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CHAPITRE III

le plan de A. de Gisors par un architecte parisien, Jacques- Dominique Lanck, né le 5 mai 1786 et décédé à Tulle le 25 septembre 1856, sans avoir fait, à notre connaissance, d'autre édifice d'une certaine importance.

Un archilecte du département de l'Aveyron, vers 1820, restaure à Rodez la cathédrale, la préfecture, le palais de justice et l'église de Couques, un des plus remarquables spécimens de l'époque romane; c'est Étienne-Joseph Boissonade, qui, né à Saint-Geniez dans l'Aveyron, le 29 décembre 1797, est mort chevalier de la Légion d'honneur, le 22 avril 1862. Élève de Durand, professeur à l'Ecole polytechnique, Boissonade construisit aussi l'asile des aliénés à Rodez et y restaura l'école normale ainsi que le palais de justice de Milhau. Les palais de justice et les prisons de Sainle-Affrique, de Villefranche et d'Espalion, ainsi que l'hospice de Milhau et l'abattoir de Saint- Geniez, sont également des œuvres de Boissonade.

Noire énumération des architectes de l'est de la France commencera naturellement par le nom de Jean-Baptiste Kléber, connu de nos lecteurs comme l'un des meilleurs généraux de la République. Tout le monde sait que, né à Strasbourg en 1754, lieutenant de Bonaparte en Egypte et abandonné par lui dans ce pays, il y mourut assassiné le 14 juin 1800; mais ce qu'on ignore généralement, c'est que Kléber étudia d'abord l'architecture sous Chalgrin, puis fut admis, sur sa demande, à l'école militaire de Munich de laquelle il sortit avec le grade de sous-lieutenant. Ce n'est que, désespérant de se faire une carrière dans l'armée bavaroise, qu'il revint en France, où ses anciennes relations lui obtinrent la place d'inspecteur des bâtiments publics à Belfort. et c'est de ce moment (1 783), jusqu'au jour où il s'engagea (1792) comme simple grenadier dans le 4e bataillon du département du Haut-Rhin, que Kléber exécuta, en qualité d'architecte, diverses constructions qui existent encore aujourd'hui : l'hôpital de Thann, la maison des chanoinesses de Massevaux et le château de Granvillars, l'église de Schwartz, l'hospice de la ville de Thun, l'église du couvent de Lurh. Ajoutons-y d'importantes réparations au château de Florimond (Alsace), dont il transforma une salle en musée, un pavillon dans les jardins du prince de Montbéliard, etc. Alors que Aix-la-Chapelle, à la suile des conquêtes du premier Empire, était devenue ville française et chef-lieu du département

de la Roër, un hôlel de préfecture y fui construit (de 1800 à 1814), par Louis-Ambroise Dubut, architecte parisien, élève de Ledoux. Né en J 769, il avait remporté le grand prix d'architecture en 1797; il construisit depuis, en France, l'écluse d'Anglure dans le département de l'Aube, la maison centrale d'Ensisheim (Alsace), les dépôtsde mendicité de Caenetde Saint- Dizier, la halle de cette dernière ville, et créa l'établissement thermal de Bourbonne-les-Bains, sans compter les constructions militaires qu'il ht en Russie, après 1814, pour les empereurs Alexandre el Nicolas.

ASIrasbourg, le grand théàlrc de l'avenue de Rrogïie avait été commencé en 1804, sur les plans de l'ingénieur Rabin, et la construction alteignail déjà le fronton, lorsqu'on remarqua des défauts graves qui ne permettaient pas de la poursuivre sans danger. C'est alors que Jean Villot, né à Strasbourg en 1787, proposa en 1810 un nouveau plan, duquel est sortie la salle de spectacle dont on se sert aujourd'hui. Classique par excellence, Villot a élevé à Strasbourg une halle, des hôtels, des maisons, et mourut en 1 8 î l.

Dans ce même département du Ras-Rhin, pendant la période qui s'écoula de 1825 à 1 8 45^ nous mcnlionncrons encore deux architectes: A.-I.-J. Fries, dont nous ignorons les dates de naissance et de mort, qui avait été d'ailleurs lauréat en 1825 (second grand prix), et Gustave Klotz, né le 30 novembre 1810 à Strasbourg, qui avait étudié l'architecture dans l'atelier de Labrouste. Nommé architecte du département, en 1834, Klotz fut chargé de la restauration de la partie orientale de la façade de la cathédrale de Strasbourg, où il mourut le 2G janvier 1880. Il attacha d'ailleurs son nom, avec Fries, à la construction de nombreux édifices alsaciens, lesquels sont, dans celte ville, la synagogue et des écoles communales, puis le nouveau quartier de Mulhouse ouvert, de 182Gà 1828, par les deux architectes en collaboration. Une restauration importante de l'hôtel de ville doit être attribuée à Fries seul, et la halle de Sehlesladt, ouverte le 27 mars 1845, est l'œuvre de Klotz.

A Altkirck, restauration de l'église, en 1844, par un Alsacien, Louis-Michel Boltz, connu déjà par les projets qu'il avait exposés depuis 1 839.

A Melz, on commence, en 1827, et on termine, en 1832, tous

A. CARISTE

M* Alaux pinx.

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