CHAPITRE XI
de 1864 à 1866, l'hôtel Beaurivage et l'école de la Sure. Nommé en 1868, au concours, architecte des bâtiments de l'université, avec M. Gindroz, il en dressa les plans (1867), et Gindroz se chargea de l'exécution (1868-1874). Il fut aussi l'auteur du plan de l'école de Grultli (1871-1873). Enfin, en mai 1875, il obtenait au concours le droit de doter Genève d'une Ecole d'horlogerie, terminée en 1876. Cependant les exécuteurs testamentaires du duc de Brunswick, décédé, comme on sait, après avoir institué la ville de Genève pour sa légataire universelle, avaient demandé un projet de monument commémoratif à Franel, qui s'inspira, pour l'établir, des deux mausolées de Vérone, en ayant soin de placer la statue équestre en avant du monument et une couronne au sommet de la pyramide ; mais l'architecte dut céder aux injonctions qui lui furent faites de surmonter cette pyramide de la statue équestre du duc et consentit à signer cet édicule bizarre par sa forme et ses proportions. Elle est en marbre rouge de Vérone et les statues sont signées des sculpteurs français Cain et Millet. Franel, qui remplit, pendant longtemps, les fonctions de président de la Société des ingénieurs et des architectes suisses, fut nommé membre adjoint de l'Institut de France et mourut le 29 décembre 1885, ayant dirigé les plans, nous n'avons pas besoin de le dire, de nombreuses constructions particulières.
Quoique Jean-Daniel Blavignac ait été surtout un archéologue plutôt qu'un architecte, la restauration qu'il fit à la cathédrale Saint-Pierre et la construction de l'église du Sacré-Cœur lui avaient assuré une place dans cette histoire abrégée des architectes suisses. Ajoutons qu'il est né à Genève le 16 mai 1817 et qu'il est mort à Plainpalais le 21 février 1876, laissant plusieurs ouvrages sur 1' « Histoire de l'architecture en Suisse et ses antiquités », particulièrement celles de Genève.
Mais un architecte suisse dont la carrière est, pour ainsi dire, à peine commencée et qui cependant a déjà attaché son nom à la construction d'édifices considérables est assurément M. John Camoletti, né à Cartigny, canton de Genève, le 3 mai 1848. Après d'excellentes études commencées dans celle ville en 1863, continuées à Marseille et terminées à Paris, de 1865 à 1871, dans les ateliers de Lesoufaché et Tronquois, M. Camoletli fut chargé, dès 1876, d'établir, pour le compte de la Confédération, les casernes de Genève dont le coût s'éleva à environ m. 19
1,700,000 francs. C'élail un beau début auquel succédèrent diverses constructions de quartiers tout entiers de 1878 à 1883; il fut ensuite l'architecte de l'Asile de la vieillesse à Cinière (1885), du nouveau cimetière de Genève, comprenant porte, chapelle, etc. (1883); travaux suivis de la création du nouveau parc de Pregny et d'importantes restaurations au château de M. A. de Rothschild (1889), d'une salle de concert pour le consul d'Angleterre à Genève et, enfin, couronnés par la conslruclion du nouvel Hôtel des postes de Genève, qui coûtera environ 1 ,600,000 francs. M. Camolelti, qui a pris part a presque tous les concours ouverts dans son pays pour l'érection d'édifices importants, a obtenu dix récompenses, ce qui ne l'a pas empêché de suffire également à une clientèle de choix.
Si nous avons réservé ici une place à un vieillard qui s'est surtout fait connaître par des constructions particulières, M. Collart, c'est parce que c'est le maître le plus eslimé de la vieille école suisse et que, depuis 18G7, il est membre du Conseil d'Etat (genevois) et chargé du déparlement des travaux publics. M. Joseph- Paul Collart, né à Genève le 16 septembre 1810, après avoir étudié l'architecture à notre École des beaux-arts, de 1833 à 1837, fut appelé, en 1847, à la direction des travaux par la ville de Genève et fil exéculer en cette qualité le quai du Mont-Blanc sur la rive droile du Rhône; il élait architecte, à partir de 1852, de plusieurs édifices particuliers à Genève et à Évian, puis d'une école secondaire de filles, lorsque lui fut confiée l'élude du programme imposé aux concurrents à l'exécution des bâtiments de l'Université obtenue, on l'a dit, par MM. Franel et Gindroz.
ANeuchâtel, toute la période des vingt-cinq dernières années est presque entièrement occupée par un seul architecte originaire de cette ville, M. Léo Châtelain, né le 12 mai 1839. Élève de l'école polytechnique de Carlsruhc, puis de la Dau-Akademie de Berlin, M. Châtelain finit ses études dans l'atelier de Cendrié, à Paris. De 1867 â 1869, en collaboration avec M. Sladler, de Zurich, dont nous allons parler, il restaure la collégiale (1) de Neuchâlel, construit l'hôtel de Chaumonl (1867-68), la villa succursale de l'hospice de Pedsarsin (1867-69), l'orphelinat de Belmont (1867- 69), l'hôpital de Pleurin (1867-69), la flèche du temple de Mô-
(1) Viollet-le-Duc a donné d'utiles conseils à l'architecte chargé de cette restauration.