CHAPITRE XIII
nouvelles et les modifications apportées aux anciennes, au fur et à mesure qu'elles se produisaient. Nous en dirons autant des édifices religieux, assez nombreux à Lyon. Parmi les édifices publics élevés pour le compte de l'Etat ou du département, pendant la période dont nous nous occupons, nous ne voyons guère à mentionner que l'hôtel de la préfecture, dont l'architecte est M. Louvier, et celui du théâtre des Célestins, M. André.
M. Antoine Georges Louvier, né à Lyon le 23 mai 1814, élève de Lebas, fut pendant trente-trois ans architecte du département du Rhône. Aussi, tout en étant professeur d'architecture à l'École des beaux-arts de Lyon, a-t-il élevé dans le département, avant l'hôtel de préfecture et le bâtiment des archives départementales, un grand nombre d'édifices très importants encore : le dépôt de mendicité d'Albigny (Rhône), l'école normale des instituteurs à Villefranche, deux casernes de gardiens de la paix à Lyon, l'asile des aliénés de Brou (pour 1300 malades) (1875), six églises, des écoles etdeux presbytères. Il a, de plus, à Lyon, agrandi le palais de justice et la maison d'arrêt, ainsi que la maison de correction, et ajouté des bâtiments à la caserne de gendarmerie de Villefranche. Membre correspondant de l'Institut, M. Louvier a été médaillé à l'Exposition universelle de 1878.
Claude Anthelme Benoit, né à Lyon en 1794, fit ses études d'architeclure à l'académie de dessin de cette ville. Inspecteur des travaux (1812-1824), puis attaché à Chenavard, de 1824 à 1830, il fonda, en 1830, avec ce dernier, la Société académique d'architecture. Membre du conseil des bâtiments civils du Rhône, il reçut en 18601a croix de la Légion d'honneur. Cependant ses travaux se bornent à une restauration de l'église d'Ainay, à la construction du clocher et du portail de l'église Saint-Nizier, à celle du dôme de l'église Saint-François. Hors de Lyon, Benoît éleva quelques châteaux et mourut dans cette ville en 1 876.
Les églises de Vaise, de Saint-André et de Saint-Bernard, ainsi que le marché couvert des Cordeliers, le grand séminaire, le pensionnat des Chartreux, celui du Sacré-Cœur, une aile du Palais des arts, le petit lycée à Saint-Rambert, eurent pour architecte Antoine Desjardins, né à Lyon le 31 juillet 1814, élève de Duban. Nommé architecte diocésain de Lyon et architecte en chef de la ville, il fut chargé, en 1 859, de la restauration de l'hô-
tel de ville de Lyon, dont il a publié une monographie, de celle aussi du théâtre desCélestins et du Mont-de-Piété. Hors de Lyon, il fut l'architecte des églises dont suit la nomenclature : les églises de Marnand, de Pierre-Bénite, de Villechenève, de Valsonne, d'Anse, de Fleurie, de Saint-André de Tarare, de Brouilly, de Firminy (Loire), de Notre-Dame de Roanne; il y ajouta les restaurations des églises d'Ambierle, de Bourg-Argental, de Salles, de Saint-Georges de Reneins, de Belleville, de Jargnioux, et celle de la chapelle du château de Châtillon d'Azergnes (Rhône). Desjardins, qui a ajouté d'intéressants dessins à la Collection des archives de la Commission des monuments historiques, est mort en septembre 1863, chevalier de la Légion d'honneur depuis 1858. C'est un des élèves de Desjardins, M. Abraham Hirsch, de Lyon, qui a construit dans cette ville la synagogue en 1808, et c'est M. Edouard André, dont on a lu la biographie comme architecte de l'hôtel de ville de Neuilly, qui a reconstruit, en 1 879, le théâtre des Céleslins réparé par son maître quelques années avant.
Pierre Bossan, né à Lyon le 13 juillet 1814, mort en 1888, suit les cours des écoles de Lyon et vient compléter ses études d'architecture dans l'atelier de Labrouste, dessine un autel et le trône épiscopal de la cathédrale Saint-Jean et commence l'église Saint-Georges ainsi que son presbytère, puis élève les églises de Couson, d'Ars, de la Louvesc et le monastère de la Trappe des Dombes. Mais il n'achève ni ce dernier édifice ni l'église Saint- Georges, qui furent terminés par un de ses élèves, M. Franchet, architecte de l'église de lTmmaculée-Conception, sur lequel nous ne possédons pas de renseignements.
Quant à Claude Émile Perret de la Menue, qui jouit aussi à Lyon d'une grande notoriété, il ne nous a pas été plus possible de nous procurer la liste de ses travaux. Nos renseignements doivent se borner à faire savoir qu'il était né à Saint-Symphorien-sur- Loire le 20 juillet 1810 et qu'il mourut le 5 juin 1889 à Lyon, architecte honoraire de l'hospice de Lyon, et président de la Société régionale des architectes lyonnais. Nous ne pouvons terminer celte liste trop courte sans nommer M. Chatron qui a construit, en 1872, le Palais de l'Exposition universelle lyonnaise sur le quai des Brotleaux à l'entrée du parc de la Tête d'Or.
Signalons en passant à Avignon le théâtre, chef-d'œuvre du classique à portique orné de colonnes, œuvre de l'ingénieur De