CHAPITRE XII
cette qualité, l'orangerie sur la terrasse du bord de l'eau.
Nous avons donné l'historique abrégé de la construction des divers ministères; nous la continuons par celle du ministère de l'agriculture et du commerce dont l'architecte fut, de 1861 à 1867, M. Antoine Isidore Eugène Godebœuf. Né à Compiègne le 31 juillet 1809, il fut élève de Blouetet deLeclerc el obtint le second grand prix d'architecture en 1836. Sous-inspecteur, puis inspecteur, d'octobre 1842 au 1er avril 1852, des travaux du Palais de Justice, en 1857, il construisait l'hôtel de la Caisse des dépôts et consignations du quai d'Orsay (1). De 1860 à 1861, nommé architecte divisionnaire de la ville de Paris, il éleva, de 1860 à 1865, les postes-casernes des fortifications et commençait en 1861 le ministère de l'agriculture, rue Sainl-Dominique-Saint-Germain, ainsi que nous venons de le dire; en 1865, le marché de Passy et le temple protestant de Grenelle; en 1866, des écoles à Auteuil, de 1868 à 1879, les nouveaux bâtiments de l'Ecole des ponts et chaussées, en même temps qu'il surveillait l'exécution de la mairie du seizième arrondissement. Le tombeau de Qualremère de Quincy, ainsi que le château de Chamarande, eurent également M. Godebœuf pour architecte. Il est membre du conseil des bâtiments civils depuis 1867, a reçu la médaille d'or pour sa restauration du Palais de Compiègne et a été décoré de la Légion d'honneur en 1858.
La façade de ce même ministère de l'agriculture et du commerce sur la rue de Varennes, composée d'un bâtiment principal à deuxélages éclairés chacun de quatre fenêtres et de deux pavillons en saillie aux deux extrémités, percés d'une porte et d'une fenêtre à meneaux, dans le style Louis XIII, eut pour architecte M. Brune.
L'architecte de la nouvelle façade du ministère de la guerre sur le boulevard Saint-Germain est M. Louis Jules Bouchot né à Paris le 12 août 1817 et élève de Gisors. M. Bouchot a véritablement remplacé par de nouvelles constructions l'ancien dépôt de la guerre, et l'hôtel du maréchal Soult avec les jardins dont les arbres avaient été abattus, il y a quelques an-
(1) Nous voyons par nos notes que l'édifice incendié pendant les troubles de 1 87 1 a été reconstruit par un architecte du nom de Eudes, sur lequel nous ne possédons aucun renseignement biographique.
nées, pour livrer passage au boulevard Sainl-Germain. Derrière la grande et magistrale façade élevée par l'architecte, en bordure de ce boulevard, se trouvent aujourd'hui les archives et la bibliothèque du ministère, ainsi que le dépôt des fortifications. Composée d'un avanl-corps central et de deux pavillons extrêmes, cette façade a un véritable caractère d'originalité dû à la présence delà «tour de l'Horloge » haute de 29 mètres, du haut de laquelle on embrasse le magnifique panorama de Paris et dans laquelle se trouve un réservoir contenant vingt-cinq mille litres d'eau.
Jean-Baptiste Marie Pigny, né à Monllignon, le 14 février 1821 , cl mort le 1 3 juillet 1881 , officier de la Légion d'bonneur, procéda, en sa qualité d'arcliitecle du ministère de l'intérieur, à la translation d'une partie des bureaux dans l'établissement de la place Beauvau et dirigea l'assainissement en même lemps que la construction du nouveau quartier de la Jolielte à Marseille; c'est tout ce que nous avons pu apprendre de lui.
Après la réunion du Louvre aux Tuileries, l'édifice civil le plus considérable de la période impériale fut assurément le Palais de Justice de Paris, comprenant les bâtiments de la Cour de Cassation, et qui eut pour architecte Louis Joseph Duc, né à Paris le 25 octobre 1802. Élève deChâlillon, Duc avait obtenu, en 1826, le grand prix d'architecture et parcouru, en compagnie d'Henri Labrouste dont nous allons parler, la Grande Grèce et la Sicile. A son retour d'Italie, il avait été nommé inspecteur des travaux d'érection (qui avait été confiée à Alavoine) du monumentcommémoralif connu sous le nom de Colonne de Juillet, et le termina en juillet 1840, mais en apportant au plan primitif d'assez nombreuses modifications que l'on peut attribuer peut-être à Lenoir, son collaborateur; donc chargé, après l'exécution de ce travail, de la restauration du Palais de Justice, avec Dommey, ce n'est, que deux ans plus tard, après avoir modifié les plans demandés à Huyot, qu'il put commencer ses travaux. L'ancienne cour des comptes fut transformée par Duc, en hôtel du préfet de police, puis, en 1845, il édifiait, sur le boulevard du Palais, la façade se reliant avec la cour de Mai. Les bâtiments des chambres de police correctionnelle étaient terminés en 1854 et un peu plus tard les six chambres du Tribunal civil élevées au-dessus des « cuisines de saint Louis ». En même temps les deux architectes (Duc et Dommey) restauraient le pignon de la salle des Pas Perdus construite par