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CHAPITRE X

né en 1835. Cet architecte se fixa à Hambourg en 1860, après avoir parcouru la Belgique, la France et l'Italie; il a droit à une mention dans notre ouvrage comme architecte, en collaboration avec M. H. Fuschen, de l'hôtel de ville de Gluckstadt (1872-1875).

C'est un élève de l'académie de Munich, professeur Burklein, qui, de 1847 à 1880, a été l'architecte de presque tous les édifices un peu importants de Brème, M. Heinrich Mùller, né le 2 février 1819, d'abord dessinateur dans l'atelier de Châteauneuf, à Hambourg. Citons : l'église (ogivale) deOberneuland près Brème (1860), la nouvelle Bourse (1864), l'église Saintliambert (1871), le casino du musée, la « salle du Dôme », la loge maçonnique (1880); puis, hors de Brème, la Bourse de Kônigsberg.

U Augusteum d'Oldenbourg date de 1865 et fut aussi construit par un architecte de Brème, Klingenberg, dont nous ne possédons que le nom. Architecte de la même ville, un enfant d'Oldenbourg, M. Jorg Osthoff, né en 1844, élève des écoles polytechniques de Carlsruhe et de Hanovre, après avoir commencé par les travaux d'art sur les lignes ferrées allemandes, s'est fait une spécialité delà construction des bâtiments d'approvisionnement et des abattoirs. Depuis douze ans, il a élevé plus de cinquante abattoirs et plus de vingt marchés.

C'est à Karl Schmidt, né le 23 mars 1836 àPutbus, élève de l'académie de Berlin, que la ville de Breslau doit la plupart de ^es édifices modernes. Il a élevé, en effet, l'hôpital Sainte-Trinité à Breslau (1867), le théâtre, les constructions du jardin zoologique, puis l'église des Apôtres à Leignitz, le Belvédère près Breslau, le monument commémoratif à Putbus et nombre de châteaux en Silésie. Schmidt est mort à Breslau le 12 avril 1888.

Le grand développement architectural de Berlin, du surtout aux œuvres de Schinkel, s'était pour ainsi dire arrêté et n'a repris que pendant les vingt dernières années. Les noms marquant du second tiers de notre siècle sont ceux de Persius, de Knoblauch, de Shack, de Hitzig, de Schadow et de Stûler. C'est dire que cette période n'a vraiment pas produit d'œuvres de première importance.

C'est surtout depuis 1870, et grâce à l'énorme effort fait par la ville de Berlin pour devenir la véritable capitale d'un grand em-

pire, qu'il faut compter avec les créations de l'architecture moderne dans l'Allemagne du Nord.

A ce moment déjà, à la Renaissance italienne, avait succédé la Renaissance allemande, aux formes plus rudes, aux silhouettes plus mouvementées; mais, libre de tous liens, amie de l'imprévu et du pittoresque, elle dégénéra très vite en une confusion de formes et une exagération de décrochements; la moindre maison ne pouvait se passer d'une ou plusieurs tourelles, de pignons dentelés ou envolulés; enfin ce fut une vraie débauche qui cessa bientôt, et on dut chercher du nouveau dans le style du siècle dernier, dans le Louis XIV on baroque et plus encore dans le rococo ou Louis XV. Mais les œuvres de valeur élevées pendant ces deux périodes par des architectes allemands se distinguaient de celles de leurs contemporains français par un aspect plus libre et plus décoratif, poussé souvent jusqu'à l'exubérance. Elles ont naturellement exercé une influence funeste sur des artistes préparés aux exagérations par la pratique de la Renaissance allemande, de telle sorte que le style rococo est aussi rapidement tombé dans l'excès, ou plulôl il y est entré de plainpied et s'y est mû librement.

Ces styles adoptés, par caprice, n'ont qu'une floraison courte, il leur manque le long développement de l'enfance pour pouvoir supporter la vie d'homme. C'en est déjà presque fait du style baroque et on cherche actuellement à Berlin à reprendre quelque modération dans les formes de l'époque Louis XIV.

Les observations précédentes s'entendent pour les habitations particulières qui donnent le caractère dominant à une ville; les édifices publics sont moins soumis aux caprices de la mode; ils sont généralement le fruit d'une étude prolongée et ils passent par le crible de l'administration.

Berlin possède, comme d'autres capitales, des édifices d'un caractère absolument moderne, dicté par les exigences d'un programme nouveau ; l'emploi du fer, des grandes surfaces vitrées, ont donné lieu ici à des solutions fort originales dans un grand nombre de gares, de magasins, d'hôtels, de restaurants, de musées et d'écoles.

Un des grands travaux modernes de Berlin a été la construction de la nouvelle école polytechnique à Charlottenburg, par Lucae, terminée par Raschdoriï; l'architecte s'est inspiré, pour

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