CHAPITRE X
du siècle qui s'achève est-elle, pour Munich, relativement pauvre en œuvres architecturales. Cependant, on peut encore en mentionner quelques-unes d'une incontestable valeur, à commencer par l'école polytechnique, dont l'architecte a vraiment rompu avec le style pseudo-grec mis à la mode par ses prédécesseurs. Il s'appelait Godefroi de Neureuther et était né le 22 janvier 1811, à Manheim. A sa sortie de l'académie de Munich, il fut d'abord employé par les compagnies de chemins de fer bavarois et attira sur lui l'attention par l'érection des gares de Wurzbourg et d'Aschaffenbourg auxquelles il appliqua, autant qu'il lui fut possible, les formes de la Renaissance italienne. Le palais de l'académie des beaux-arts de Munich, qu'il construisit ensuite, acheva sa réputation et il est mort dans cette ville le 12 avril 1887, en possession du premier rang parmi les architectes de l'Allemagne moderne. Ce sont deux de ses élèves : MM. J. Graff et W. Fischer, qui donnèrent le plan delà gare de Munich ; nous ignorons d'ailleurs les autres œuvres de ces architectes.
Friedrich Burklein, né le 30 mars 1813 à Burk, après avoir collaboré, en 1839, avec Gartner à l'édification du palais royal d'Athènes, débuta, en 1840, par l'hôlel de ville de Furth. Mais, à la suite de la construction de la gare de Munich, pastiche de style roman qu'il acheva en 1849, il fut jugé digne du professorat. L'hôtel des monnaies et l'hôtel des postes ainsi que tous les édifices publics de la rue Maximilien à Munich furent alors confiés à Burklein et ces œuvres pseudo-romanes, d'un goût souvent douteux, ne sont point faites pour assurer la célébrité à leur auteur qui n'eut pas, le plus souvent, le courage de résister aux caprices du souverain vis-à-vis duquel il aurait dû conserver son indépendance. Burklein a construit hors de Munich, de 1856 à 1859, l'église protestante de Passau et mourut à Werneck le 4 décembre 1872.
La manufacture de peinture sur verre et la nouvelle Pinacothèque sont l'œuvre d'un élève de Gartner, Augustus Voit, probablement fils de Johann Michel, né à Wassertrûdingen le 17 février 1801, qui termina ses études architectoniques par un voyage en Italie et en France. Partisan de l'architecture byzantine, il construisit, en 1854, la palais de l'Exposition des arts et de l'industrie de Munich, en collaboration avec Clamer-
Klett; puis, en 1800, il restaura le château de Hambach. Le nombre des églises, des synagogues et des hôtels de ville qu'éleva Voit, dans la Bavière rhénane, est considérable; il est mort à Munich le 12 décembre 1870, laissant un fils, architecte comme lui et portant aussi le prénom d'Augustus, qui fut le collaborateur de son père lorsque celui-ci construisit l'église paroissiale de Weissenhorn et le château de Feldaffin (près du lac de Starnberg); c'est tout ce que nous savons de lui.
Nous ne possédons aucun renseignement biographique sur l'architecte de la Getrîedehalle, halle aux grains de Munich, commencée en 1851 et terminée le 15 septembre 1853; nous savons seulement qu'il s'appelait Muifat. L'auteur du musée Reisinger et de l'hôtel des Dettes publiques élevé en 1866, fort apprécié par ses contemporains de l'Allemagne, est M. Karl Leimbach, né à Aschafîenbourg en 1818. Restaurateur surtout d'édifices religieux, cet architecte a construit, en style roman, les églises de Reichenhall et de Paling, dans la Haute-Bavière. Chargé aussi de restaurations de la même nature, M. Johann Margraff est l'architecte des églises de Sainte-Croix à Gmiind, de Schellenberg en Bavière, de Frankenstein en Silésie et de la chapelle de Gasleigberg à Munich. Né en 1830, à Altmiinster en Bavière et élève de L. Lange à Munich, M. Margraff est professeur, depuis 1866, à l'école d'architecture de cette ville.
Ce Ludwig Lange, dont l'atelier a été si fréquenté, était né à Darmstadt le 22 mars 1808 et était élève lui-même de Lerch et de Moller. Après avoir travaillé en Grèce et en Italie, il se fixa, en 1839, à Munich et fut nommé professeur à l'Académie de cette ville en 1847. Il n'y laissa pas d'œuvres; mais on lui doit la villa du roi Max à Berchtesgaden, une église à Moscou et une à Halberstadt, le « stand » d'Innsbruck, le musée municipal à Leipzig et enfin le musée d'Athènes sur lequel nous reviendrons. L. Lange mourut à Munich le 31 mars 1868, après avoir fait, nous l'avons dit, de nombreux élèves, parmi lesquels nous citerons son fils, Émile-Joseph Blihlmann, Alhert Schmidt, Margraff, etc.
M. Émile Lange ne se contenta pas, d'ailleurs, des leçons de son père et entra dans l'atelier de Questel, à Paris. Après avoir parcouru la France, l'Italie et l'Allemagne, il fut nommé, en 1868, professeur de l'école des arts et métiers de Munich,