans les vaisseaux, mais leurs parois s'imprégnent simplement de matières colorantes dissoutes; quelquefois le parenchyme ligneux sécrète des matières gommeuses ou résineuses dans les vaisseaux remplis d'air {ce fait s'observe dans une maladie de la Betterave à sucre, chez quelques plantes grimpantes des tropiques, et dans les bois des Calligonum, des Chénopodiacées ligneuses, de l’Acajou et du Palissandre) ; il peut, en outre, se faire que ces cellules ou bien celles des rayons médullaires produisent des cellules-filles qui pénètrent dans l'intérieur des vaisseaux résinifères, à travers les ponctuations percées dans leur paroi et sy présentent sous forme d'ampoules qui assez souvent remplissent ces vaisseaux d'un tissu serré à parois délicates. Cette observation peut se faire sur beaucoup de légumineuses, sur le Hêtre-et surtout sur des plantes volubiles tropicales. Ces formations secondaires de cellules ont reçu le nom de
(1) Il en est de même, d’après Sanio, chez l'Epine-Vinette. le Sureau et le Fusain, et d’après Hartig chez l'Erable, le Fuchsia, le Lierre, le Lilas, le Grenadier, ete. Ces fibres ne sont pas
ponetuées.
Tyloses (1) {Tille) (Fig. 134). Chez l'Aune, le Coudrier, le Peuplier, le Saule, le Bouleau, l'Erable, etc., le parenchyme ligneux est parcimonieusement développé et il échappe facilement à l'observation sur une coupe longitudinale ou transversale, mais on peut l'obtenir en : isolant les cellules (2).
La coloration foncée du duramen et de quelques parties du tronc chez certains arbres est probablement produite par la transformation des matières amassées dans le parenchyme ligneux, comme par exemple pour l'Ebène, l’Acacia, le Grenadier et le Chêne.
Le cours des fibres et des faisceaux se règle d’après la longueur et
Fig. 134. la largeur des rayons médullaires ; lorsque | ceux-ci sont longs et minces, comme chez les Coniferes (Fig. 128 a), la texture du bois estpresque droite, mais s'ils sont, au contraire, larges etcourtset par conséquent renflés, comme par exemple chez l’Acajou (Fig. 128 b), la texture est plus tortueuse et lasurface des fentes n’est pas aussi unie.
Un petit nombre d'arbres possèdent en même temps des rayons médullaires de deux espèces, des larges et des minces; J'ai fait cette observation chez le Chêne, le Hêtre, le Platane, l'Erica, le Vaccinium, l'Ilex, le Clethra, le Visnea, le Banksia, le Buettneria, le Petraea et le Passiflora.
Chez le Cinchona, l'existence de deux sortes de rayons médullaires n’est qu'apparente et provient de ce que ces organes sont larges et formés de plusieurs plans cellulaires au milieu, tandis qu’à leurs deux extrémités ils se terminent en une seule cellule allongée ; il en est de même
Fig. 154.Coupe transversale à travers le bois du Robinia viscosa : m. et m.rayons médullaires, hp. parenchyme ligneux; Az. fibres ; gr. un vaisseau dans l’intérieur duquel de petites cellules ou tyloses (Tillen), provenant des cellules latérales du parenchyme ligneux et des rayons médullaires, ont pénétré à travers les ponctuations ; gun. un autre vaisseau dans lequel de semblables vésicules se sont disposées en tissu (gros. 200 fois).
(1) De TuA0c, durillon, tylosus.
(2) L’ignorance de ce dernier fait a été cause de l'erreur commise dans la première édition de cetouvrage. Il existe d’ailleurs des bois, tels que ceux des Boehmeria et Datura, où l'existence du parenchyme ligneux est au moins douteuse, même après l'application de cette méthode.
chez les Thea. Les rayons médullaires larges sont, en général, appréciables, même à l'œil nu, sur une coupe transversale.
Chez tous les vrais Conifères (Pinus, Abies, Picea, Larix, Araucaria, Wellingtonia, Thuja, Taæœus, Juniperus, etc.) les rayons médullaires consistent en une rangée de cellules ; chezles Ephedraetles Gnetum , ils en comportent plusieurs; en outre, les vaisseaux, qui existent dans ces deux derniers genres, manquent absolument chez les Conifères pro prement dites. Parmi les arbres à feuilles membraneuses nous trouvons des rayons médullaires à seul plan de cellules chez le Saule, le Peuplier, le Tilleul, le Marronnier sauvage, l’Aune et le Coudrier. Les bois de ces deux dernières espèces présentent cette particularité que certaines parties de leurs tissus disposées en rayons dans le cylindre ligneux sont complétement dépourvues de vaisseaux. La plupart des Légumineuses ainsi que les Viscum ont des rayons médullaires à plusieurs rangs de cellules; les plus longs et les plus larges que je connaisse sont ceux de la Vigne et du Platane; enfin ceux de l'Orme, du Frêne, du Pacanier, du Bouleau, du Pommier, du Cerisier, de l'Erable et du Noyer varient entre une et deux ou trois rangées de cellules. |
On rencontre des vaisseaux ponctués, munis d’une bande spirale plus ou moins développée, dansles bois de Tilleul, de Charme, d'Erable de Marronnier sauvage, de Cerisier, de Prunier(P. padus, P.domestica, P. lusitanica), de Vaccinium et de Visnea. Les vaisseaux étroits de l'Orme, de l'Ajonc et du Genèêt sont également pourvus d’une bande spiraloïde. Les cellules de tous ces vaisseaux sont proportionnellement courtes, tandis que les véritables trachées déroulables de l’étui médullaire se composent de cellules très-longues et, en général, plus étroites (1).
