CHAPITRE IV
où Barry a déployé toutes les richesses de l'ornementation. Celle de la Chambre des Communes est beaucoup plus modeste. A mentionner encore, comme œuvres de Barry, les deux fontaines qui ornent la place de Trafalgar, les écuries de lord Strafford, la galerie nationale de Bridgewater, l'église Saint- Paul à Derby. Barry, mort à Londres le 14 mai 1860, eut l'honneur d'être inhumé dans la nef de l'abbaye de Westminster.
Le nouveau palais du Parlement n'était pas achevé au moment de la mort de Charles Barry et l'honneur de l'inauguration revint à son troisième fils, Edward Midleton, né le 7 juin 1830, à Londres, où il mourut le 27 juillet 1880. Outre sa collaboration à ce grand édifice, Edward concourut, en 1864, à l'agrandissement de l'hôpital de Londres et ajouta une nouvelle salle au Musée national de peinture de Trafalgar square [National Gallery) dont la façade se compose d'un portique flanqué de pavillons, derrière lequel on aperçoit une sorle de dôme en plomb d'un effet assez disgracieux. Nous devons également rappeler les travaux qu'il exécuta au château de Trentham, résidence du duc de Sutherland, et au collège God's Gifl, à Dulwich (comté de Surrey), dont la première pierre fut posée le 26 juin 1866. Mais son œuvre principale fut la reconstruction, en 1857, du théâtre de Covent-Garden de Smirke, incendié en 1856. La nouvelle salle a les mêmes dimensions que la Scala de Milan ; à la façade large de 38 mètres est accolé un portique dont le rez-de-chaussée en bossage permet l'approche des voitures jusqu'au vestibule du théâtre; ce portique, qui règne à la hauteur du premier étage, est supporté par des colonnes de 20 mètres de hauteur et est orné de statues et de bas-reliefs de Flaxman, heureusement sauvés lors de l'incendie. Les escaliers et les dégagements sont très spacieux et la salle peut contenir deux mille personnes.
Le premier théâtre de Drury-Lane, ouvert en 1794 par Sheridan, était l'œuvre d'un architecte nommé Henry Holland, qui n'a rien de commun, d'ailleurs, avec l'homme d'État anglais de ce nom. Né vers 1746, Holland s'était déjà fait connaître, de 1788 à 1790, par des additions au château de Carlton-House appartenant au prince de Galles, additions qui consistaient principalement dans un portique d'ordre corinthien destiné à servir de passage aux carrosses. On voit que c'était un classique. Il res-
laura aussi dans le même style, en 1794, le théâtre de Covenl- Garden, brûlé depuis, en 1808 et, vers 1803, il Fut l'architecte du pavillon de Brighton, altéré depuis par Nash. Comme architecte de constructions particulières, Dallaway lui reproche d'avoir adopté un style trop fleuri (ioo florid a style for street architecture). Que dirait le critique anglais des maisons belges et allemandes élevées de notre temps, en bordure des voies publiques, à Berlin, à Vienne et àBruxelles? Le dernier ouvrage de Holland fut la salle d'assemblée devenue l'« Athénée » à Glascow, terminée en 1 807. Longtemps architecte de la Compagnie des Indes orientales, fonctions dans lesquelles il avait succédé à Cockerell, il mourut le 17 juin 1806.
En 1810, une société par actions se forma dans le but de réédifier le théâtre de Drury-Lane détruit de fond en comble par un incendie, le 24 février 1809.
Benjamin-Dean Wyatt, fils et élève de James Wyatt dont nous avons parlé dans le volume précédent, né en 1 775 et désigné comme l'architecte du nouvel édifice, prélendit prendre pour modèle le plan du Grand-Théâtre à Bordeaux. La nouvelle salle, commencée en 1810, fut ouverte au public en octobre 1812; mais des modifications importantes y furent exécutées, de 1822 à 1823, sur les dessins de Samuel Bcazley dont nous parlons ci-après. Aujourd'hui le théâtre de Drury-Lane est un vaste parallélogramme de 131 pieds anglais sur 93, auquel on a trouvé bon d'accoler un misérable porche à toit plat, surmonté d'une statue de Shakespeare. La façade présente d'ailleurs trois larges fenêtres en plein cintre avec deux avant-corps presque sans saillie, à chaque extrémité. Au premier étage, ils sont percés d'une large baie, en plein cintre également , au-dessus d'une sorte de niche sans profondeur et sans décoration. La façade sur Yinegar-Yards ou Woburn- Courf, correspond dans son ensemble à l'architecture du côté de la façade principale que nous venons d'esquisser, mais on y a annexé le nouveau foyer des acteurs, les écuries, etc., etc. C'est de ce côté que se trouvent les entrées du parterre et des galeries supérieures. Le ton général de la salle est fauve, tous les ornements sont dorés et, dans quelques parties, rehaussés de rouge. Du reste, comme dans le théâtre de Covent-Garden, les plus grandes précautions ont été prises contre l'incendie.
Les autres travaux de Benjamin Wyatt sont le palais du duc