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CHAPITRE XII

l'église Saint-Augustin, de 1860 à 1868. S'il n'a pas été donné à Victor Baltard d'atteindre entièrement le but qu'il se proposait, l'association du fer et de la pierre comme base d'un nouvel art monumental, il a du moins l'honneur d'avoir tenté une voie nouvelle, qu'à l'avenir seul il appartient de déclarer sans issue ou de révéler ouverte sur des horizons nouveaux. » On doit aussi à Baltard la reconstruction de l'abside de Saint-Leu, sur le boulevard de Sébastopol, de 1857 à 1860, et la réfection du campanille de l'Hôtel de Ville, en remplacement de celui de 1608. Ce campanille de 25 mètres de hauteur fut élevé en 1866. Le nombre des tombeaux exécutés par Baltard est considérable, citons à Paris, ceux de : Pierre Baltard, de Ingres, de H. Flandrin, de Cousin, de Forster, de Leféhure-Wely, et le projet du monument à Mgr Affre. Baltard a continué, après son père, la publication des « Grands prix d'architecture », commencée par Destournelle ; on lui doit aussi la description remarquable de la Villa Médicis, de la galerie de Diane à Fontainebleau, une monographie des halles centrales et de nombreuses brochures sur l'architecture. Victor Baltard est mort à Paris le 13 janvier 1874, officier de la Légion d'honneuret membredel'Institutdepuis 1863.

Près des halles centrales se trouvait l'ancienne halle au blé de Legrand et Molinos ; elle a été transformée en bourse de commerce inauguré le 24 septembre 1889, architecte M. H.Blondel, auteur, en 1867, du Cercle agricole, boulevard Saint-Germain. Léopold Camille Cernesson, né à Juvilly (Yonne) le 21 janvier 1831, élève de Constant-Dufeux, entra dans le service municipal d'architecture en 1854 et dirigea, de 1869 à 1877, les travaux d'appropriation de l'entrepôt de Bercy. Nommé, le 22 janvier 1877, architecte des bâtiments scolaires, il donna sa démission et fut élu conseiller municipal de Paris dans le XVP arrondissement en 1878. Trois fois président du conseil, il donna sa démission pour se présenter à la députalion et fut élu député de la Côte-d'Or, en 1888, qu'il représenta jusqu'à sa mort arrivée le 19 juin 1889; à ce moment, il était chevalier de la Légion d'honneur, Cernesson a publié une grammaire élémentaire du dessin. C'est M. L.-J. Janvier, né à Dreux, élève de Vaudoyer, qui dirigea, en 1869, la construction du marché aux bestiaux à la Villette et fut créé à cette occasion chevalier de la Légion d'honneur. Le marché aux chevaux date de 1876 et eut pour

architecte M. Charles Édouard Ziégler dont le nom seul nous est connu. M. Jules Charles Annette de Mérindol, né à Milan en 1818, membre de la commission des monuments historiques et architecte diocésain près du ministère des cultes, fut d'abord attaché aux restaurations des édifices classés parla commission des monuments historiques, parmi lesquels nous citerons : celles (le portail) de la cathédrale Saint-Pierre à Poitiers et du palais des comtes de Poitiers. 11 construisit ensuite de 1863 à 1865, le nouveau marché du Temple et le marché Saint-Honoré et fut l'ail chevalier de la Légion d'honneur en 1868.

En mentionnant dans le chapitre II du présent volume (pages 60 et suivantes) les grandes gares de Paris, de Lyon, de Marseille, etc., .construites pendant la première période du siècle, nous avons fait la biographie de l'architecte ou des architectes qui leur donnèrent tous un certain caractère monumental. Mais le service delà ligne de l'Ouest se trouvant à l'étroit, dans les bâtiments élevés en 1841-1842, confia à un élève de Vaudoyer et de Labrouste, M. Juste Lisch, son architecte en chef, né à Alençon (Orne), la mission d'établir des constructions nouvelles en façade sur la rue Saint-Lazare et la rue de Rome, constructions dont l'inauguration a eu lieu le 8 avril 1892. M. Lisch était déjà connu par son plan de l'Ecole commerciale de l'avenue Trudaine, (1863) par sa restauration de l'entrée du port de la Rochelle (1864), et par celle de l'hôtel de ville de cette cité (1879-1880). Il a exposé de nombreux projets, mais nous ne savons pas s'ils ont tous été exécutés.

A cul»' (1rs édifices publics dont nous venons de signaler la construction à Paris, de 1850 au jour où nous écrivons, nous devons signaler les travaux faits par un homme dont la réputation a été européenne et qui, s'il ne fut pas architecte, a touché à l'architecture par tant de points, qu'il ne nous serait pas permis d'omettre son nom : nous voulons parler de Jean Charles Adolphe Alphand. Né à Grenoble le 26 octobre 1817 et élève de l'École polytechnique en 1835, il en sortit en 1837 et fut classé dans les ponts et chaussées. Nous ne parlerons pas, et pour cause, de ce qu'a produit Alphand pendant sa carrière d'ingénieur, mais nous rappellerons qu'il fut appelé à Paris en 1854 et reçut le titre d'administrateur en chef des promenades et plantations de la ville de Paris, qu'il publia un magnifique ou-

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