CHAPITRE XII
Bibliothèque de l'Arsenal. Il remplaça Gau en 1845, comme architecte en chef des hôpitaux et hospices de Paris et, en cette qualité, il reconstruisit l'hospice Dubois, les bâtiments de l'Assistance publique, l'hospice des incurables d'Ivry avec Billion, l'hospice dit «. des Ménages », l'hospice des « Villas » à Issy et mourut dans les premiers jours de décembre 1885.
Le successeur de Henri Labrouste dans les travaux de la Bibliothèque nationale qui ne sont point encore achevés, fut M. Jean Louis Pascal, né à Paris le 4 juin 1837. Elève de Questel et entré à l'École des beaux-arts, en 1858, M. Pascal est premier grand prix d'architecture de 1866; mais la recons- Iruction des bâtiments de la Bibliothèque en façade sur la rue Colbert ne l'ont point tellement absorbé jusqu'ici qu'il n'ait pu attacher son nom à des édifices d'une nolable importance; tels sont: le Palais législatif élevé par lui à la Haye en 1866, et la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Bordeaux inaugurée en 1880; ajoutons-y la décoration de la chapelle de la Vierge dans la cathédrale de la Bochelle, le monument à la mémoire d'Henri Begnault, avec M. Coquart, dans la cour de l'École des beaux-arts (1880), celui de Michelet (1879), celui de Rose Anaïs à Fécamp, et divers hôtels parmi lesquels celui du peintre Bouguereau. M. Pascal est décoré depuis le 15 février
C'est un élève de H. Labrouste, M. Louis Ernest Lheureux, né à Fontainebleau, qui a construit, en 1885, la nouvelle bibliothèque de l'École de droit, c'est tout ce que nous avons pu savoir de lui.
Un des principes des gouvernements républicains a toujours été la diffusion parmi les masses de l'enseignement à tous les degrés et la France républicaine n'y a point manqué. Aussi, considérable est le nombre des lycées, des collèges et des écoles qu'on y a élevés depuis une vingtaine d'années. Nous avons indiqué les travaux effectués au Conservatoire des arts et métiers par Debret; les autres écoles spéciales furent également l'objet de la sollicitude du gouvernement.
En premier lieu l'École des beaux-arts dont l'agrandissement a été confié à M. Georges Ernest Coquart, né à Paris, le 9 juin 1831. Élève de Lebas, il remporta le deuxième grand prix en 1853 et le premier grand prix en 1858. Membre de l'Institut
depuis le 19 mai 1888 et chevalier de la Légion d'honneur, M* Coquart a un atelier très suivi et est connu du public par le monument élevé aux généraux Lecomte et Clément Thomas, au cimetière de l'Est.
L'architecte de l'École des mines élevée, vers 1863, sur le boulevard Saint-Michel, est un minéralogiste distingué qui s'appelle M. Théodore Henry Valiez, né à Valenciennes, le 20 janvier 1813. Élève d'Auberl-Parent, architecte de celle ville, et de Lebas à Paiis, il fut inspecteur de Duban et de Duc, alors que ce dernier construisait le ministère des travaux publics, et d'Henri Labrouste, lors de la translation et de l'installation provisoire de la bibliothèque Sainte-Geneviève. M. Valiez avait succédé à Duquesnay comme architecte de l'École des mines et fit longtemps partie de la Société centrale ; il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1864.
La nouvelle École de médecine en façade sur le boulevard Saint-Germain et la Clinique d'accouchement, avenue de l'Observatoire, furent construites vers 1890, par M. Ginain, que nous retrouverons comme architecte de l'église Notre-Dame- des- Champs. Quant à l'École supérieure de pharmacie qui s'étend en bordure de l'avenue de l'Observatoire, elle a eu pour architecte M . Laisné, architecte également du lycée Janson de Sailly. L'École de pharmacie se compose d'un grand corps de bâtiments parallèle à l'avenue et de deux ailes perpendiculaires, d'une architecture très sobre de décoration, comme il convient à un établissement d'enseignement. Nous donnerons la biographie de M. Laisné lorsque nous ferons l'historique des édifices religieux élevés à Paris de notre temps.
Le collège municipal Chaptal est l'œuvre de M. Eugène Train, architecte aussi du lycée Voltaire, dont l'entrée se trouve avenue de la République, à Paris, et nous pouvons dire que l'architecte a introduit dans ce dernier établissement scolaire un système tout à fait nouveau de couloirs éclairés et ventilés qui facilitent la circulation dans toutes ses parties. Né à Toul, élève de Lay et de Questel, il commença en juillet 1869 le collège Chaptal, dont l'inauguration eut lieu en 1878. La dépense totale de l'édifice en pierre, brique et fer, auquel l'architecte a conservé leur apparence naturelle ainsi qu'aux colonnes, poutres et linteaux, s'est élevée à la somme de