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CHAPITRE XVI

de Russie, et du collège situé près de la place Bab-Hummayoum. Le sultan tint MM. Fossati en haute estime, ce qui n'empêcha pas que le palais de marbre que l'on voit en face de Scutari, sur le Bosphore, fut construit, sur l'ordre d'Abdul- Medjid. par un architecte arménien appelé Ballyan, dont nous ne connaissons que le nom.

Un architecte anglais nommé William James Smith fut envoyé en 1845 à Constantinople, où il demeura jusqu'en 1848, élevant le palais de l'ambassadeur d'Anglelerre, un kiosque dans le jardin du sultan, un hôpital pour la cavalerie et des casernes, une école de médecine dans le faubourg de Péra, une école d'équitation et le jardin d'hiver de Dolma-Bagtché. Revenu, vers 1864, en Angleterre, où il restaura quelques églises, Smith ne tarda pas à se retirer, mais mourut à Florence après 1874.

Un autre Smith prénommé Thomas, né en 1799, d'abord surveillant pour le comté d'Hertford, reconstruisit la prison, l'asile des aliénés, etc., etc. En Irlande, il fit les plans de l'hôpital de Louthe, et en 1849 l'église de Clophill, Bedfordshire. Avec la collaboration de son fils Thomas Taylor, il a dessiné à Nice l'English-Hôtel et l'église protestante anglaise (1863), puis des églises anglaises à Cannes, à Stuttgart et à Naples. A Cannes, il a élevé le château de Sainte-Ursule pour lord Londesboroug et est mort le 1er octobre 1875.

L'université, à Constantinople, située près du jardin du Serai et de Sainte-Sophie, est aussi un édifice de notre temps ; son architecture ne manque pas de grandeur, mais est déplacée au milieu des édifices qui l'entourent. La Sublime- Porte {Bab-AU), palais du Ministère des affaires étrangères, présente un ensemble assez imposant. La porte du palais est ornée de pilastres de marbre ioniques, surmontée d'emblèmes militaires et d'une inscription en langue turque. Seul, un toit en saillie lui restitue un peu le caractère oriental. Le ministère de la guerre (Séraskiérat), occupe une vaste enceinte dans laquelle s'élèvent des bâtiments sans intérêt. Vers le milieu se dresse la haute tour dite du Séraskiérat, au sommet de laquelle est constamment une vigie destinée à signaler les incendies.

Ces trois édifices ont été assurément construits par des architectes européens, mais nous regrettons de ne pouvoir donner, ne les connaissant pas, leurs noms au lecteur.

Nous ignorons également ceux des architectes de la mosquée du sullan Selim, construile sur le modèle de Sainte-Sophie et qui a conservé, par conséquent, la forme de la croix grecque dominée par une immense coupole, ainsi que delà mosquée de Buyeck-Djamin, remarquable par la pelilesse de son dôme et l'élégance de la galerie qui l'entoure : ces deux édifices élevés à Sculari, au commencement du siècle. Enfin l'Empire turc eut aussi son palais de l'Exposilion, en 1863 et, cette fois, ce fut un architecte français, M. Bourgeois (sans autre désignation), qui en donna le plan conçu dans le style de Mahomet II.

La plupart des édifices dont a élé doté le nouveau royaume de Grèce eurent pour architectes des Allemands cités dans un chapitre précédent, à l'exception pourtant des deux suivants : 1° Édouard Schaubert, né en 1800, à Laubau, en Silésie, élève des écoles de Berlin et de Breslau, qui se rendit en Grèce en 1830 où il devint architecte du gouvernement grec et auquel Athènes doit une église et son observatoire; 2° Ernest Ziller, né à Ober Hôflossnitz (Saxe), connu pour ses fouilles en Grèce, qui, de 1872 à 1875, construisit àPatras, àZante d'abord età Athènes ensuite, des théâtres dans le style de la Renaissance. Après avoir ajouté que Schaubert s'est retiré à Rome, où sans cloute il est mort, nous n'avonsàcilcr qu'un seul contemporain Français ayant laissé dans ce pays une œuvre architecturale un peu importante : c'est François Louis Florimond Boulanger, né à Denain (Nord) le 29 novembre 1 807 . Élève de Huyot et de Leclerc, il partagea avec Clerget, en 1830, le grand prix d'architecture et lit un fructueux voyage d'instruction en Italie. Peu de temps après son retour à Paris, il était appelé à Athènes pour y construire la cathédrale et la place ornée de portiques qui entoure cet édifice. L'œuvre de Boulanger est assurément d'une exécution remarquable. Athènes lui doit aussi un théâtre, ainsi que le palais du Corps législatif; mais nous ignorons la date du décès de cet architecte. A Jérusalem, c'est en mars 1808 qu'un architecte grec, Cameano-Calfa, fut chargé de rétablir le dôme et la coupole de l'église du Saint-Sépulcre ; depuis cette époque, il ne semble pas qu'il y ait d'autre construction à y signaler que celle d'un architecte français nommé Lecomte, qui éleva, sur le mont des Oliviers, un petit cloître exposé en 1871, pendant qu'à Rio- Janeiro (Brésil), M. Paul Bernard édifiait, avec la collaboration de

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