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CHAPITRE XII

Tienne. Les bas-côlés sont séparés de la grande nef par deux arcades en plein cintre, supportées sur des piliers et des colonnes engagées. C'est encore, on le voit, une église romane et nous en trouverons d'autres. M. Ginain qui la termina, en 1875, est né à Paris le 5 octobre 1825; élève de Lebas, il a obtenu le premier grand prix d'architecture en 1852 et a été l'architecte de l'école de la rue Saint-Benoît. Classé le premier au concours pour la construction du grand Opéra par le jury chargé de l'examen, sous la présidence du ministère d'État, il se vit cependant évincer (nous avons dit comment) par M. Garnier qui n'était arrivé que le cinquième à ce concours. Il est vrai qu'on a confié à M. Ginain la construction de la façade de la nouvelle Ecole de médecine sur le boulevard Saint-Germain achevée en 1890, ainsi que de la Clinique d'accouchement, avenue de l'Observatoire. M. Ginain, officier de la Légion d'honneur, est membre de l'Institut depuis le 12 mars 1881.

Eglise romane, aussi, celle deNotre-Dame-de-la-Croix àMénilmonlant dont l'architecte est M. Louis Jean Antoine Héret, né à Paris le 2 septembre 1821; élève de Lebas et de l'École des beaux-arts; il a construit, outre cette église importante, une école de filles avec asile, une maison de secours rue Darboy et rue Saint-Maur-du-ïemple, ainsi que divers monuments funéraires dans les cimetières de Paris. Auteur à Paris et en province d'un grand nombre de constructions particulières, maisons de loyer, ateliers, hôtels ou châteaux, il est architecte honoraire de la ville de Paris, médaillé à l'Exposition universelle de 1878 et archiviste de la Société centrale des architectes.

Simon Claude Constant-Dufeux naquit le 5 janvier 1801 à Paris, où il est mort le 26 juillet 1871 . Entré à l'École des beauxarts en 1861, il avait obtenu le grand prix d'architecture, en 1829, En 1845, il fut nommé professeur de perspective à l'Ecole des beaux-arts et occupa cette chaire jusqu'à la fin de sa vie. Comme architecte du Panthéon, il y dirigea pendant plusieurs années, depuisl850, des travaux intérieurs de décorations ou de restaurations et éleva la petite façade de l'école de dessin, rue de l'École-de-Médecine. En 1865, il fut chargé de faire une façade à l'église Saint-Laurent, l'ancienne ayant dû disparaître dans le tracé du boulevard de Strasbourg. Étudiée avec tout le soin qu'apportait Constant-Dufeux à ses conceptions,

cette façade est un véritable bijou d'archéologie. Ayant succédé en 1860 à de Gisors, en qualité d'architecte du palais du Luxembourg, il dirigeait en même temps la restauration de l'église de Valence (Drôme). 11 a signé plusieurs tombeaux remarquables, entre autres celui de l'amiral Dumont d'Urvillc au cimetière Montparnasse, du comte Brueys a Uzès et un grand hôtel, rue de Vendôme. Chargé en 1852, par le ministère des travaux publics, d'étudier un projet d'hôtel pour les invalides civils, il ne vit point ce projet exécuté, mais fut nommé chevalier, puis officier de la Légion d'honneur.

Commencée en 1856 et finie en 1863, l'église Notre-Dame de Clignancourl eut pour architecte Paul Eugène Lequeux, né à Paris le 10 août 1806, mort au Mont-Saint-Michel le 2 juillet 1873, chevalier de la Légion d'honneur. Elève de Guénepinet de Ballard père, Lequeux obtint le premier grand prix d'architecture en 1834, après avoir été médaillé pendant son séjour à l'Ecole. Aussi lors de sa sortie, fut-il nommé architecte du département de la Seine, et spécialement de l'arrondissement de Saint-Denis. Ses principales œuvres sont, hors de Paris : le portail de l'église de Saint-Ouen (1840), la mairie et les écoles de la Chapelle-Saint-Denis (1844), la restauration de la tour de l'église d'Aubervilliers (184 i), un abattoir pour la ville de Saint- Denis 1845), l'église de Villetaneuse et la mairie de Puleaux (1856), une école à Clichy-la-Garenne, l'église de Pierrefilte, la restauration de l'église de Colombes (1846), l'hôtel de la souspréfecture à Saint-Denis et des casernes de gendarmerie (1863- 1863 ; enfin, l'asile pour les fous de Yille-Évrard (1865-1 <S(i!)i. Dans Paris, on doit à Lequeux (1835-1836), la mairie de Montmartre qui vient d'être abandonnée), l'église do la Ville! te, Sainl-Jacques-Saint-Christophe, dont la première pierre a été posée en mai 1840 et qui fut terminée en 1844; l'église Saint- Ferdinand des Ternes (1844-1847), la mairie des Balignolles (1847-1849), la mairie de Courbevoie (1859-1860), puis Notre- Dame de Clignancourt, son œuvre la plus importante.

Au concours de 1872 pour l'érection d'une église votive sur les hauteurs de Montmartre, la première place fut donnée à Paul Abadie, né à Paris le 18 novembre 1812, fils d'un architecte bordelais, du même nom, dont on a lu plus haut la biographie. Élève d'Achille Leclère, il fut nommé inspecteur des travaux

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