‹ Les architectes par leurs œuvres (volume 2)Chapitre 29 sur 276 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Nous avons fait l'histoire, au commencement de ce volume, de la Bourse de Paris. L'institution de la Banque de France comme établissement d'utilité publique, nécessita la création d'un ensemble de constructions destiné à recevoir les services de cet établissement. A. son origine (qui remonte au 22 avril 1806), elle était installée dans l'hôtel qui forme l'encoignure droite de la rue d'Aboukir et de la place des Victoires. A cette époque, les bâtiments actuels de la Banque étaient occupés par l'Imprimerie nationale. C'est l'architecte François-Jacques Delannoy, élève d'Antoine, qui fut chargé, après 1811, de les disposer pour leur destination nouvelle; mais on y retrouve encore le bel hôtel bâti en 1620 par Mansart pour le duc de LaVrillière et qu'occupèrent clans la suite le comte de Toulouse et le duc de Penthièvre. Delannoy était né à Paris le 24 octobre 1755; grand prix d'architecture en 1799, il étudia pendant trois années en Italie les œuvres de l'antiquité romaine et grecque, et fut, à son retour, attaché comme inspecteur aux travaux du Palais de Justice. Architecte du théâtre de l'Opéra, il fut chargé en cette qualité de la restauration du magasin de décors; architecte aussi du Conservatoire de musique, c'est lui qui éleva la salle de concerts de cet établissement; architecte enfin de l'Ecole polytechnique, du Temple (1812), où il fit la façade du ministère des cultes qu'on y avait transporté et dont il ne reste plus trace, de la Bibliothèque royale, du Théâtre Italien, de l'hôtel Vaucanson, des portes Saint-Denis et Saint-Martin, il trouva néanmoins le temps" de faire un grand nombre de projets, notamment pour l'église de la Madeleine, pour l'agrandissement de la Bibliothèque royale, pour la restauration du palais de justice de Dijon et l'érection de l'hôtel de la Préfecture à Bar-le-Duc. Il fit également les plans de l'hospice Brezin à Petil-l'Étang, ainsi que nous l'avons dit (1833). En 1807, Delannoy avait été chargé de la construction du « grenier de réserve », mais les travaux interrompus ne furent repris qu'après 1814. Parmi les constructions particulières de Delannoy, quoiqu'il ait élevé plusieurs grands hôtels à Paris, nous ne citerons que celle du passage qui conduit de la rue Vivienne à la rue Neuve-des- Petits-Champs. Delannoy, décoré en 1831, mourut à Sèvres le

27 juillet 1835, laissant un fils, Marie- Antoine, né à Paris le

28 juin 1800, grand prix d'architecture en 1828, qui s'était fait

connaître par des études archileetoniques exécutées en Italie, en Allemagne et, en Algérie, mais qui renonça presque aussitôt à la carrière artistique et mourut en 1860, sans avoir rien produit.

L'architecte chargé de continuer la construction du « grenier de réserve », s'appelait Augustin-Nicolas Caristie. Né cà Avallon (Yonne), le 6 décembre 178!!, Caristie, fils et petit-fils d'architectes, avait d'abord été attaché en qualité de conducteur à la construction du pont de l'Archevêché, à Lyon (1807). Entré dans l'atelier de Percier, puis dans celui de Vaudoyer, il fut inspecteur des travaux de la Bourse à Paris, de la construction du Palais de Justice, de la caserne de gendarmerie cl de la prison à Reims. En 1813, il obtenait le premier grand prix et publiait, à son retour de Home, en 1819, un état des découvertes faites à la suite de fouilles opérées dans l'ancien Forum de 1809 à 1819. Aussi fut-il, en 1823, chargé de la restauration de l'arc antique d'Orange (restauration achevée en 1829) et, en 1824, choisi pour édifier à Quiberon un monument aux victimes de l'insurrection vendéenne de l'an IV. Nommé, en 1827, inspecteur général des bâtiments civils, en 1835, membre du jury d'architecture cà l'École des beaux-arts, en 1840, membre de l'Institué en 1848, vice-président de la Commission des monuments historiques, Caristie est mort officier de la Légion d'honneur, le 5 décembre 1802. Mais Caristie n'avait pu achever l'interminable « grenier de réserve » , dont lestrava u\ furent confiés, après lui, à Charles- Pierre Gourlier, beaucoup plus connu par son ouvrage inlitulé : Choix ^édifices publics, etc., qui se trouve dans toutes les bibliothèques d'architectes. Né le 15 mai 1780, à Paris, où il est mort le 16 février 1857, Gourlier avail été élève d'Alavoine et de Huyot, et attaché comme inspecteur à la construction de la Bourse, puis à la reslauralion de la porte Saint-Martin. Sa vie a d'ailleurs été consacrée presque tout entière à l'enseignement de l'architecture pratique qu'il professa, pendant près de vingt ans, à l'Ecole des beaux-arts et à l'École des arts et manufactures, ainsi qu'à la publication de ses ouvrages, concernant tous la profession d'architecte.

Après Gourlier, Adolphe-Marie-François Jay, attaché à la construction de ce « grenier de réserve » réduit en cendres pendant les troubles de 1871, le termina enfin en 1848. Né h Lyon,

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