CHAPITRE XII
dont voici les titres : Parallèle des maisons de Paris, in-folio, 125 planches, 1830 à 1850; Histoire municipale de l'Hôtel de Ville, Paris, in-folio, 1846; l'Église Saint-Eustache, 1850; la Sainte-Chapelle de Paris après les restaurations commencées par M. Duban, etc., 1 vol. in-folio; Parallèle des maisons de Paris, seconde période, de 1850 à 1860, 2 vol. in-folio.
La caserne des pompiers de la rue de Chaligny et surtout celle du boulevard Diderot avec gymnase, campanille, avertisseur, etc., avaient été mises au concours, par la ville de Paris ; l'architecte qui obtint la première place à ce concours et, par conséquent, à l'exécution des travaux est M. Charles Georges Roussi, né à Paris le 2 août 1847, auteur également de l'école des filles, rue de Montmorency, d'un groupe scolaire à Puteaux (1880), ainsi que du monument à la mémoire de Rossini, en 1870. M. Roussi, élève de Guénepin et de l'École des beauxarts, fait partie du comité du journal « l'Architecture » , publié sous les auspices de la Société centrale dont il est membre.
Les marchés d'approvisionnement qui, comme ceux de Paris, par exemple, ont pour objet d'assurer l'alimentation de plus de 2 millions d'individus, doivent être construits suivant certaines conditions dont la nécessité est absolue. Ils doivent être éclairés et ventilés d'une façon complète, la propreté et l'hygiène y sont indispensables; eau en abondance, égouts nombreux et siphonés, circulation aisée des acheteurs, surveillance facile des vendeurs et des marchandises, toutes obligations auxquelles ne répondaient guère les anciennes halles du moyen âge et que les architectes du siècle précédent n'avaient réalisées que d'une façon imparfaite.
De plus, Paris manquait d'un marché central où l'on pût réunir tous les produits alimentaires arrivant des régions éloignées de la capitale: poissons, gibiers, primeurs, et où l'on pût en effectuer la vente en gros. 11 y avait bien sur l'emplacement occupé aujourd'hui par l'un des pavillons une construction massive, élevée en 1850 par V. Raltard, en collaboration avec l'architecte Callet et qu'on appelait par dérision : « le Fort de la halle » ; mais celte construction, outre qu'elle était absolument défectueuse sous le rapport de l'éclairage et de la ventilation, était tout à fait insuffisante. Le gouvernement impérial décida donc, le 12 juin 1853, qu'un nouveau projet de halle serait
étudié et que l'exécution suivrait immédiatement son approbation. C'est alors que Hector Horeau, né à Versailles le '4 octobre 1801, élève de Nepveu et de l'École des beaux-arts, présenta celui qu'il avait conçu dès 1845 et dans lequel prédominait l'emploi du fer; mais Horeau, auteur de vastes et ingénieuses conceplions où se trouvaient en germe la plupart des idées qu'on a appliquées depuis, se vit mettre à l'écart, de même qu'il avait été déjà évincé au concours, ouvert en 1850, pour les bâtiments de l'Exposition universelle de Londres. Et pourtant, il avait été classé le premier sur deux cent quarante-cinq concurrents venus de tous les pays, et, comme si la malecbance devait le poursuivre jusqu'à sa mort, arrivée en septembre 1872, pendant l'insurrection de 1871 il fut chargé par les insurgés d'assurer le service de salubrité de la ville de Paris. A la rentrée des troupes, il fut arrêté pour usurpation de fonctions et incarcéré pendant quelques mois.
L'architecte chargé de l'édification des nouvelles halles de Paris fut précisément celui qui avait construit le pavillon dont il a été question ci-dessus, Victor Baltard, né à Paris le 19 juin 1805, fils de Louis Pierre Baltard, architecte et peintre. Après avoir étudié d'abord la peinture, il s'était consacré entièrement à l'étude de l'architecture et obtenait le premier grand prix en 1833. Inspecteur des travaux de l'Ecole normale que construisait alors de Gisors, puis inspecteur de l'École des beaux-arts de la ville de Paris, il construisit les chapelles du catéchisme de Sainl-Philippe-du-Roule et de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, puis restaura la façade de Saint-Élienne-du-Montel l'intérieur de Sain t- Eustache et surveilla les peintures murales de Sainl-Germaindes-Prés ainsi que l'établissement de l'orgue, de la chaire à prêcher et du maître-autel. En 1840, il remplaça Paul Lelong comme architecte de l'hôtel du Timbre et de la mairie du IIe arrondissement ; en 1848, il dirigea tous les travaux intérieurs de l'Hôtel de Ville. Il fut, enfin, l'ordonnateur de toutes les fêtes de l'empire. L'administration, qui avait à choisir entre deux projets soumis par Baltard pour l'exécution des halles centrales, l'un conservant le pavillon précédemment construit, l'autre tout en ter et fonte, adopta le second. « Le fer et la fonte avaient si bien servi l'architecte des halles, écrit M. Paul Sédille, qu'il crut trouver en eux les éléments nécessaires à la construction du dôme de