CHAPITRE III
tecte François, dont nous ne connaissons que le nom ; à moins qu'il ne s'agisse de l'architecte Villers, prénommé François, car la plupart des édifices de Maine-et-Loire construits à cette époque pour répondre aux besoins de l'administration départementale sont dus à un élève de Delespine, Jacques-Louis- François Villers, né à Paris le 7 février 1791 ; il fut, en effet, l'architecte de l'hôtel de ville et du tribunal de commerce de Cholet, ainsi que d'une fontaine dans cette petite ville, du palais de justice de Saumur et d'une halle à Chemillé, dont le premier étage est consacré aux services de la justice de paix et de la mairie. Villers fut également l'architecte de la colonne élevée, en 1823, à Saint-Florent-le-Vieil en l'honneur de la duchesse d'Angoulême, et il est mort architecte de la ville d'Angers, laissant un certain nombre de projets qui ne paraissent pas avoir été exécutés.
Pelits-fils du peintre Antoine Vestier, membre de l'ancienne Académie, Phidias et Archimède Vestier (ce dernier, ancien élève de l'École polytechnique et commissaire-voyer de la ville de Paris, mort en 1862) concoururent à l'érection de la gare de Tours et de toutes les gares de Paris à Tours par Vendôme, d'Orléans à Tours, de Nantes à Brest, etc. Phidias Vestier, né à Berny (Seine), le 27 octobre 1796, avait été élève de l'École des beaux-arts, inspecteur des monuments historiques du département d'Indre-et-Loire et est mort chevalier de la Légion d'honneur en 1874.
C'est vers 1850 que Charles Jacquemin Belisle, alors architecte du département d'Indre-et-Loire, né en 1815, éleva, avec l'aide de son fils, le palais de justice de Tours, qui comprenait une caserne de gendarmerie et une maison d'arrêt suivant le système cellulaire. Architecte aussi de l'hôtel Dussausoy et des vastes ateliers de l'imprimerie Marne de Tours, il est mort dans cette ville en 1869.
La ville du Mans voit s'élever, de 1828 à 1836, l'asile départemental d'aliénés; en 1842, son théâtre municipal sur la place des Jacobins et, sur l'emplacement de l'ancien hôtel de Tessé, le palais de l'évêque. L'architecte de ces édifices s'appelait De la Ruel, c'est tout ce que nous pouvons affirmer.
La fidèle Bretagne ne fut pas négligée, naturellement, par le gouvernement de la Restauration. A Rennes, de 1825 à 1843,
s'élève la maison d'arrêt, et la cathédrale, dont l'état était déplorable, reçoit une restauration intelligente et respectueuse, ce qu'on obtenait difficilement des architectes de celte époque. L'homme auquel elle fut confiée, architecte diocésain du département, était Louis-Guy-Marie-Rose Richelot, né à Rennes le 27 juillet 1786. En cette qualité, il a construit le palais de justice et la sous-préfecture de Saint-Malo, le palais de justice de Montfort et celui de Redon, et a dirigé la restauration du château de Vitré; il a élevé, également, plusieurs grands hôtels à Rennes, où il mourut le 29 décembre 1855, laissant à l'architecte Langlois le soin de continuer la restauration de la basilique qu'il avait si bien commencée.
Charles-Isidore-Eustache Millardet, né en 1800, élève de Debret, éleva, de 1829 à 1832, le théâtre de Rennes et le château d'eau destiné à alimenter les fontaines dont il était l'auteur sur la promenade qui conduit à cet édifice ; Rennes lui doit encore l'entrée et la chapelle du cimetière, le pont de Rerlin, l'escalier de la Motte et la galerie Méret. Nommé ensuite architecte à Valenciennes, le 1er mai 1847, Millardet y mourut peu après, le 15 juillet, professeur à l'académie de cette ville.
Le palais de l'Université de Rennes eut pour architecte Vincent-Marie Boullé, né à Vannes, le 24 floréal an XL Élève de l'École des beaux-arts, Roullé s'était déjà fait connaître à Limoges, où il a élevé plusieurs constructions dont nous ignorons l'importance ; comme architecte en chef de Hennés, il eut à construire l'abattoir, la halle au poisson et les bureaux de l'octroi ; puis se relira à Sainl-Brieuc, où il est mort en i864.
A Saint-Brieuc, c'est Louis-Maurice-René Lorin, né le 20 juillet 1781 et mort dans la même ville le 5 décembre 184G, qui élève, en 1835, l'iiùlel de la Préfecture et l'église Saint- Michel; le trihunal de Loudéac est de ce même architecte.
La ville de Lorient, que sa situation appelait à devenir une ville maritime de premier ordre, vit s'élever, au commencement du xixc siècle, un assez grand nombre d'édifices importants. L'architecte qui eut la direction des travaux, à partir de 1808, s'appelait Pierre-Marie de Lussault et était né à Paris le 11 février 1785; d'abord employé comme dessinateur aux constructions navales du port, Lussault construisit, en 1808, la porte