‹ Les architectes des cathédrales gothiques; étude critiqueChapitre 10 sur 29 · RODEZ · texte numérisé non relu

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mière pierre le 11 février 1258 : « Kallensi lathomo vivente Johanne magistro ». Jean de Chelles est originaire des

environs de Paris; c’est presque un Parisien. On aimerait à savoir où il fit son éducation professionnelle et sil demeura longtemps maître d'œuvre de la cathédrale. Son parent, son fils peut-être, Pierre de Chelles, fut son successeur médiat ou immédiat : élevé à une école de génie, cet architecte continua à appliquer les mêmes méthodes aux mêmes constructions, et on lui doit certainement les chapelles du tour du chœur, la partie tournante des tribunes et cette magnifique abside qui est l'une des gloires de Paris. D'ailleurs, on l’a déjà remarqué, c’est à la collaboration successive de deux architectes ayant même origine et appartenant à la même école qu'est due cette unité de vues et d'exécution, cette similitude de procédés et cette continuité d'action qui frappent dans Notre-Dame les esprits les moins prévenus.

Pierre de Chelles fut chargé en 1307 de placer à Saint- Denis le tombeau de Philippe IT dont 1l avait peut-être donné le projet; en 1316, il fut appelé comme expert à Chartres avec un confrère non moins considérable que lui; mais il ne paraît pas avoir vécu longtemps au delà de cette date; vers 1320 il était remplacé par Jean Ravy, qui fut maître de l’œuvre pendant vingt-six années consécutives, et dont le nom est particulièrement lié à la clôture nord du chœur, où une inscription nous révèle son nom, assez obscur; son neveu, Jean Le Bouteillier, lui succède et

termine ce travail en 1352; ce dernier, remercié comme

insuffisant en juillet 1363, meurt quelques jours après. D'ailleurs, l’époque héroïque de la cathédrale est passée, les grands travaux sont terminés partout; il ne s’agit plus dès lors que de consolidation, d’appropriation ou de res tauration partielle. Et néanmoins le chapitre cathédral s'adresse à des hommes d’une réputation consommée, dont la situation officielle doit être une garantie de leur talent : après un court intervalle pendant lequel les travaux sont confiés à un maître de l’œuvre de Notre-Dame de Pontoise, dont le nom demeure ignoré, les titulaires de la fonction sont successivement Raymond du Temple, le célèbre architecte de Charles V, nommé le 6 septembre 1363, puis (à partir de 1404 ou 1405) son fils Jean du Temple. Celui-ci, qui ne semble pas avoir donné toute satisfaction au chapitre, cède en 1415 la place à Henry Brisset, qui est lui-même remplacé avant 1422 par Pierre Robin : ces deux derniers sont à la fois maîtres des œuvres du roi et de l’église de Paris. Après Pierre Robin, les destinées de la cathédrale sont confiées, en juillet 1431, à Jean James, sans doute d’origine anglaise, qui occupe encore la fonction en 1447: lui aussi cumule avec la maîtrise des œuvres de la ville de Paris, dont il a été pourvu dès 1431. Tous ces noms d'artistes n’offrent que peu d'intérêt au point de vue de la participation respective de chacun à la cathédrale : au contraire, on devra retenir celui de Jean Moireau, maître de l’œuvre en 1510, quiest l’année où; après une longue enquête et une expertise concluante, fut décidée la reconstruction totale! des voûtes du transept. Ainsi, malgré de sérieuses lacunes à

Photo Neurdein.

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