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CHAPITRE V

en 1833, il érigea l'obélisque de bronze élevé à la mémoire des Bavarois morts en Russie pendant la campagne de 1812 et, de 1835 à 1836, les bâtiments de la Poste. