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CHAPITRE X

lui permit pas de l'achever et c'est Leins, dont nous allons parler, qui le termina.

Christian Friedrich Leins, né à Stuttgart en 1814, élève de Heigelin et Lauth, d'abord et plus tard de Labrouste, à Paris, débuta par l'hôtel de l'ambassade de Russie, puis éleva la résidence d'été du prince royal à Berg, près Stuttgart. Mais il fut surtout un architecte d'édifices religieux dont le principal est l'église de Saint-Jean à Stuttgart; les autres sont celles de Mœhringen, de Vaihingen, de Bregenz, de Natlheim et de Biberach. S'il fut un partisan du style ogival pour la construction des édifices religieux, il n'hésita pas à appliquer les formes de la Renaissance aux édifices civils qu'il fut chargé d'élever; par exemple, au « Kônigsbau » que nous avons cité dans la biographie du précédent architecte, à l'école de Hall, au palais du prince de Weimar, à Stuttgart. Leins fut professeur, depuis 1858, à l'école polytechnique de cette dernière ville, jusqu'à sa mort arrivée en 1892.

L'église Notre-Dame de Stuttgart, un des édifices religieux du siècle très estimé par les Allemands, eut pour achitecte Joseph von Egle, né en 1818 à Dellmensingen, en Wurtemberg, récompensé d'une première médaille à cette occasion, à l'Exposition de Munich de 1876. Élève de Strack et de Botticher, à Vienne et à Berlin, il restaura les églises Notre-Dame d'Esslingen et Weil, le chapitre de Rottenburg et contribua à la restauration du « Munster » d'Ulm. A Stuttgart, il a élevé, comme édifices civils, l'école des industries du bâtiment (1860-1864) et de nombreuses constructions privées ; mais son œuvre principale est « le polytechnikum » commencé en 1860, qu'il acheva en 1864.

L'église « de la garnison » à Stuttgart, terminée en 1878 et l'église de la Paix (Friedenskirche) , à Stockach, faubourg de Stuttgart, sont les œuvres de Conrad Dollinger né à Biberach, en Wurtemberg, le 22 juin 1840, depuis 1870 professeur au «polytechnikum » de Stuttgart. Cet architecte, qui fit ses études en Allemagne et à Paris ,de 1862 à 1867, a commencé par élever l'hôlel-casino de Friedrichshafen et l'obélisque de Biberach, puis il a restauré l'hôtel de ville de ïubingen. On dit que M. Dollinger est très connu « par ses spirituelles Esquisses d'architecture ».

Adolf Wolff, né en 1832 à Esslingen, mort à Stuttgart le

29 mars 1 885, fut élève du « polytechnikum » de Slullgart. Collaborateur de Breymann lorsque celui-ci éleva la synagogue de celle ville, il fut ensuite chargé, après la mort de son collaborateur, de l'édification de nombreux temples israélites; ainsi les synagogues de Nuremberg, d'Ulm, d'Heilbronn, de Carlsbad, sont de lui. Il fit ensuite la gare de Stuttgart, de 1863 à 1867; puis nommé, en 1873, architecte de la ville, il contribua plus qu'aucun de ses prédécesseurs à son embellissement. Stutlgart lui doit des écoles, le gymnase Charles, le nouveau pavillon de l'hôpital Catherine, ,1e palais de l'Industrie (Gewerbchalle), l'église de Heslache et de nombreuses constructions particulières.

L'église et l'école de Berg, ainsi que l'église de Lofenau, eurent pour architecte Ludwig Friedrich Gaab, né en 1800 à Tubingen, décédé à Stuttgart le 23 août 1869. Élève de Gross et Fischer à Stuttgart, il perfectionna ses études en visitant la France et l'Italie; puis, à son retour, fut chargé delà restauration du théâtre de la Cour, de la construction du palais du prince héréditaire et d'une caserne, tous ces édifices à Stuttgart.

Sorti de l'atelier d'Isabelle, à Paris, qu'il avait fréquenté, de 1829 à 1831, pour entrer dans celui de Gartner, à Munich, Karl Friedrich Beisbarth, né à Stuttgart en 1809, compléta ses éludes par un voyage en Italie. Attaché au musée des beauxarts de Stuttgart, de 18i0à 1841 , il prit ensuite part à la transformation de l'ancien château de plaisance en théâtre de la Cour. 11 a laissé deux œuvres importantes : le palais Bohnenberg et la villa Single, à Stuttgart, dans lesquels il s'est efforcé de rappeler le style de la Benaissance italienne; puis il attacha son nom à la publication d'un ouvrage sur l'architecture du moyen Age en Souabe, et mourut à une date qui ne nous est pas indiquée.

L'hôtel des Postes, la nouvelle aile du «polytechnikum», la Banque hypothécaire de Slullgart, furent construits par un professeur d'architecture à l'école de celle ville, Alexander Tritschler; la gare est signée de Jorg Morlok, élève de l'école de Sluttgart, architecte et ingénieur des ponts et chaussées, né le 20 janvier 1815 à Dâzingen. Tritschler est aussi l'auteur de la « Colonie » des employés de chemin de fer dans celte ville, ce qui ne l'a pas empêché de construire les églises de Wildbad, de Tultlingen et de Zancheim.

GHAPITUE X.

D'abord élève de Leins à Stuttgard, G. Adolph Gnauth, né dans celte même ville en 1840, termina ses études en Italie. Quoique professeur, de 1870 à 1872, à l'école polytechnique de Stuttgart, et depuis 1876, à l'école des arts et métiers de Nuremberg, où il est mort prématurément en 1884, Gnauth n'a guère construit que le palais de la Vereinsbank, la villa Siegle et le palais Conradi (nous ne parlons pas des maisons dont il a donné les plans à Manheim, Munich, Pesth et même New-York) ; mais il a remis en honneur, dans ses diverses constructions, le procédé du sgraf/îto (1), dont l'usage était presque perdu en Allemagne aussi bien qu'en France, et, à ce titre, il méritait une mention particulière dans notre ouvrage.

L'hôpital catholique à Stuttgart eut pour architecte M. Robert Reinhardt, né en 1843 à Ravensberg, élève de l'école d'architecture et de Leins, de 1862 à 1866. Architecte également de « l'Harmonie » d'Heilbronn, de la villa Rosenau et de nombreux hôtels et villas, il est professeur à l'école polytechnique de Sluttgart depuis 1872. Architecte d'écoles dans la même ville, M. Emile Otto Tafel est né en 1838 à OEhringen, en Wurtemberg. Élève de Leins et d'Egle, de 1864 à 1867, il continua ses études d'architecture à Paris d'abord, puis en Italie, de 1867 à 1868. Architecte de la villa Spitthofer, dans les jardins de Salluste à Rome, puis de l'ancien cloître des Dominicains de Constance qu'il a transformé en hôtel, il a élevé de nombreuses constructions particulières à Stuttgart, Esslingen, Ulm, etc. Le Dr Wilhelm Bàumer, né le 18 avril 1829 à Ravensburg, élève d'abord de l'école polytechnique de Stuttgart, puis de l'école des beaux-arts de Paris depuis 1854, fut nommé, dans sa ville natale, en 1858, professeur à l'école dont il avait été l'élève. Architecte privé du roi de Wurtemberg, de 1861 à 1865, il a élevé la « Halle de Damas » dans le palais de la Wilhelma. En 1870, M. Raumer est allé résider à Vienne, où il a construit la gare du Nord-Ouest et le palais Haber. A Klagenfurth, c'est un hospice d'aliénés et un pensionnat qu'il élève ; il a déjà publié

(1 ) Le mot Sgra.ffi.to vient du verbe italien sgraffiare, égratigner et le procédé est le suivant : La surface à décorer (frises ou panneaux de façade) est recouverte d'un enduit noir, quelquefois rouge ou vert foncé, puis crépie en blanc. Ce blanc, enlevé avec une pointe, laisse reparaître l'enduit teinté et donne l'illusion d'un dessin au trait.

sur l'architecture divers ouvrages très estimés. L'hospice des enfants et les écoles communales de Stuttgart sont de M. Cari Walter, qui collabora avec Wagner à la construction du casino du Musée; M. Henrich Wagner, né en 1834, à Stuttgart, où il commença ses études d'architecture qu'il finit dans l'atelier de Questel à Paris, est lui-même l'auteur d'une fontaine monumentale, de l'église anglaise à Stuttgart, ainsi que des hôtels de la duchesse d'Urach et du comte de Linden. 11 est, en ce moment, professeur à l'école polytechnique de Darmstadt.

Nous devons une mention, pendant que nous sommes encore à Stuttgart, à MM. Stahl et Lambert, dont la collaboration a produit, en 1891, le musée national de Berne. M. Éduart Sthal, né à Francfort, en 1849, élève de Leins, concourt encore avec son collaborateur M. Lambert, à l'érection du palais de la reine Olgar de Wurtemberg qui s'élève en ce moment, à Stutlgart, sur la place du château, destiné à conserver le souvenir du règne de son époux, le roi Charles Ier, en 1891, à l'érection du Musée national à Berne. M. André Lambert, né à Genève en 1851, élève de Leins à Stutlgart d'abord, puis de l'architecte Coquart, compléta ses études par le séjour qu'il fit en Italie. De 1878 à 1883, établi d'abord architecte à Neuchâtel en Suisse avant de s'associer avec M. Stahl, il y éleva, de 1879 à 1880, en collaboration avec E. Colomb, l'hôtel de ville de Cernier et le collège de Dombresson (1880-1881). Il a publié en collaboration avec Alf. Rychner 1' « Architecture en Suisse aux différentes époques », et une monographie de San Biagio à Montepulciano, puis avec M. Stahl, « Motifs d'architecture allemande de 1500 à 1 800 » ; — « Le Meuble » ; — « L' Architecture moderne », etc.

Mentionnons, en passant, les noms de M. Buttch, architecte de la nouvelle église de Furstenberg (Strelilz), de l'église du château de Neuslrelitz (1855-1859) dont la façade néo-gothique est assez remarquable et dont l'intérieur est luxueusement décoré, disent ses contemporains. Quant à M. Ludwig Wachenhusen, un élève de Stuler et de Stier, il collabora à la construction du château de Schwerin et éleva, de 1856 à 1862, la grande caserne de cavalerie sur le mont Ostorf. C'est tout ce que nous savons de lui.

Après la moisson brillante faite par Klenze, les architectes bavarois n'eurent plus qu'à glaner : aussi la seconde période

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