Les vaisseaux ponctués dont la cloison transversale est scalariforme sont particuliers au Coudrier, à l'Aune et au Hêtre ; on les trouve en outre chez le Myrica, le Viburnum, l'Ilex, le Vaccinium, le Clethra et le Visnea. Le Platane en présente aussi, mais chez lui il n’est pas moins ordinaire d'observer une perforation circulaire dans la cloison
(1) Les trachées et les fausses-trachées de l’étui médullaire se forment de la même manière que les vaisseaux ponctués du bois que Hartig nomme Holzrôhren (tubes ligneux) et qu’il voudrait voir distinguer nettement des premiers; il n'y a de différence qu’en ce que ceux-là naissent à une époque où le rameau s'étend encore beaucoup en longueur, de sorte que leurs cellules sont obligées de s’allonger avec lui, tandis que les vaisseaux développés ultérieurement ne peuvent plus, en général, s’allonger.
transversale ; enfin cette espèce de vaisseau n'est pas rare non plus dans le Clethra arborea et le Vaccinium padifohum. L'existence de plusieurs perforations rondes, en forme de ponctuations, dans la cloison vasculaire transversale n’est établie que pour les Ephedra et les Rhizophora ; chez toutes les autres espèces ligneuses dont J'ai fait l'anatomie, je n’ai constamment rencontré qu'une seule perforation. Le bois de beaucoup de Légumineuses et celui de la plupart des Lianes se distingue par la largeur de ses vaisseaux ; notre Chêne et le Châtaignier possèdent la même particularité, spécialement dans leur racine (1).
On observe des fibres munies d'un cordon spiral dans les bois de Buis et de Vigne, en outre chez le Visnea Mocanera, le Vaccimium padifolium et dans les bois d'automne de l'Epicea et du Mélèze.
La texture madrée d'un bois résulte de l’entortillement des fibres et des vaisseaux autour d’un rameau ou d'un bourgeon auquel la nouvelle couche ligneuse en voie de formation doit faire place. Cette irrégularité de texture peut, par conséquent, se manifester alors même que les rameaux n'arrivent pas à un développement complet, mais que de nouveaux bourgeons naissent continuellement autour d'eux. Il n'est pas rare de la rencontrer au voisinage des renflements corticaux du Hêtre, et près des excroissances noueuses du Châtaignier et du Peuplier qui se couvrent d'un grand nombre de bourgeons. Les dernières couches annuelles des arbres très-âgés, tels que des Sapins, des Chàtaignierset des Lauriers, qui possèdent relativement peu de feuillage ,et les souches recouvertes d’écorce du Sapin ou de l'Epicea ont également un bois à cours très-tortueux bien que dans ce cas les bourgeons n’interviennent pas. La privation de nourriture atmosphérique semble agir ici en modifiant la texture du bois. Le bois madré ne se fend pas aissément ; il est en général, très-compact parce que ses cellules sont fortement épaissies ; on s’en sert pour le placage et la confection de menus objets.
Le bois de la souche ou de fa racine des arbres (Fig. 133) est plus ramifié et par conséquent plus difficile à fendre que le bois des troncs ; il n’est pas aussi convenable pour les constructions et ilest surtout fort inférieur à celui des arbres qui ont crû dans un taillis serré et qui par
(1) En général les diaphragmes horizontaux sont percés d'une perforation arrondie et les diaphragmes obliques le sont suivant un système scalariforme. D’après Hartig, les vaisseaux du bois de Gaiac (Guajacum) sont remplis de résine et ceux du bois de Réglise (Glycyrrhiza) de substance saccharine (Süssholzzucker).
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suite se sont peu ramifiés. Aussi longtemps qu'une branche ou un rameau continue à vivre, les nouvelles couches ligneuses qui se déposent dans le tronc doivent lui faire place et s'étendre à l’entour. Mais lorsque les branches de la partie inférieure d’une cîme viennent à
mourir, le nouveau bois ne tarde pas à en recouvrir le chicot et à en effacer toute trace apparente à la surface du bois (1).
