CHAPITRE II
Si
1843; le plan en était dû à un élève de Châtillon, Lecointe et HiltorfT, Jean-Baptiste-Philippe Cannissié, né à Landau (aujourd'hui Prusse Rhénane), le 17 janvier 1799, et qui était déjà connu comme ayant concouru à la construction du marché des Patriarches et du marché aux fourrages. Cannissié avail, en outre, beaucoup participé aux expositions et on avait remarqué de lui, notamment, une planche pour l'ouvrage d'Hittorfî et Zanth, Y Architecture antique de la Sicile, un projet pour le tombeau de Napoléon Ier, un autre pour l'embellissement de la place de la Concorde et l'éreciion au centre de celte place de l'obélisque de Louqsor, enfin (1837), un projet de palais pour l'exposition des beaux-arts aux Champs-Elysées. Mais tout l'œuvre de Cannissié se réduirait, avec la mairie que nous venons de citer, au monument élevé à l'architecte Gallois, en 1841 , dans le cimetière de Bercy, et à la construction de plusieurs maisons à Paris ainsi que d'un château dans le déparlement de la Sarthe, si, en qualité d'architecte de la ville de Lille, il n'avait pendant vingt années contribué à tous les grands travaux d'utilité exécutés dans cette ville, notamment l'agrandissement et la décoration de l'église Saint-Maurice, dont la flèche est son œuvre. Cannissié fut aussi l'architecte du monument élevé à Lille, en 1827, à la mémoire du duc de Berry, mais ce monument fut détruit après 1830.
Les gouvernements de l'Empire, de la Restauration et de Louis-Philippe négligèrent quelque peu un service qui pourtant mérite toute l'attention de l'administration, surlout dans les grandes villes où les maladies épidémiques, grâce à l'agglomération de la population, peuvent engendrer des désastres effroyables, ainsi que cela s'est produit lors de l'apparition du choiera, en 1832. Nous n'aurons donc à mentionner, pendant une période de cinquante années, qu'un fort petit nombre d'architectes d'édifices hospitaliers. Le premier en date est Nicolas-Marie Clavereau, né à Paris en 1755 ou 1757 et décédé à Arras le 10 février 1816. Auteur de l'école clinique de la rue des Saints- Pères et de l'hôpital d' Arras, architecte de l'hôpital de la Charité etarchitecte adjoint des hospices civils de Paris, Clavereau a construit, en 1803, le portail ou plutôt le porche de l'Hôtel-Dieu qui a disparu avec tous lesanciens bâtiments de cet hôpital en 1874.
Un élève de Percier, Martin-Pierre Gauthier, né à Troyes le 9 janvier 1790 et grand prix d'architecture, en 1810, com-
mença par être chargé, à son retour de Rome, de l'agrandissement de l'hospice de Bicêtre et de la restauration de la chapelle de Vincennes (1823). Il donna ensuite les plans de l'hospice des Orphelins à Paris (rue Denfert), et de l'école municipale de la rue de Fleurus, de 1831 à 1838, ainsi que celui du bureau des nourrices de la rue Saint-Denis. Entre temps, il construisait l'église de Bonneval (Aube), celle de Saint-Christophe de Double (Gironde), l'hospice Brezin ou de la Reconnaissance à Petil-l'Étang, roule de Versailles, sur les dessins de Delannoy, et dessinait les monuments de Fénelon à Cambrai et de Du Guesclin à Mende, ainsi que la chaire à prêcher de l'église Sain t-Ger vais ; mais l'œuvre la plus importante de Gauthier fut, sans contredit, l'hôpital du Clos-Saint-Lazare, dit d'abord de Louis-Philippe, devenu hôpital de Lariboisière, qu'il commença en 1846. Chargé de la construction de la halle aux grains et de l'hospice Saint- Nicolas à Troyes, il ne put malheureusement exercer la surveillance que lui imposait celte construction, et des malfaçons s'ensuivirent, dont la réparation coûta plus de 200,000 francs ; condamné à payer cette somme et incapable de se libérer, Gauthier fut incarcéré dans la prison pour délies et y mourut le 19 mai 1855. Il était alors chevalier de la Légion d'honneur et membre de l'Institut depuis le 23 avril 1842.
C'est seulement en 1827 que commença la construction de l'Institut des jeunes aveugles de Paris, décidée par les ordonnances des 24 décembre 1817 et 20 mai 1818, ou plutôt l'approprialion à son établissement des bâtiments du séminaire Saint- Firmin, rue Saint-Victor, et c'est à Pierre-Nicolas-François Philippon-Delacroix, né à Paris le 8 septembre 1784, qu'en fut confiée l'exécution. Du reste, l'œuvre de Philippon a reçu une autre destination depuis le transfert de l'Institut au boulevard des Invalides (1843), et cet architecte est beaucoup plus connu par la construction de l'asile des aliénés de Neuchàlel en Suisse (1855), qu'il avait fait précéder d'études très consciencieuses. Architecte aussi du marché Saint-Quentin de la rue de Chabrol, Philippon est mort officier de la Légion d'honneur, en 1865.
Architecte de l'asile des aliénés de Saint-Maurice-Charenton, ce fui Leroux, dont nous ne connaissons que le nom, qui y installa le quartier des femmes en 1823. Il a disparu en 1840 et nous ignorons la date de sa mort.