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CHAPITRE XII

des vins, alors en construction. Sous-inspecteur, en 1822, à l'agence des travaux du ministère des finances, il fut nommé inspecteur, sous les ordres de Deslailleur, puis architecte voyer des troisième et huitième arrondissements de Paris. A ce dernier litre, il éleva, en 1824, la fontaine du carrefour Gaillon. Devenu, en 1825, architecte delà Bibliothèque du roi, il fit de la restauration et de l'aménagement de cet établissement un des rêves de sa vie d'artiste : plus de vingt-neuf projets qu'il traça attestent sa persévérance à cet égard. En 1842, le 1er avril, on lui confiait la mission d'élever le mausolée de Napoléon 1er e! , pour conserver au dôme des Invalides sa pureté primitive, Visconli n'hésita pas à placer le tombeau de l'Empereur, consistant en un bloc de porphyre de Finlande, dans une sorte de crypte mystérieuse. Visconti se trouva naturellement désigné au choix du prince Louis-Napoléon, lorsque, peu de temps après le coup d'Etat, le 12 mars 1852, fut signé le décret qui ordonnait la réunion du Louvre aux Tuileries. Enfermé dans un délai de cinq années qu'on lui avait imposé, il se mit au travail avec tant d'ardeur qu'en 1853 toutes les fondations élaient achevées, les consolidions faisant suite au vieux Louvre élevées à la moitié de leur hauteur et celles longeant la rue de Rivoli jusqu'au faite, mais Visconti, accablé sous ce labeur énorme, mourut subitement le 27 décembre 1853. A ce moment, il était officier de la Légion d'honneur, membre de l'Académie des beaux-arts depuis le mois d'août de cette même année et président de la Société centrale des architectes. Outre la fontaine de la place Gaillon, on lui doit aussi les fontaines Molière, Louvois et Saint-Sulpice sur les places de ce nom, les tombeaux des maréchaux Lauriston, Gouvion-Saint-Cyr, Suchel, Soult, etc., la maison de M"e Mars, rue de la Tour-des-Dames, l'hôtel Ponlalba, faubourg Saint- Honoré, et beaucoup d'autres. Doué d'un talent de décorateur hors ligne, il présida, à partir de 1836, à l'organisation de toutes les fêtes publiques et c'est lui qui dirigea, le 15 décembre 1840, tous les travaux de décoration nécessités par la rentrée des cendres de Napoléon I".

Le successeur de Visconli comme architecte du Louvre s'appelait Martin Hector Lefuel et était né à Versailles le 14 décembre 1810. Elève de son père et de Huyot, il fut admis à l'École des beaux-arls en 1829, remporta le second prix d'archi-

lecture en 1833 et le premier grand prix en 1839. Pendant son séjour à Rome, il s'était fait remarquer par ses restaurations des temples de la Piété, de l'Espérance et de Junon Matuta. A son retour à Paris, en 1845, Lefuel fut nommé inspecteur des travaux de la Chambre des députés, en 1848, architecte du château de Meudon, en 1 852, de la manufacture de Sèvres, puis, en 1 853, en remplacement d'Abel Blouet, architecte du château de Fontainebleau où il construisit la salle de spectacle de l'aile droite. C'est à ce moment qu'il fut chargé de la succession de Visconti. Celui-ci avait cherché à raccorder autant que possible le slyle des édifices nouveaux avec les œuvres de Pierre Lescot, de Métezeau, de J.-A. Gabriel. Lefuel eut l'idée (heureuse) de dissimuler le raccordement du second élage avec le comble de la galerie du bord de l'eau, en respectant, lorsqu'il éleva la façade du quai, la décoration du pavillon qui contient le grand salon carré.

Le 14 août 1857, on procédait à l'inauguration des deux palais réunis et Lefuel était récompensé de ses labeurs parle litre d'architecte de l'Empereur, d'officier de la Légion d'honneur et sa réception à l'Institut. Mais l'œuvre de Visconti et de Lefuel était restée inachevée dans la pensée de Napoléon III ; aussi, de 1800 à 1870, Lefuel a-t-il construit entièrement, sur ses dessins, la partie de la galerie du bord de l'eau réunissant le pavillon Lesdiguières au pavillon de Flore, reprenant de fond en comble le pavillon de Flore cl édifiant la nouvelle salle des Etats qui fait saillie sur la place du Carrousel et à laquelle manque encore un pendant à construire, le long de la rue de Rivoli. De 1871 à 1876 il reprenait le pavillon de Marsan et la nouvelle galerie de jonction avec les arcades du pavillon de Rohan, mais son œuvre architecturale la plus remarquable est l'escalier (avec le vestibule) de la bibliothèque du Louvre. On doit aussi le tombeau du musicien Aubert à Lefuel qui mourut à Paris le 31 décembre 1880, commandeur de la Légion d'honneur, membre de l'Institut et inspecteur général des bâtiments civils.

Pour compléter l'historique du Louvre et des Tuileries, pendant notre siècle, nous rappelons le nom d'un architecte d'Amiens sur lequel nous ne possédons aucun renseignement biographique : Firmin Bourgeois, qui fut inspecteur des bâtiments de la couronne à Versailles, à Saint-Cloud et à Compicgne, puis fut architecte au palais des Tuileries de 1849 â 1853 et lit exécuter, en

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