CHAPITRE III
de l'arsenal maritime. Devenu architecte de la ville de Lorient, il débuta en 1811 par l'érection de la fontaine de la place Saint- Louis; de 1820 à 1828, il restaura l'église Saint-Louis en même temps qu'il restaurait la mairie de Port-Louis et élevait à Lorient (1821-1823) la maison d'arrêt projetée en 1817; en 1821, le marché à la viande; de 1824 à 1828, le collège communal; en 1826, le lazaret Saint-Michel, l'octroi et l'abattoir qui ne tardera pas à disparaître; en 1829, les monuments à la mémoire de Bisson à Lorient et de Georges de Cadoudal à Auray ; de 1833 à 1834, la halle au pain, dont le premier étage a été occupé par l'école primaire et converti depuis (1878) en musée avec école de dessin. De Lussault, qui était fils d'un architecte, lauréat de 1772, mais dont ne nous connaissons pas les œuvres, est mort à Lorient le 12 septembre 1860. Beaucoup plus modeste fut la part de notoriété recueillie par Auguste-Louis-Édouard Bouillon, dont l'ouvrage sur les Principes de la construction des écoles primaires fut pourtant adopté comme un guide sûr, en 1833, par le ministre de l'instruction publique. Né à Paris en 1803, mort à Périgueux en 1864, Bouillon n'a produit, pendant son assez longue carrière, qu'une école normale primaire à Bourbon- Vendée (la Roche-sur-Yon) et une école supérieure annexe. Il mourut à Périgueux en 1864.
L'hospice des aliénés de la Loire-Inférieure, dont Jouannin fut l'architecte, de 1820 à 1827, occupe les bâtiments de l'ancienne abbaye de Saint-Yon, et fut continué par Grégoire; nous n'en savons pas davantage.
La Normandie ne fut pas non plus négligée par le gouvernement de la Restauration ; à Rouen même, un élève de Percier et Fontaine, Charles-Félix Maillet du Boullay, né à la Bouille, en 1795, fut nommé, jeune encore, architecte en chef de la capitale de la Normandie et exécuta d'abord des restaurations importantes à l'église Saint-Ouen, à l'hôtel de ville et à la chapelle du cimetière principal; puis, il fut chargé de l'érection de l'église Saint-Paul sur l'emplacement de l'édifice primitif du xic siècle, dont il conserva cependant les absides, qui servent aujourd'hui de sacristie, un bâtiment pour les douanes et des abattoirs. Maillet du Boullay, fort connu à Paris, quoique architecte de province, fit élever plusieurs hôtels, notamment l'hôtel de Coigny et le château de Vaudremer, et mourut le 29 mars 1878.
L'hôtel des douanes, mis au concours en 1834, eut pour architecte un enfant de la Nor mandie, Charles-Édouard Isabelle, né au Havre le 24 février 1800. Élève d'Achille Leclère, Isabelle était déjà connu par une étude remarquable faite par lui, pendant son séjour en Italie, sur les Édifices circulaires et les coupoles des grandes églises de la péninsule, publiée de 1824 à 1828. Chargé ensuite de l'érection du théâtre de Béziers, de la restauration des écoles d'arts et métiers de Châlons et d'Angers, de l'établissement thermal de Vichy, il revint à Rouen faire le piédestal delà statue de Boieldieu (1839), puis, à Paris, fut l'architecte des tombeaux de Geoffroy Saint-Hilaire et de David d'Angers (1857). Nommé officier de la Légion d'honneur en 1862, il est mort en 1879.
Au delà de Rouen, au Havre, c'est un ingénieur sorti de l'École polytechnique et de l'École des ponts et chaussées qui se fait l'architecte d'une salle de bal de Sainte-Marie-de-Graville et restaure l'église Saint-François, puis s'en va construire la salle de spectacle de Dieppe ; il est vrai que Pierre-François Frissard, né le 27 juillet 1787, à Paris, où il est mort le 2 septembre 1854, inspecteur général des ponts et chaussées, a sans doute vu dans ces travaux une distraction digne de son intelligence, appelée à résoudre les plus graves problèmes. Nous laissons d'ailleurs à ceux qui écriront la biographie de nos ingénieurs le soin de donner celle de l'ingénieur Frissard. Architecte de la ville de Caen et professeur à l'école d'architecture de cette ville, Emile Guy, né à Paris le 21 mars 1795, éleva à Caen, en 1832, les abattoirs et, en 1838, le théâtre de la ville; des additions considérables au lycée et la reprise en sous-œuvre de l'un des piliers de la tour dans l'église Saint-Pierre de Caen complètent, avec l'érection du théâtre de Saint-Quenlin, la liste des travaux de cet architecte, qui fut fait chevalier de la Légion d'honneur en 1842 et est mort le 4 juillet 18GG.
C'est aux deux architectes Haron-Romain père et fils qu'est due la maison centrale de Reaulieu, établie sur l'emplacement de l'ancienne maladrerie, près de Caen. Haron-Romain père, né à Rernay en 170 1 , second grand prix en 1 788, mourut le 13 janvier 1822, laissant non seulement son projet de maison centrale, mais encore un projet d'hôpital pour la ville de Caen; Haron-Romain fils, né à Rernay le 15 août 1790, sortait de l'École polytechni-