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CHAPITRE III

les bâtiments qui composaient notre École d'application, sous la direction des ingénieurs-architectes Bonneton, Pernet, Ducamp et De Ligneville. Eu 1832, est ouverte au public la halle aux légumes sur la place d'Austerlitz, dont la surface couverteprésente 3,900 mètres carrés: architecte Vandernoot, dont nous connaissons seulementle nom. Toujours à Metz, en 1833, l'architecte Jaunez père termine le grand marché couvert de la place delà Cathédrale; à Nancy, à la même époque, construction de casernes et d'une maison de correction, par un architecte nancéien, élève d'Achille Leclère, Charles-François Châtelain, né le 13 septembre- 1802, architecte du département de la Meurlhe, de 1825 à 1845. Organisateur des fêtes données à Nancy en l'honneur de Charles X et de Louis-PIiilippe, Châtelain dirigea la restauration du palais ducal et la construction de la gare de Nancy et fut décoré en 1866 à la suite de ces travaux.

A Besançon, nous avons à signaler les noms de deux architectes, Pierre Marnotte, élève de Poyet, Leclère et Penchaud, né à Dijon le 20 août 1797, qui a fait élever, sur ses dessins, les églises de Saint-François et d'Avonne, ainsi que la halle au blé de Besançon, et restaura avec bonheur l'arc de triomphe romain connu des antiquaires sous le nom de Porta Nigra. Archéologue distingué, Pierre Marnotte a doté les collections de son pays de fragments fort importants de sculpture et d'architecture romaines. Le second de ces architectes, Jean-Baptiste Martin, sur la vie duquel nous n'avons pu obtenir aucun renseignement, est signalé comme ayant construit, au commencement du siècle, deux églises et des mairies dans le département du Doubs, un pont sur l'Ognon, le théâtre de Dôle (Jura), et pour avoir doté Besançon d'une rue nouvelle qu'il a construite presque en entier. A quelques lieues de Dôle, à Mont-sous-Vaudrey, en 1836, s'élève, sous la direction de l'architecte Bezand fils, de Dôle, la mairie, qui est à la fois halle, école, caserne, etc.

Les édifices construits dans le même temps à Lons-le-Saunier : le palais de justice, le grand séminaire, la caserne de gendarmerie et la prison, sont assurément plus importants, mais on y voit la main de l'ingénieur plutôt que celle de l'architecte ; nous en dirons autant de la fontaine monumentale élevée sur la place du Marché. C'est qu'Augustin-Christin Robert, l'auteur de ces œuvres, né à Gray le 25 janvier 1790, avait d'abord été attaché

ù l'administration des ponts et chaussées et, à ce titre, avait établi, avant d'être architecte, un certain nombre de ponts et de routes dans le Jura. Travailleur infatigable du reste, il a construit ensuite, dans ce pays de montagnes, des églises, des mairies et des presbytères, et est mort encore jeune, le 9 novembre 1846.

A signaler seulement en Bourgogne, l'asile d'aliénés établi dans l'ancienne Chartreuse de Dijon (1840 à 1842): architecte Paul Petit, qui construisait en même temps la halle de Beaune; le château d'eau de Dijon, tour octogone et ajourée, inauguréelo 28 juillet 1841, architecte Emile Sagot; le château historique de Yelarssur-Ouches : architecte Jacques Caumont, élève de l'école de Dijon, né dans cette ville en 1785, et, puisque nous avons parlé de l'école de Dijon, nous ne quitterons pas la Bourgogne sans rappeler le nom d'un architecte qui lui consacra toute sa vie, Jean-Baptiste-Philibert Moitte, né à Dijon en 1754, d'une famille d'artistes et mort dans la même ville le 18 octobre 1808.

Le premier en date des architectes lyonnais et qui fut le premier maître de tous ceux dont nous allons indiquer les travaux fut certainement Claude-Ennemond-Balthasar Cochet, qui reçut de son père les premières leçons; né à Lyon le 6 janvier 1760, élève ensuite, à Paris, de Dubourg et de Brongniart, il put, grâce à certains succès académiques, faire le voyage de Borne en 1783. Bentré en France après avoir obtenu, en 1786, la plus haute récompense décernée aux jeunes architectes par l'académie de Parme, il concourt avec succès à un projet de temple décadaire, est reçu membre de l'académie de Lyon en 1800, transforme l'ancienne église des Jésuites en une salle de séances pour l'assemblée des Etals cisalpins, restaure l'hôtel de ville, construit la loge maçonnique (1804) el le monument funèbre élevé dans la plaine des Brolteaux aux victimes du siège de Lyon. Nommé, en 1814, professeur d'archileclure àl'école des beaux-arts de Lyon, Cochet remplit ses fonctions jusqu'en 1824 et meurt membre correspondant de l'Institut, le 14 mars 1835.

Un de ses élèves et de ses successeurs à l'école de Lyon, .Joseph-Jean-Pascal Gay, Lyonnais aussi, né le 14 avril 1775, fut chargé de la construction de la halle au blé, du musée Saint- Pierre, de la restauration de l'église Saint-Just el, en collaboration avec Ennemond Hôtelard, de l'édification de la caserne de gendarmerie de Lyon (1828-1830). Gay avait, déplus, dessiné un

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