‹ Les arbresChapitre 23 sur 60 · pieds supramarine (Fig · texte numérisé non relu

pieds supramarine (Fig

Le Tilleul (Tilia parvifoia) et le Marronnier (Aesculus Hippocastanum) possèdent un bois blanc et léger. La cloison transversale de leurs vaisseaux ponctués est traversée d’un trou rond: chez le Marronnier, il existe des bandes spirales, fort délicates et correspondant à celles des Prunus; les vaisseaux ponctués du Tilleul sont, au contraire, pourvus d’une bande spiraloïde très-fortement développée et largement enroulée. Les fibres de ces deux bois sont larges et peu Incrustées. Le bois léger du Tilleul est souvent employé par les tourneurs, les menuisiers, les ciseleurs etles sculpteurs qui emploient, d’ailleurs, le Marronniersauvage aux mêmes usages ; tous les deux se décomposent rapidement dans l'eau.

La Vigne (Vitis vinifera) possède un bois d'un caractère tout particulier. Des rayons médullaires très-longs et très-larges traversent le cylindre ligneux qui contient de longues fibres épaissies en forme de spirale et un parenchyme ligneux sans bande spiraloïde mais formé de courtes cellules, dont les cloisons transversales et horizon tales sont extrêmement délicates et échappent facilement à l'analyse. Les larges vaisseaux de la vigne présentent toutes les formes intermédiaires entre la trachée et le vaisseau ponctué en passant par le vaisseau scalariforme. Les larges rayons médullaires, ainsi que l'étui de la moëlle et le parenchyme ligneux sont en hiver remplis d’une grande quantité d'amidon. Les pleurs abondants que la Vigne déverse au printemps proviennent de la grande quantité de matières nutritives amassées en automne qui, en se résolvant au PERCAES amènent une puissante aspiration d’eau dans le sol.

Enfin le Platane (Platanus occidentalis) possède un hois blanc, assez compact mais léger, ses rayons médullaires sont visibles à l'œil nu et formés de 4-5 plans de cellules; les plus jeunes n'en renferment qu'uneou deux rangées, mais ils s ren dans les cercles annuels postérieurs jusqu'à devenir de larges rayons médullaires qui, comme

chez la Vigne, acquièrent une longueur considérable. Les faisceaux ligneux épais contiennent, à côté de fibres fortement incrustées, de nombreux vaisseaux ponctués dont la paroi transversale est scalariforme (15-24/400 mill. de large) et du parenchyme ligneux qui, sur une coupe longitudinale tangentielle, est distinctement visible. Les rayons médullaires de l’aubier contiennent beaucoup de matière amylacée ; les couches annuelles sont fort tranchées bien que les rangces de cellules d'automne soient peu nombreuses. Le bois de Platane est susceptible de prendre un beau poli.

Connaissant actuellement la structure intérieure et les emplois techniques de nos bois les plus importants, nous pouvons jeter un regard en arrière sur les rapports qui existent entre les caractères anatomiques et les propriétés particulières de ces arbres, ainsi que sur les affinités des familles auxquelles ils appartiennent.

On juge assez bien du degré de dureté d'un bois par la quantité de ses fibres et leur degré d'épaississement. Le bois d’If qui ne se compose que de fibres fortement incrustées, et le bois de Buis dont les fibres sont également toutes fort épaissies et qui ne contient pas de vaisseaux, sont au nombre des bois les plus durs. Le bois du Brosimum gquanense, de la famille des Antocarpées, dont les vaisseaux peu nombreux sont à leur tour remplis de cellules, lesquelles sont, comme les fibres de cet arbre, incrustées et lignifiées presque jusqu’à disparition de leur cavité intérieure, constitue le bois le plusdur que je connaisse ; 1l senfonce sous l’eau et, brûlé, il laisse un squelette de carbonate calcique. Le bois de Teck {Tectona grandis de la famille des Verbénacées) dont les Anglais bâtissent leurs vaisseaux depuis ces derniers temps, et à la culture duquel ils donnent de grands soins dans les Indes occidentales, doit aussi être rangé au nombre des bois les plus durs ; il abandonne une cendre très-riche en carbonate calcique ; en outre ses vaisseaux et son parenchyme ligneux sont cà et là imprégnés d'acide silicique qui persiste, après la combustion, sous la forme d'un squelette siliceux de cellules. Le bois le plus léger que je connaisse est fourni par la racine de l’Anona paludosa ; il peut rivaliser avec la moëlle de Sureau ; sauf quelques vaisseaux bien rares et quelques bandes minces de parenchyme ligneux, il se compose exclusivement de cellules larges et courtes, très-faiblement épaissies, qui tiennent la place des fibres. Le bois de tronc des Anona est aussi d'une extrême légèreté, cependant ses cellules sont plus étroites. L'Aeschinomene paludosa et le Carica Papaya possèdent également un bois très-

Page 1