CHAPITRE III
Première application, en France, du système cellulaire aux maisons de correction. — Les fortifications de Paris. — Construction dans les départements de mairies, de palais de justice, de marchés et d'abattoirs. — Les architectes diocésains sont obligés de suivre, dans les restaurations des édifices religieux, la direction du Comité des arts et monuments.
Les châteaux royaux des environs de Paris, assez négligés pendant la période révolutionnaire, durent être l'objet de réparations importanles confiées d'abord, comme on l'a vu, à Percier, Fontaine et Le Père. Après eux, Blouet, Hurtault et Nepveu furent les grands restaurateurs de Versailles, de Fontainebleau, de Saint-Cloud, etc.
Maximilien- Joseph Hurtault, né à Huningue le 8 juin 1765, fut élève de Mique et de Percier; employé d'abord comme simple appareilleur aux constructions du Petit Trianon, puis dessinateur de Marie-Antoinette, il fut, pendant la Révolution, employé dans l'administration de l'artillerie à Paris. Lors de la formation de l'Ecole polytechnique, nommé professeur adjoint, il obtint, en quittant celte école, l'inspection des travaux exécutés d'abord aux salles de réunion des Conseils des Anciens et des Cinq-Cents, puis au château des Tuileries, où l'on construisit alors une salle de spectacle et une chapelle. Grâce à la protection de Percier et Fontaine, il put suivre les concours de l'Académie et obtenir le second grand prix, en 1797 (sous le nom de Heurlaull). Après deux ans de séjour en Italie, Hurtault était nommé architecte du palais de Fontainebleau. Il y restaura la galerie de Diane, construisit le pavillon de l'Étang et la fontaine de Diane et traça divers jardins dépendant du palais; à Saint- Cloud, ce fut également lui qui fit le tracé du jardin du duc de Bordeaux. L'hôtel de ville de Bressuire, le marché et le petit m. 5
théâtre de Joigny sont également dus à Hurtault, qui mourut à Paris le 2 mai 1824, membre de l'Institut et du Conseil des bâtiments civils.
Guillaume-Abel Blouet, né à Passy le 6 octobre 1795, fui, à partir de 1848, architecte du palais de Fontainebleau et y fit exécuter d'importantes restauralions, iclles que celles de la façade sur la cour du Cheval-Blanc, celles delà bibliothèque, des anciens bains, du pavillon de Sully, elc. D'ailleurs, élève de Delespine et grand prix d'architecture de 1821, il avail attaché son nom à l'Arc de Triomphe, ainsi qu'il a déjà été dit lorsqu'on a fait l'historique de ce monument, qu'il eut l'honneur de terminer en 1836. Mais Blouel, qui en 1828 avail accompagné l'expédition française en M orée, comme directeur de la section d'architecture et de sculpture de l'expédition, reçut, vers la fin de 183C, une mission qui lui offrit un nouveau sujet de recherches. On se rappelle ce que nous avons dit des études entreprises par lui sur les établissements pénitentiaires des Etats-Unis cl de la mise en œuvre qui les suivit, lors delà construction, par Lecoinle, de la prison cellulaire de Mazas; nous n'y reviendrons donc pas. Ajoutons seulement que Blouel fut récompensé de ce travail extraordinaire par le tilre d'inspecteur général des prisons de France el la mission de constituer (ce qu'il fil avec l'aide de Ilaron-Homain et d'Hector Horeau) un programme complet des conditions de construction de toules les maisons d'arrêt el de juslice en Fiance. Cel ouvrage fut publié en 1811 par les soins du ministère de l'intérieur ; l'architecte eut d'ailleurs l'occasion de mettre à exécution l'ensemble des réformes qu'il avait proposées, lorsqu'il éleva la colonie pénitentiaire de Mellray. Enfin, pendant les années 1837, 1838 et 1839, Blouel, chargé de la décoration de nos principaux monuments, à l'occasion des fêles de Juillet, avail soumis au roi Louis-Phi lippe la proposition de couronner l'Arc de Triomphe par une slalue colossale de Napoléon 1er, projet qui ne fui pas exécuté. Nous ne parlerons pas des nombreux monuments funéraires élevés par lui au Pèrc- Lachaise, et nous terminerons la biographie de Blouel en énonçant les Litres et distinctions qu'il obtint successivement pendant sa trop courte carrière : professeur de théorie d'architecture à l'Académie des beaux-arts, chevalier de la Légion d'honneur, membre de l'Institut des architectes britanniques, membre du