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Les architectes par leurs oeuvres

La forme classique est celle de lous les édifices élevés en France pendant la première période du xixe siècle. — Le Romantisme en architecture provoque le retour à l'étude des édifices qui précédèrent la Renaissance. — Création du Comité des arts et monuments. — Restauration des cathédrales et des châteaux des xn°, xme, xive et xve siècles.

L'Europe était depuis près de dix ans sous les armes lorsque commença le xixe siècle. En France, la Vendée avait été pacifiée; mais les ouvertures de paix faites par Bonaparte devenu premier consul aux gouvernements anglais et autrichien avaient été rejetées par. Pitt et Thugurt. Une deuxième coalition de l'Europe contre notre pays se préparait et, pendant quatorze années encore, la guerre commencée, au nom de l'humanité, par la France se défendant contre l'invasion étrangère, allait être continuée par l'empire pour satisfaire l'ambition d'un homme.

Ce quart de siècle fut stérile pour l'art, on le comprend sans peine. De plus, la Révolution française, provoquée par la haine du passé, détruisit stupidement tout ce qui lui rappelait ce passé, et le nombre fut incalculable des chefs-d'œuvre artistiques qui disparurent alors au souffle de la fureur populaire. Quelques architectes, hommes de cœur autant qu'artistes, dont nous rappellerons les noms au cours de notre étude sur l'architecture contemporaine, essayèrent bien de soustraire à la destruction quelques-uns de ces chefs-d'œuvre, mais combien est grand le nombre de ceux dont nous avons à déplorer la perte irréparable !

Et ce ne fut pas seulement au mobilier royal et au mobilier des édifices religieux que s'attaquèrent ainsi les démolisseurs de 93, les édifices eux-mêmes subirent, par toute l'Europe, de douloureuses mutilations dont la trace subsistera longtemps encore.

Cependant, tels que les ravages du temps et des révolutions les ont laissés, on a pu les classer suivant les époques auxquelles ils appartiennent et étudier ainsi les différents styles d'architecture qui se sont succédé à travers les âges. Contentons-nous de rappeler ici que si les architectes du xvmc siècle avaient oublié de plus en plus de puiser leurs inspirations aux sources de l'antiquité, ainsi que l'avaient fait les maîtres des deux siècles précédents, c'est que leur but raisonné était de créer une architecture vraiment française, une architecture plus humaine, si l'on peut s'exprimer ainsi. Malheureusement, cette ère de sagesse dura peu ; les successeurs de Boffrand et de De Cotte ne se contentèrent plus de faire disparaître les savantes ordonnances de pilastres et de colonnes et d'assouplir une ornementation qui ne répondait plus aux exigences du temps ; important de l'Italie les exagérations de l'école borrominienne, ils tombèrent dans les fantaisies du rocoeo, qu'ils auraient poussées aux dernières limites si les réformateurs n'avaient pas trouvé des adversaires redoutables dans ces artistes qui ont nom Soufflot, Gabriel, Louis, etc., reslés fidèles, en face de ces folies, aux saines traditions architectural' -.

On sait que la victoire resta aux classiques; mais ce serait une erreur d'attribuer à la Révolution française cet excès de sévérité qui bannit pendant près de cinquante ans l'ampleur et la grâce du slyle français, pour les remplacer par la monotonie de la ligne froide et compassée^

« Avec Peyrc le Jeune el son école, dit M. Hivoalen (1), avait déjà commencé l'encaissement de plans el de façades d'où disparaissent toute expression originale, toute silhouette. Il suffit d'avoir eu sous les yeux un volume de projets ayant valu à leurs auteurs les suffrages de l'Académie, « Grands prix », à la fin du dernier siècle, pour être édifié sur l'idéal rectïïïgnc, quadrilatéral et cubique de celte école...

« Les plans de ces classiques sont enchâssés, leurs façades mises en boîte. Là-dessus, on pose, en des points principaux, le portique type, à quatre ou six colonnes corinthiennes, el l'on se croit ainsi en voie de devenir citoyens dignes d'Athènes ou de Rome »

0) L'architecture moderne à l'Exposition universelle de 1889.

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