‹ Les architectes par leurs œuvres (volume 2)Chapitre 79 sur 276 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

25 août 1839 ; mais la mort de l'architecte arrivée quelques mois avant ne lui permit pas d'assister à cette consécration de son œuvre qui fut achevée par Ziebland, dont nous allons parler. C'est certainement le pasliche le mieux réussi que possède la Bavière des églises ogivales du moyen âge: long de 70 mèlres, large de 24 mèlres avec 28m,50 de hauteur, l'édifice, construit moitié en briques, moitié en pierres, possède trois nefs et à la croisée du transept s'élève une tour de 84 mètres de hauteur terminée par une pyramide à jour octogonale. Ohlmiïller trouva le temps d'élever à Oberwillelsbach le « Monument national » de la Bavière et de publier un recueil de monuments funèbres (1824-1839).

Georges Friedrich Ziebland, né à Ratisbonne le 7 février 1800, élève de Quaglio, de Fischer et de Gartner, étudia spécialement, en 1827, les basiliques de Rome et de Ravenne. Aussi, à son retour à Munich, ce fut lui qu'on chargea de la construction de la « Basilica » (1835 à 1850), et de la chapelle Ribing, ainsi, que du bâtiment des perceptions et du cadastre, réminiscence des constructions romanes. La Basilica, édifice à cinq nefs, de 37 mètres de largeur, a été construite en briques, sur les modèles des basiliques romaines, de 1825 au 24 novembre 1850. La façade se compose d'un péristyle ouvert formé de neuf arcades supportées par huit colonnes de calcaireblanc. Celles de la nef, au nombre de 64, sont monolithes et de marbre gris de 7m,50 de hauteur. La grande nef n'est pas voûtée et laisse voir la charpente sculptée et dorée d'un effet saisissant. Ziebland termina, avant sa mort arrivée le 24 juillet 1873, à Munich, le château de Hohenschwangan, sur les plans de von Riedel.

L'avènement au trône de Bavière du roi Louis, passionné pour les beaux-arts, marqua pour les artistes et notamment pour les architectes, le commencement d'une ère de prospérité qui ne s'acheva qu'à l'abdication de ce souverain, c'est-à-dire en 1848. Le plus fécond de la pléiade d'artistes qui surgit en Bavière, pendant cette trop courte période, fut assurément Léo von Klenze. Né près Hildesheim, le 22 février 1784 et entré, dès l'âge de seize ans, à l'Académie d'architecture de Berlin, il en sortit à dix-neuf pour visiter les monuments de l'Angleterre, de l'Italie et de la France où il travailla, en 1803, dans les ateliers de Percier et de Durand. Étant à Gênes, il trouva un protecteur dans le propriétaire d'un palais dont il avait fait la restauration

el qui était devenu l'intendant général de Jérôme, roi de Westphalie. Klenze fut nommé (1808) directeur des bâtiments royaux à Cassel et conserva ces fonctions de 1808 à 1813. En 1815, il devenait architecte de la cour de Bavière : aussitôt arrivé à Munich il commençait, en 181 0, la « Glyptotlicca » dont nous allons dire quelques mots ; puis, en 1819, il élevait dans le style italien (moderne), le palais du duc de Lcuchtenberg, à la suite duquel travail on le nommait directeur de tous les bâtiments royaux en Bavière. L'érection de l'Odéon el de la porte du Hofgarten (jardin de la Cour) l'occupa jusqu'en 1822, époque à laquelle il construisit les écuries royales. En 1823, il rédifiait, mais d'après le projet de Fischer, le théâtre de la Cour détruit peu avant par un incendie ; en 1824, il bâtissait le palais du ministère de la guerre et le théâtre analomique ; puis en 1820 l'aile méridionale de la résidence, le nouveau Kœnigsbati dont la façade, selon le vœu du roi, rappela celle du palais Pitti h Florence.

« Lorsque le roi Louis chargea Klenze de lui construire un nouveau palais, il lui déclara qu'il lui interdisait expressément de se servir, pour l'orner, de rideaux, de (apis, de tentures, de draperies, ni de tout autre objet d'ameublement cl, ne faisant grâce qu'aux meubles les plus indispensables, il ne mit à la disposition de l'architecte que les marbres ou les stucs, les peintures ou les sculptures. Von Klenze a résolu avec talent le problème difficile qui lui était posé. Mais ce palais, tout rempli d'objets d'art, ne ressemble pas à une demeure humaine; comme l'a dit avec raison l'auteur de Y Art en Allemagne, l'art y a étouffé la vie. »

Cette môme année 1820, l'architecte commençait la « Pinacotheca » qu'il termina en 1838, ainsi que le palais du duc Maximilieu; l'église de la Cour (Allerkeiligen-Hofkirche) dans le style byzantin du xvi" siècle, mais sans coupole. Enfin, le 31 octobre 1830, fut posée la première pierre d'un temple dédié à toutes les gloires de la patrie allemande, la « YValhalla », située à trois milles de Batisbonne. Cet édifice inauguré en 1842 « doit être rangé, dit M. de Fortoul, parmi les plus remarquables, élevés en Europe dans ces derniers temps ». A l'extérieur, cette acropole des morts rappelle l'ordonnance el le style du Parthénon; au dedans, c'est une réminiscence du temple d'Agrigenle consacré à Jupiter Olympien. Dans le même temps, Klenze construisit la salle des fêtes à la résidence royale de Munich,

N. REVETT

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