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CHAPITRE X

la construire, des souvenirs de la Renaissance. D'imporlantes églises ont aussi 616 élevées ces dernières ann6es en style roman et golhique, mais l'œuvre capitale est celle du Parlement, palais immense, en construction depuis plusieurs années et approchant maintenant de sa fin. L'architecte en est M. Wallot, lauréat d'un concours ouvert, il y a dix ans, à l'occasion de cet édifice.

Le style est romain, les intérieurs se ressentent quelque peu de l'influence de la Renaissance allemande. L'extérieur est inconteslablement d'un caractère très monumenlal.

Maintenant que le palais du Parlement touche à sa fin, deux aulres monuments de grande importance sont en vue et vont sans doute être commencés sous peu. Ce sont : un monument national érigé à la gloire de l'empereur Guillaume Ier, fondateur de l'empire allemand. Ce monument, mis au concours il y a quelques années, n'est pas encore tout à fait arrêté; il a un caractère architectural dominant avec colonnades et arcs de triomphe, le tout tenu dans l'esprit de l'archileclure romaine. L'autre est un dôme pour Rerlin.

Raschdorff a été chargé par l'empereur Guillaume II de l'élaboration du plan et de l'exécution de celte grande œuvre. Ce plan rappelant les grandes basiliques à coupole est confus ; il manque de grand parti, n'accuse pas suffisamment la partie centrale et se compose, au fond, de trois églises d'une importance à peu près égale; les élévations ne sont pas lisibles dans le plan, elles n'ont, du reste, pas de caractère propre, mais rappellent une infinité de motifs connus: de la Salute à Venise, de Saint-Paul de Londres et d'autres monuments, le tout traité d'une façon peu magistrale.

En somme, on peut résumer son appréciation sur l'architecture moderne en Allemagne en disant que, pas plus que dans d'autres pays, elle n'a trouvé une forme nette et qui lui soit propre, elle cherche toujours, puisant plus ou. moins au hasard dans la réserve des siècles passés et n'a trouvé d'expression que pour les édifices répondant à des programmes absolument nouveaux, ce qui est déjà un grand pas de fait.

Ludwig Ferdinand Hesse était élève de Schinkel et né en 1795 à Relgard, en Poméranie. Après avoir conduit, sous la direction de son maître, les travaux de l'église que Schinkel

construisait (de 1825 à 1828) sur le marché du Werder, il fut l'architecte de la « Nouvelle Charité », de l'école vétérinaire et de l'hôpital Sainte-Elisabeth, à Berlin. Il fut aussi l'architecte des deux théâtres royaux, depuis 1832, et du palais royal depuis la mort de Stiiler. Hors Berlin, il construisit l'orangerie à Potsdam (1 856), le château de Pfingstberg et mourut à Berlin le 8 mai 187G. Theodor Stein, né le 18 juillet 1802, à Plock, termina l'hôpital Sainte-Elisabeth et construisit un certain nombre d'églises ou de temples connus seulement de ceux qui les fréquentent : les églises du Cloître, Werder et Louise à Berlin, celle du Bon-Berger à Aix-la-Chapelle, l'église protestante d'Eupen, la gare centrale de Stettin, etc. Stein mourut le 13 novembre 187G, à Magdebourg.

Friedrich Augustus Stùler, aussi élève de Schinkel, né le 28 janvier 1800 à Muhlhausen en Thuringe, mort le 18 mars 1865 à Berlin, travailla, sous la direction de son maître, à la construction du palais du prince Charles; puis, de 1829 à 1830, il fit un voyage d'études en Italie. Devenu, à son retour, architecte de Frédéric-Guillaume IV, il fit preuve d'une incroyable fécondité et chacune des trente-cinq années de son exislence est marquée par une œuvre importante. Berlin lui doit : le nouveau Musée (dont le dôme est resté inachevé), les églises de Saint-Mathieu, de Saint-Jacques et de Saint-Marc; Francfort, sa Bourse de commerce de style byzantin; Stockholm, son Musée national; Konigsberg, son Université; Pesth, son Académie composée d'une façade Benaissance décorée de six statues représentant les six sections de l'académie. Au premier étage de l'édifice se trouve la grande salle des séances solennelles et au second, la magnifique galerie du comte Esterhazy; il a construit à Perleberg l'hôtel de ville, puis des châteaux : ceux de Stolzenfels, de Hohenzollern, agrandi les châteaux de Breslau et de Ermansdorf, élevé des cliniques, des écoles, etc.

Un troisième élève de Schinkel est Edouard Knoblauch, qui mourut le 29 mai 1805 à Berlin où il était né le 25 septembre 1801. Architecte du palais de l'ambassade russe et de plusieurs hôtels élégants à Berlin, Knoblauch est surtout connu comme étant celui de la synagogue de Berlin qu'il a construite en 1865. Le terrain sur lequel est bâti l'édifice étant très irrégulier, l'artiste a eu à vaincre diverses difficultés. De

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