CHAPITRE III
jury d'architecture, président de la Société centrale des architectes et enfin membre de l'Institut, trois ans avant sa mort, arrivée le 17 mai 1853 (1).
A peine installé aux Tuileries, Louis-Philippe conçut le projet de transformer le palais de Versailles en un musée consacré à toutes les gloires de la France, et trouva un intelligent exécuteur de ses volontés daus un élève de Percier et Fontaine, Eugène- Charles-Frédéric Nepveu. Né le 14 juillet 1777 et fils d'architecle, Nepveu, après un séjour en Italie, était, dès 1807, inspecteur d'Hurtault ; en 1821 il fut nommé architecte du château de Rambouillet ; puis, pendant quelque temps, il restaura les châteaux de Main tenon et de Neauphle. La restauration de la galerie Louis XIII et do la salle de spectacle ainsi que de la salle des Batailles, au château de Versailles, précédarinaugurationdu musée, qui eut lieu le 12 juin 1837, h l'occasion du mariage du duc d'Orléans; l'établissement du musée de Versailles fut suivi de la restauration du Grand ïrianon et de la transformation de la salle du jeu de paume de Compiègne en salle de spectacle. Chevalier de la Légion d'honneur, Nepveu mourut à Versailles le 1er octobre 1862.
Nous n'avons pu sortir de Paris sans franchir l'enceinte fortifiée dont les travaux furent commencés en 1841. OEuvre d'ingénieur et non point d'architecte, les forlifications de Paris touchent par tant de points à l'histoire architecturale de la capitale de la France, qu'on nous pardonnera de donner le nom de l'homme grâce aux efforts duquel elles ont été élevées; il s'appelait Nelzir Allard et élaif né à Parlhenay (Deux-Sèvres), le 27 octobre 1798. Sorti de l'École polytechnique dans le génie, capitaine en 1825, attaché à la première expédition d'Afrique en 1830, il seconda, à son retour en France, le général Valazé dans l'exécution du premier plan des fortifications de Paris soumis aux Chambres par ce général. On sait que la politique avait fait abandonner en 1833, après deux années de discussions stériles, le projet d'une enceinte continue avec forts détachés; disons qu'elles furent reprises, grâce aux démonstrations d'Allard, et qu'il a dirigé en grande partie les travaux immenses
(1) La récompense purement honorifique, clans l'origine, dite prix départemental, est maintenant accompagnée de la remise au lauréat d'une somme de mille francs représentée par une rente perpétuelle qu'a fondée la veuve d'Abel Blouet, en exécution d'un vœu exprimé par cet architecte.
ordonnés en exécution de la loi du 3 avril 1841, qui ouvril au miuistère un crédit de 140 millions. Sans parler des autres travaux effectués par Allard comme ingénieur, nous achevons cette notice en ajoutant que, conseiller d'Elat, membre du comité de la guerre et de la marine, élu député en 1847, puis en 1876, grand officier de la Légion d'honneur depuis le 6 août 1860, le général Allard est mort à Passy le 25 octobre 1877.
Nous allons maintenant dire quelques mots des architectes qui ont attaché leur nom aux édifices publics d'une certaine importance élevés en France dans les départements pendant la première moitié du xix° siècle. Nous nous contenterons de les classer par région, en mettant, autant qu'il nous sera possible, un certain ordre dans les dates d'érection de ces édifices. Aux portes de Paris, à Versailles, les bâtiments de la prison, en collaboration avec Duclos dont nous allons parler, et du tribunal de commerce sont élevés par Augustin Goy, né à Melun en 1784 et mort à Versailles le 8 octobre 1838, architecte du déparlement de Seine-el-Oise. Il fut nommé, en 1827, architecte de la maison centrale de Poissy, dont il fit la chapelle; et dans celle même ville de Poissy, il installa le marché aux bestiaux qui pendant cinquante ans pourvut à l'approvisionnement des abattoirs de la capitale. François-Marie -Alexis Collet, dit Duclos, le collaborateur de Goy, était né le 5 mai 1761 à Versailles et y mourut le 3 avril 1830, architecte du déparlement. A ce moment, la prison de Versailles n'élait pas terminée et Goy, frappé de paralysie, était devenu incapable de surveiller les travaux ; c'est alors qu'on lui adjoignit Pierre- Jean-Baptiste Douchain (auquel Versailles doit aussi un abattoir, les nouveaux bâlimenls du palais de justice) (1838), qui termina la prison en 1844; il a aussi exécuté la chapelle du petil séminaire et la nouvelle décoration des chapelles de la cathédrale. Nous n'avons pu nous procurer les dates de naissance et de mort de Douchain.
Dans le centre, à Melun, restauration d'une salle de spectacle, construction d'un abattoir et de l'hôtel de ville, de 1833 à 1836, par Jean-Jacques Gilson, architecte de la ville de Melun, mort à Paris le 19 juin 1849. Mais, dans le même temps, on travaillait activement à la maison cenlrale bien connue de cette ville, commencée en 1812, sur les plans de Nicolas-Nicaise Solente, néen