Le bois est plus ou moins compact chez les Palmiers, les Dragonniers
et, en général, chez les monocotylédones arborescentes dont le tronc continue à s'épaissir pendant longtemps ; il n'est pas souvent, comme celui des dicotylédonés, nettement distinct de la moëlle qui consiste ici en tissu cellulaire plus tendre et dont les faisceaux vasculaires sont autrement constitués (Fig. 25). Lorsque les fibres de faisceaux vasculaires sont fortement incrustées et que le parenchyme interposé entre eux se hgnilie, 1l en résulte un corps ligneux d'une grande dureté qui est d’ailleurs susceptible de s’accroître avec l’âge de l'arbre. Le bois des Astrocaryum, Caryota, Phœnix et Corypha est beaucoup plus tendre au centre du stipe que dans le voisinage immédiat de la zone génératrice où il présente souvent la dureté du fer. Les fibres de quelques Palmiers sont quelquefois colorées en brun foncé comme les cellules hgnifiées de la gaîne qui entoure les faisceaux vasculaires de certaines fougères tropicales ; cette coloration donne à ces bois un assez bel aspect et les fait rechercher pour en façonner des cannes ou des manches de parapluie (Phœrmx dactyhfera). Chez le Dragonnier (Dracoena Draco), dès qu'une branche a terminé sa croissance en longueur, il se forme un véritable cercle ligneux, de constitution assez compacte, mais dans lequel la structure des monocotylédones n’est pas reconnaissable.
Quant aux Fougères arborescentes, on ne peut pas leur attribuer du bois proprement dit. En effet, les bandes dures et lignifiées, ordinairement de couleur brun-foncé ou noirâtre (Fig. 77 a. et b), qui environnent les faisceaux vasculaires de leur tige ne proviennent pas du cambium propre de ses faisceaux, ne consistent pas en fibres proprement dites et ne sont pas ponctuées. On doit, avec M. H. Mohl, les considérer comme du parenchyme lignifié.
L'écorce, pour être convenablement connue au point de vue de sa structure et de sa végétation, doit être étudiée à partir de son appari-
(4) Voyez sur la structure du bois: Hartig, Bot. Zeit. de 1848 et 1859. — Cordes, Europesche Houtsoorten. Haarlem, 1857.—Sanio, 1m Winter stürke führende zellen des Holzkoerpers, ete.
Halle, 1858.
tion, parce que cette partie de l'arbre subit des modifications considérables suivant l'âge auquel on l'examine. Nos connaissances sur l’anatomie et la croissance de l'écorce étaient fort incomplètes jusque dans ces derniers temps et elles ne sont d'ailleurs pas encore assez complètes. (1)— Nous nous arrêterons avec le plus de complaisance sur les tubes criblés (Siebrühren) comme étant l'espèce la moins connue des cellules de l'écorce : ils ont été découverts par Hartig et ont été nommés cellules clathracées (Gitterzelle) par Hugo Mohl (2).
On peut, dans l’état actuel de nos connaissances, distinguer trois formes de tubes criblés, savoir : 1° les cellules en rangées longitudinales allongées verticalement et dont les cloisons transversales sont horizontales et réticulées, comme par exemple chez les Cucurbita (Fig. 135 À) et le Carica papaya ; 2° les cellules en rangées longitudinales, allongées et séparées les unes des autres par des cloisons transversales obliques qui présentent des épaississements scalariformes dont les parties amincies sont fort délicates et cependant elles-mêmes réticulées, comme chez les Bignoniacées (Fig. 135 B), et enfin 3° les cellules allongées dont les parois latérales placées dans la direction des rayons médullaires présentent des amincissements circulaires ressemblant à . l'auréole des ponctuations des Conifères, mais qui sont ici finement réticulées, comme, par exemple, chez les Conifères (où je les avais décrites, dans la première édition de ce livre, comme étant des fibres de liber non lignifiées, et à parois délicates (Fig. 135 C). On considérait les tubes en crible comme essentiellement caractérisés par leur présence dans le liber et par leur mode particulier d’épaississement, mais on rencontre cependant, par exemple chef If, des cellules allongées à parois délicates, sur lesquelles on distingue assez confusément des pores cribriformes ou cancellés, bien que, par leur position et par leurs autres caractères, on ne puisse les considérer n1 comme de véritables fibres libérines ni comme du parenchyme de liber. Je crois
(1) V. T. Hartig, Naturgeschichte der Holzgewachse. — Hanstein. Bau und Entwickelung der Baumrinde. Berlin, 1853.— V. Mohl, Vermischte Schrifien, p. 221, et Bot. Zeit. 1855.
(2) Siebrühre (cellula cribrosa de Sehacht) tube criblé, c’est-à-dire en forme de crible ou de 4amis, de Sieb crible (cribrum) et Rohre tube (tubus).— Le nom de Güitterzelle (cellula clathrata) donné par Mohl, peut se traduire par cellule clathracée (Clathrum grille), c’est-à-dire en forme de grillage ou par cellule cancellée (cancelli treillis) e’est-à-dire en forme de treillage. — Voyez Hartig. Ueber die querscheidewande zwischen den eenzelnen Gliedern der Siebrühren in Cucurbita pepo, Bot. Zeit. 1854, p. 51, et H. Mohl, Einige Audendungen über der Bau des Bastes. Bot. Zeit. 1855, p. 873. Nous les avons plusieurs fois désignés sous les noms de vaisseaux poreux ou cribriformes (p. 29, 51). (Note du traducteur.)