CHAPITRE X
nées en plein cintre et sa coupole octogone de 13 mètres de diamètre, la synagogue de Oppler ressemble assez peu à celles qui l'ont précédée. Telle qu'elle est, elle a été adoptée par ceux qui lui ont ensuite demandé les synagogues de Breslau (aussi ornée d'une coupole), de Schweidnitz, de Hameln et de Bleicherode. Dans la décoration intérieure du château de Marienbourg pour la reine Marie de Hanovre qu'il acheva avant sa mort arrivée le 5 septembre 1880, à Hanovre, Oppler est revenu au style gothique dans toute sa magnificence.
C'est dans un genre plus modeste de constructions que Franz Ewerbeck a dû se faire un nom ; il a édifié des gares de chemin de fer : celles de Hanovre, de Bentheim et de Gildehaus. Pourtant, né le 15 avril 1839 à Brake, élève de l'école polytechnique de Hanovre et du professeur Hase, il avait publié sur la Renaissance dans les Pays-Bas un ouvrage qui fil un certain bruit lors de son apparition et ses succès dans les concours publics furent nombreux. Il est mort le 17 juillet 1889 à Aixla-Chapelle, professeur, depuis 1870, à l'école polytechnique dont il avait été l'élève.
Un professeur deGiessen, M. Hugo von Ritgen, a restauré (?) la Wartbourg : voici l'impression que nous avait laissée notre visite à cet édifice en 1887 : « La Wartbourg ne présente aucun intérêt au point de vue architectural; construction moitié couvent, moitié château, elle se compose de deux bâtiments carrés à deux étages reliés ensemble par une sorte de pavillon qui supporte un clocher mesquin (1). » Espérons que M. de Bitgen a été plus heureux dans sa restauration de la « Salle des chevaliers » du château de Ueisenberg près de Slerzing, et dans la restauration du château de EIz, dans la vallée de la Moselle.
M. Augustus Hartel, né à Cologne le 26 février 1844, élève de Franz Schmidt, mort prématurément le 18 février 1890, prédécesseur de Dœflin à la cathédrale de Strasbourg, est un constructeur d'églises élevées un peu partout en Allemagne : celles de la Paix à Crefeld, de Blumenthal, de Viersen, de Mulheim, l'église Saint-Sauveur à Bochum, l'église Saint-Pierre à Leipzig, le Palais de l'Exposition de Halle élevé en 1881, l'église de la garnison et la bibliothèque de Strasbourg, en collaboration
(1) L'empire allemand à vol d'oiseau.
avec M. Skgôld Neckelmann, Danois, né en 1850, élève de Hansen à Vienne, architecte du musée des arts et métiers à Stuttgard.
C'est la synagogue de Leipzig qu'a construite un élève de Semper, M. Otto Simonson, né à Dresde en 1829. Cette construction date de 1853 à 1854; postérieurement, M. Simonson est parti pour la Russie et a exécuté, pour le compte du gouvernement russe, plusieurs édifices, notamment à Tiflis.
Nous voici arrivés à un artiste qui conquit la situation d'un maître en Allemagne : Jorg Hermann Nicolaï, né à Torgau, le
10 janvier 1811 (voir page 159). Élève de l'Académie de Dresde puis de Gartner à Munich, puis enfin d'Hittorff à Paris, on le trouve occupé, en 1842, àdes agrandissements à la Résidence, à Cobourg. Après la mort du duc souverain, il est l'architecte du palais d'hiver du prince de Hesse, à Francfort. Enfin, en 1850,
11 est appelé à Dresde à prendre la succession de Semper; sa première œuvre, dans celte ville, fut un château avec chapelle que l'ambassadeur de Saxe à Munich, M. de Fabrice, fit bâtir dans son domaine de Woldo en Mecklembourg; de 1851 à 1852, il est l'architecte de plusieurs hôtels à Dresde; de 1855 à 1857, il reconstruit et agrandit le palais Krubsacius pour le duc Georges de Saxe, puis élève, à Dresde toujours, plusieurs bâtiments militaires et des édifices privés. Nicolaï mourutdans cette ville le 10 juillet 1881, laissant les dessins de divers monuments commémoratifs, dont le principal est celui de Luther, élevé à Worms. Contemporain de Nicolaï, Christian Friedrich Arnold, né à Draybach, en Saxe, le 12 février 1823, fut élève de Semper à l'Académie des beaux arts de Dresde qui lui accorda le premier prix d'architecture en 1850; aussi visita-t-il pendant deux années l'Italie, la France et la Relgique, y recueillant de nombreux matériaux. A son retour à Dresde, on le nomma professeur d'architecture à l'académie de celte ville. Ses principales œuvres sont la restauration de l'église Sainte- Sophie à Dresde, la construction (pour partie) du dôme de Meissen et de plusieurs églises de villages (1858-1860) ainsi que du château Saudray sur les bords de l'Elbe. Arnold a publié une monographie du palais ducal à Urbino.
La restauration de l'ancien « munster » d'Llm a occupé sérieusement plusieurs architectes. Parmi eux, nous citerons Schcn et
FERSTF'I.