CHAPITRE XV
choses, et celle seconde période de l'archilecture américaine ne se lermine vraiment qu'à l'Exposition du Centenaire de Philadelphie en 1 876. Pendant cette période, le nombre des architectes instruits avait considérablement augmenté, les dessins et les plans sortis de leurs ateliers avaient beaucoup gagné en élégance et en clarté, à l'Institut technologique de Boston on avait ouvert une classe d'architecture. L'exemple donné par cette ville avait été suivi par plusieurs autres, de façon que, au moment de cette Exposition, ily avait, établies sur le territoire desEtats-Unis, bien outillées et très intelligemment dirigées, une douzaine d'écoles où les futurs architectes pouvaient acquérir toutes les connaissances nécessaires à l'exercice de leur profession. A l'heure où nous écrivons ces lignes, le nombre des élèves architectes aux Etals-Unis s'élève à quatre ou cinq cents et, depuis vingt-cinq années, il en est sorli environ deux cents de l'École des beaux-arts de Paris dont les cours sont suivis avec la plus grande assiduité par ceux de ces élèves qui considèrent notre enseignement architectural comme le complément indispensable des études Commencées par eux dans les universités ou les écoles techniques américaines. Aussi la jeune génération des architectes, aux Elals- Unis d'Amérique, a-t-elle produit elproduil-elle, tous les jours, des œuvres originales porlant nettement l'empreinte du tempérament particulier à la race à laquelle ils apparliennent mais dignes d'attirer, par leurs qualités architecturales, l'attention de leurs confrères du monde entier. C'est à ce titre que nous leur avons consacré, ainsi qu'à leurs prédécesseurs, quelques pages de notre livre. Nous avertissons au surplus le lecteur de ne pas se méprendre sur la nature des sociétés ou associations fort nombreuses formées entre deux ou même plusieurs architectes, contrairement à ce qui se passe en France : chacun des deux artistes se livrant exclusivement à un travail toujours le même, les études du cabinet plus méditées et plus mûries, la surveillance des chantiers plus sérieuse et plus complète sont profitables aux clients de l'association plus qu'aux associés eux-mêmes. L'exemple donné par les architectes américains ne serait peut-être pointmauvais à suivre.
Deux architectes (anglais) auteurs d'édifices à Rhode-Island et à Boston, avant la déclaration d'indépendance, nous ont paru seuls mériter une mention ; ce sont : Richard Munday sur lequel, après de longues recherches, onn'apasdécouvertautre chose que
ceci, c'est qu'il était l'architecte de la maison du Gouvernement (slate home) à (Newport) Rhode-lsland, qu'il avait construite en 1742, et de la maison Ayrault élevée par lui, au même lieu, en 1739, et qu'il était architecte consultant de l'église de la Trinité, aussi à Newport. Munday est mort probablement vers le milieu du xviii0 siècle.
Un autre architecte, également de Newport, qui fut en possession d'une notoriété plus grande, Peter Harrison, était venu d'Angleterre où il avait travaillé dans l'atelier de Vanbrugh, sous la direction duquel il avait exécuté la construction de Blenheim Palace. Harrison arriva en Amérique avec le peintre John Smibert en 1728. Il dessina King's chapel commencée en 1749 à Boston, la bibliothèque de Redwood, à Newport ,(Rhode-Tsland) (1 748-50), et l'hôtel de villedeNewporl (1 760), la synagogue (1762) et la maison Malbone (depuis détruite par un incendie), toujours à Newport. Ensuite, Harrison se retira à New-Haven (Connecticut), où il devint receveur des douanes et où il mourut un peu après 1762.
Thomas Jefferson, né en 1743, mort en 1826, auteur de la « Déclaration d'Indépendance », troisième président de la République des Etals-Unis et son ministre plénipotentiaire en France en 1785, était un amateur enthousiaste d'architecture. C'est lui qui choisit le dessin pour la Chambre de l'Etat de Richmond (1785-1792), pastiche non dissimulé de la Maison carrée de Nîmes, mais les bâtiments de l'université de Virginie, à Charlottesville, achevés en 1825, et sa propre maison à Monliccllo, dans l'Etat de Virginie également, furent construits sur ses propres dessins, ainsi que la maison dite de Farmingson, à Charlottesville. Le caractère de son architecture est le classique, que Jefferson adopta sans doute pendant son séjour en France et, grâce à l'influence dont il a disposé dans son pays, la préférence des architectes américains pour ce style s'est maintenue pendant de longues années après la mort de Jefferson.
C'est aussi aidé des conseils de ce grand citoyen que Pierre- Charles L'Enfant Iraça le plan de la ville de Washington en 1791, et on peut juger du talent de l'architecte par les larges avenues, les parcs et les squares dont il a embelli la capitale des Etals-Unis. L'Enfant élait né en France en 1755; engagé à titre provisoire de lieutenant, dans un des corps