CHAPITRE VIII
L'architecture officielle a, pour ainsi dire, disparu de l'Angleterre et, en même temps, s'est produit l'abandon définitif du classique et des formes de la Renaissance. — Le goût anglais, privé d'une direction supérieure, adopte en architecture un éclectisme irréfléchi, corrigé par une préférence décidée des architectes pour l'ogival anglo-normand et le style Tudor. — L'esprit de controverse, conséquence du protestantisme, multiplie, à Londres et surtout dans les comtés, les temples et les chapelles.
Nous avertissons le lecteur que la tentative de Ch. Barry de créer, avec tous les éléments rassemblés par son génie, une architecture nationale anglaise moderne, ne fut suivie d'aucune autre et que, désormais, les édifices élevés sur le sol de l'Angleterre ne sont plus que des mélanges étranges et sans goût du style ogival anglo-normand à toutes les époques, quelle que soit d'ailleurs la nature des édifices auxquels il est appliqué par l'architecte anglais. Et peut-il en être autrement alors que nous savons qu'il n'y a point, en Angleterre, d'écoles nationales ou publiques où s'enseigne l'art de bâtir? C'est, en effet, par un stage chez un architecte exerçant sa profession, que l'élève architecte acquiert les connaissances théoriques et pratiques qui lui sont nécessaires. Point d'enseignement officiel dirigeant, comme en France, l'esprit du jeune artiste incapable de faire un choix parmi les produits si divers de l'art architectural qu'il a pu contempler et môme étudier avant son entrée à l'Ecole, de lutter contre des tendances personnelles qui seraient susceptibles de le jeter dans une voie déplorable, si l'autorité du maître ne venait, à temps, l'avertir qu'il fait fausse route et lui inculquer les règles de l'esthétique la plus conforme à la production du beau reconnu tel par les plus grands artistes ou critiques d'art.
La création, en 183i, de l'Institut des architectes britanniques fondé, dit le règlement, « pour faciliter l'acquisition des