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CHAPITRE XII

en date, puisqu'il remplace l'ancien Opéra de la rue Lepelletier incendié en 1860. Un concours fut ouvert en 1861 pour la construclion du nouvel édifice sur l'emplacement où il se trouve aujourd'hui. Parmi les projels présentés, l'empereur choisit celui d'un architecte parisien, M. Jean Louis Charles Garnier, né le 6 novembre 1825, élève de Lebas et de l'École des beaux-arts, qui, d'ailleurs, avait obtenu le premier grand prix d'architecture en 1848. Ajoutons que pendant son séjour en Italie, M. Garnier avait essayé la restauration polychrome de divers édifices antiques et envoyé diverses vues de Naples et de Sicile qui furent assez remarquées au salon de 1867. A son retour en France, il fut attaché à la restauration de la Tour Saint-Jacques que dirigeait alors T. Ballu.

Tout a été dit sur l'Opéra de Paris par les critiques d'art du monde entier. Nous nous contenterons donc d'apprendre au lecteur que M. Garnier est membre de l'Institut depuis le 14 mars 1875 et commandeur de la Légion d'honneur, qu'il a construit, outre l'Opéra commencé en 1863 et terminéseulement en 1875, après une longue suspension des travaux (conséquence de nos désastres), le casino et l'établissement des jeux à Monte- Carlo, ainsi que le nouvel Observatoire de Nice, situé sur le Mont Gros, à 5 kilomètres de cette ville. La reconstitution des habitations humaines à l'Exposition de 1889, est la dernière œuvre que nous connaissions de M. Garnier.

Architecte du ministère de la guerre, ainsi qu'il a été dit plus haut et architecte en chef de la Compagnie des chemins de fer de Paris à la Méditerranée pour laquelle il aconslruit, en 1864, la gare de Nice. M. Bouchot trouve encore ici sa place, à cause de l'importante restauration qu'il fît au théâtre del'Odéonen 1876. En restaurant i'Odéon, il y a' installé la galerie des portraits qui décorent le pallier du grand escalier et celle des bustes du foyer dont fit hommage le directeur d'alors, M. F. Duquesnel (1).

(1) Huit grandes toiles composent la décoration principale du grand foyer : ces portraits représentent Berton dans la conjuration d'Amboise, par M. A. D. Yvon ; Delaunay, par M. Dupain ; Samson, par M. Feyen-Perrin; Beauvalet, par M. Clairin; Lafonlaine (Ruy-Blas), par M. Mongino; Bocage (Beaux Messieurs de Bois-Doré), par M. Giraud; enfin Geoffroy, par M. Carolus Duran. Dans la galerie qui suit le grand foyer furent placés les bustes de Picard, par Julien; d'Alexandre Duval, par Allouard; d'Émile Augier et de Théophile Gautier, par Carrier-Belleuse ; dAlexandre Dumas père, par Chapu; de Victor Hugo, par Schœnewerk; de Bal-

Un vérilable constructeur de théâtres fut Jean Gabriel Antoine Davioud, né le 20 octobre 1824 à Paris où il est mort en 1881, officier de la Légion d'honneur. Élève de Jay, et second grand prix d'architecture en 1849, il commença à se faire connaître par l'érection de la fontaine Saint-Michel plaquée, suivant le programme, contre le mur de la maison faisant l'angle du boulevard et de la place Saint-Michel et par le déplacement, ainsi que la restauration, des fontaines des Innocents et de la place du Chàtelet, pour laquelle il fit un piédestal nouveau. L'ancienne fontaine aux lions du Çhàteau-d'Eau aujourd'hui disparue, était également l'œuvre de Davioud. En 1851, il collaborait avec Bailly à l'installation des tribunes du champ de courses du bois de Boulogne, présentait les projets relatifs aux embellissements de cette promenade, de celle du bois de Vincennes et du square Saint-Martin, projets en grande partie exécutés, et donnait également les dessins de la grille du parc Monceau; il commença la série des théâtres auxquels il a attaché son nom par la construction de celui d'Etampes, à la demande d'une société d'habitants de celte ville, et continua par l'Hippodrome de l'avenue de l'Impératrice ouvert en 1856, puis, termina par les deux théâtres de la place du Châtelel élevés en 1861 et 1862. Très endommagés par l'incendie, au temps de la Commune, ils ont été restaurés, après 1871, par M. J. Bouvard dont on lira plus loin la biographie. Lorsqu'il fut question des travaux projetés à l'occasion de notre Exposition universelle de 1878, on voulut utiliser les hauteurs du Trocadéro sur lesquelles, on se le rappelle, Fontaine et Percicr devaient élever le palais du roi de Rome, projet que la chute de l'empire fit abandonner; c'est à MM. Davioud et Bourdais que fut alors confiée la mission d'y construire le vaste édifice qu'on y voit aujourd'hui et qui est occupé, en grande partie, par les Musées ethnographique et archéologique.

M. Jules Bourdais est né à Brest le 6 avril 1835 et ingénieur diplômé de l'École centrale des arts et manufactures. Il fut

zac, par M. Émile Hébert; puis ceux de Murger, Casimir Delavigne, Alfred de Vigny, Louis Bouilhet et Ponsard. Dans ce même foyer, quatre panneaux symboliques où figurent les portraits de Sarah Bernard, par Parot, de Marie Laurent, par J. Auberl, d'Antonine, par Dupain, de Jane Essler, par Collin; puis les portraits de Mademoiselle Georges, par Courtat, d'après une esquisse de Gérard et de Marie Dorval, par H. Lazerge.

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