CHAPITRE XIII
que de l'église paroissiale Saint-Jean à Ambert. Disons pour finir que la Sainte-Chapelle de Riom date de 1855, et fut construite par un enfant de Clermont, M. Jean Emile Baptiste Mallay, qui acheva, si nous ne nous trompons pas, la restauration de N.-D.-du-Port à Clermont-Ferrand.
Le déparlement de la Corrèze, le pays des maçons, ne présente qu'un architecte : Pierre Joseph Chabrol, né à Limoges le 1er février 1812, qui fut d'abord, à sa sortie de l'Ecole des beauxarts, attaché au service d'architecture du Palais-Royal et y construisit, en 1851, dans la grande cour, le palais de l'Exposition de 1852, puis restaura le Palais-Royal lui-même destiné à la résidence de Jérôme-Napoléon et de son fils. Il fut décoré à cette occasion et chargé de la reconstruction du Théâtre-Français à Paris ; c'est à lui qu'on doit la grande salle voûtée qui sert de vestibule. L'Ecole vétérinaire de Lyon tombant en ruines, Chabrol fut chargé delà réédifier, ainsi que celle de Limoges. De 1857 à 1860, il donne des plans d'églises, d'écoles ainsi que de la salle d'asile de la Grand'Combe (Gard) ; mais son ouvrage principal est assurément le grand séminaire de Tulle. Il est mort à Paris le 9 mars 1875.
Charles Auguste Questel, né à Paris le 18 septembre 1807, fut successivement élève de Peyre, de Rlouet et de D Liban. Il fut, de 1862 à 1867, architecte de l'hôtel de la préfecture à Grenoble, mais, dès 1835, il avait concouru pour la construction de Saint-Paul de Nîmes et avait obtenu le premier prix sur trente concurrents. L'édifice, de style roman, achevé par lui en 1850, en même temps que la fontaine de l'Esplanade dont Pradier sculpta les statues, il donna le dessin du maître-autel de l'église Saint-Martin-d'Ainay à Lyon (1858). Le 21 octobre 1861, on inaugurait à Gisors l'hospice et l'église qui en dépend construits tous deux par Questel sur l'emplacement d'un ancien couvent d'Ursulines, puis on rappelait l'architecte à Paris pour élever, de 1863 à 1869, l'asile des aliénés dit de Sainte-Anne. De 1862 à 1867, il était chargé de la construction de l'hôtel de la préfecture et du musée-bibliothèque de Grenoble. Architecte du palais de Versailles ainsi que de l'Institut agronomique de cette ville, il fut nommé membre de la commission des monuments historiques et, en cette qualité, dut étudier les projets de restauration de l'amphithéâtre d'Arles, ainsi que celle du pont du
Gard, en collaboration avec M. Lainé, vers 1855. De Qnestel a exécuté en artiste les restaurations de l'église Sainte-Marie (Bouches-du-Rhône), de l'église Saint-Gilles (Gard), de Saint- Paul de Tournus (Saône-et-Loire), de l'abbaye de Thorouet (Var), et trois châteaux dans la Drôme. Il est aussi l'architecte du monument élevé à saint Louis à Aigues-Mortes (1849). Membre de l'Institut et décoré, Questel est mort le 30 janvier 1888.
Ajoutons à ce nom celui de M. Antonin Durand, élève de M. Daumer, né à Camplong (Hérault), qui a conslruit à Grenoble, à la suite d'un concours, une église dédiée à saint Bruno, comme il a obtenu la construction de l'école et de l'asile de Boulognesur-Seine, en 1875.
A côté des architectes Questel et Durand dont nous avons parlé plus haut, on nous signale le nom de Barat comme celui de l'architecte de l'école de dessin à Grenoble, sans autre indication.
Dans la Drôme, c'est .un élève de Levicomte, Henri Léon Bulot, né à Fontainebleau le 19 juin 1820, décédé en juillet 1889, membre de la Société centrale, qui élève la prison de Valence, l'hôtel de ville ainsi que le palais de justice de Montélimar. Architecte également des départements de la Creuse et de Seineet-Marne, il conslruit des écoles dans le premier et achève dans l'autre la préfecture et le palais de justice; à Digne, c'est le lycée que conslruit un architecte parisien, M. Alexandre Jacob, né le 7 décembre 1834, sans doute auteur d'autres travaux publics que nous ne connaissons pas.
Nous arrivons à Lyon, mais nous notons, en passant, l'église de Vidalon, édifice d'une seule nef, dans le style ogival du xnr siècle, inaugurée en 1877, œuvre d'un architecte d'Annonay, M. Pierre Borione, dont nous ignorons la biographie, puis la nouvelle mairie de Chambéry ainsi que le nouveau théâtre qui ont eu pour architecte Bernard Pellegrini, né en 1819 à Yenne (Savoie), ancien élève de l'Ecole des beaux-arls, architecte de l'établissement thermal d'Aix-les-Bains et de la ville de Chambéry où il a laissé de nombreuses constructions et où il est mort en 1864.
Lyon, ville ancienne, possédait depuis longtemps au complet ses édifices municipaux : hôtel de ville, théâtre, bourse de commerce, musées, etc. ; nous avons indiqué les constructions