CHAPITRE V
en 1850, il construisit la belle église gothique de Sainte-Marie à Tournau; de 1853 à 1855,1e magnifique château deBlatna et le caveau funéraire des chevaliers de Eirnitz à Politschau ; en 1856-1857, il éleva la façade méridionale de l'hôtel de ville de Prague et le château de Gross-Skal ; il donna les plans du château de Worlick et de Sichrow, ainsi que ceux des piliers du pont de fer à Teschen. Dans ses dernières années, il dirigeait la restauration du dôme de Kuttemberg et l'érection du socle gigantesque destiné au monument du maréchal Radetzky à Prague. Grueber connaissait mieux que personne l'architecture de la Bohême et publia toutes ses leçons sur cette architecture de 1856 à 1871 ; il a laissé également une étude sur l'architecture bavaroise pendant les xme et xive siècles (Munich, 1836).
A ces noms nous n'ajouterons que ceux de Christian Stadler, architecte, en 1807, de l'hôtel de ville de Gratz, de Joseph Hild, qui étudia l'architecture à Rome et construisit, de 1832 à 1837, la cathédrale d'Erlau en style gréco-romain, et de Mathias Bernatz, frère de Martin, peintre à Vienne, né en 1800, élève de l'École polytechnique de Vienne et auteur d'une caserne à Spire. Architecte du roi, il était, à l'époque de sa mort qui nous est inconnue, inspecteur royal à Deggendorf.
Avant d'aborder l'histoire des architectes bavarois, nos con~ temporains, qu'on nous permette de revenir sur la biographie des Quaglio, famille d'artistes italiens émigrés à Munich à la fin du siècle précédent et qui ont laissé en Allemagne des œuvres nombreuses dont quelques-unes ne sont pas sans mérite. Nous avons dit que Lorenz était l'auteur de l'hôtel de ville de Laningen, du théâtre et de la salle de la Redoute de Manheim et de l'ancien théâtre de Francfort. Son fils Giovanni Maria, quoique qualifié d'architecte par Nagler, n'est guère connu que comme peintre de décors au théâtre de Munich, fonction dans laquelle il succéda, en 1793, à Antonio Pluchetti. Du reste, né à Laino en 1762 et mort à Munich en 1813, il fut surtout professeur de constructions militaires, fit partie de l'Académie militaire de Munich et devint ingénieur supérieur du gouvernement bavarois, avec le grade de colonel de la garde nationale royale. Giuseppe Quaglio, fils de Domenico, peintre d'histoire, né également à Laino en 1747, fut d'abord élève de son oncle Lorenz. Son goût pour la décoration architecturale le fit entrer en qualité de peintre aux m. 10
théâtres de Manheim, puis ensuite de Francfort, Schwetzingen, Ludwisbourg, Spire et Munich où il termina les travaux de son frère, Giulio, architecte du théâtre de la Cour dans l'ancienne Reitschide. Les nombreux dessins de Giuseppe, à la gouache (et même à l'huile) dénotent une véritable imagination de l'artiste qui mourut à Munich en 1828.
Giulio, né aussi à Lainoen 1764, visita Milan, Venise, Gênes, etc., et fut appelé pour remplir les fonctions d'architecte de la Cour, à Manheim, en 1789; il exerça les mêmes fonctionsà Munich lorsque Lorenz eut donné sa démission et continua ses travaux (inconnus) jusqu'à la date de sa mort arrivée en 1801.
Contemporain des Quaglio était Derigoyen, dont nous ne connaissons que le nom, qui érige, en 1811, devant le jardin botanique de Munich, une sorte de propylée, à l'imitation de celui de Nobili.
L'église prolestante de la capitale de la Bavière fut bâtie sur la place Karlslhor, de 1827 à 1832 et eut pour architecte un artiste de Buchron, Johann Népomuck Pertsch, né en 1780, qui visita l'Allemagne et l'Italie (notamment Venise), où il fut l'architecte de plusieurs villas. A son retour, passant par Trieste, il y donna les plans d'une église grecque qui fut alors très remarquée. Conseiller supérieur de la section d'architecture, il fut également, de 1820 à 1825, l'architecte de la prison située dans un des quartiers de celle ville, édifice où se reconnaissent les fortes éludes faites par Pertsch en Italie et à Augsbourg, l'architecte de la Bourse commencée en 1829, puis mourut en 1835.
Un Français, Jean Métivier, né à Bennes en 1781, est appelé en 1811 à Munich, où il reçoit Tordre de construire les bains de Hoinbourg dont le Kursaal passa, à ce moment, pour le plus beau de toute l'Allemagne. Métivier avait fait ses études à Paris el toutes les constructions qu'il éleva à Munich portent naturellement l'empreinte de l'enseignement classique qu'il y avait reçu. Ce sont : la synagogue, près la porte del'Isaar (1824-1 826), l'hôtel du ministère d'État, l'hôtel du ministère de la guerre et celui du baron de Bayersdorf ; la décoration du palais du prince Charles et de l'église protestante élevée par Pertsch à Ratisbonne; il exécuta, pour le prince de Thurn et Taxis, de 1828 à 1831, des écuries et un manège; enfin, il dirigea l'érection du monument du roi Maximilien à Munich. Membre de la commis-