CHAPITRE XI
tiers, une chapelle avec réfectoire à l'institut morave deMonlmirail (1870-71), puis ilreslaure le cloître de la collégiale (1873-74), conslruit l'hôpital de Cervel dans le Val de Travers (1876-79), et une villa près Neuchâtel (1881-82). La même année, M. Châtelain était chargé d'édifier, sur le bord du lac, le Musée des beauxarts, auquel il ajouta deux ailes pleines, terminées par deux pavillons dans le style Louis XIII, de 1883 à 1884. 11 est encore l'architecte de nombreuses constructions particulières, mais nous ignorons si c'est à lui qu'est due la nouvelle salle du Conseil, à Neuchâtel.
Ferdinand Stadler, né en 1 81 3, à Zurich, mais élève de Huebsch et de Moller, à Darmstadt, lauréat de nombreux concours, put ainsi visiter l'Italie, l'Espagne et même l'Orient. Collaborateur de M. Châtelain, nous venons de le dire, il donna le plan de Sainle-Élisabeth à Bâle et d'une église à Nazareth. Partisan déclaré du style ogival, il fut l'architecte de nombreux édifices religieux élevés à Lucerne, Claris, Aarau, etc., et mourut à Zurich en 1870. Nagler mentionne un autre architecte suisse, du même nom, prénommé Augustus, né à Zurich en 1816 et qui faisait ses études d'architecture à Munich, vers 1838. Médaillé par l'académie de Berlin en 1840, Augustus Stadler aurait concouru pour l'érection de la nouvelle Bourse de Berlin dont Slûler obtint la construction, ainsi que nous l'avons dit. C'est tout ce que nous savons sur cet architecte.
Nous n'en connaissons pas beaucoup plus sur les travaux en Suisse d'un architecte français, élève de Vaudoyer et de Lebas, Pierre-Charles Dusillon, qui prit part au concours ouvert pour l'érection de Sainte-Elisabeth de Berne; nons savons seulement qu'en outre de ses travaux en France et notamment à Mulhouse, il a construit en Suisse plusieurs châteaux, entre autres celui de la Schadau près du lac de ïhun, où il est mort vers 1860.
Zurich compte encore d'autres architectes : Léonhard Zeugheer, né dans cette ville en 1812, auteur de la nouvelle école de Winlerthur,'de l'église de Neumunster, de l'institut des aveugles et de l'institut des sourds-muets, ainsi que de l'hôpital, dans la construction duquel il eut pour collaborateur Gustave Wegmadz, un classique comme lui. Celui-ci, qui termina l'hôpital et l'école annexe dont il avait obtenu l'édification au concours en 1842, élaitné à Zurich en 1812. D'abord simple maçonau service
de l'entrepreneur qui construisait le ministère des finances à Carlsruhe (1831), il obtint son admission, à force de persévérance, à l'école polytechnique de celle ville et en peu de temps devint l'élève le plus distingué de Huebsch, qui lui confiait, en 1834, la construction delà serre du jardin botanique de Beidelberg. Mais Tannée suivante, désirant compléter ses connaissances architecturales, il entra dans l'atelier de Gartner. Nous ignorons les autres œuvres de Wegmardz ainsi que la date de sa mort.
J.-J. Breitinger était un contemporain des deux précédents, puisqu'il naquit en 1814. Elève de Paris et de Berlin, il fut l'architecte delà chapelle duDôme, à Zurich, de l'hôtel delaBernina, à Samaden, de la banque de Lichtensteig, de l'église protestante de Siebnen, de l'école centrale de Zofingue. Sa dernière œuvre fut la gare de Romanshorn et il mourut à Weesen (Suisse) le 15 mars 1880.
Henri Ernst est né h Neftenbach, canton de Zurich, le 1" avril 1846. Élève de l'école polytechnique de sa ville natale, il travailla avec Semper au plan et à la construction du théâtre de la Cour à Dresde. Lauréat avec Alexandre Koch, au concours ouvert pour la construction de l'hôpital des Enfants-Malades h Zurich, dont le projet obtint la plus haute récompense à l'exposition de Philadelphie en 1878, collaborateur encore de Koch dans la construction de la banque de Baden et de l'école Linth-Escher, Ernst s'est fail dans son pays une certaine réputation par le nombre considérable des constructions particulières qu'il y éleva, notamment du côté du lac. L'hôpital catholique de Zurich, construit en 1874, eut pour architecte un Erançais, élève deConstant- Dufeux, M. Félix Narjoux, c'est tout ce que nous savons.
Nous n'avons à signaler à Soleure que deux architectes, suisses d'origine: l'un, M. Frolicher, qui a conslruit, en 1833,1e gymnase d'enseignement supérieur, comprenant une bibliothèque et un musée d'histoire naturelle et d'archéologie dont la façade est ornée de bustes et de statues dus à un élève de Bude, le sculpteur Ignel ; l'autre M. Ryehner, qui bâtit, en 1853, le collège des filles (ou des Téreaux)où viennent étudier chaque jour sept à huit cents élèves et où l'enseignement du dessin est donné dans de vastes salles réservées sous les combles. Le collège des garçons (ou du Bas) comprend un laboratoire et une salle de gymnastique très complète.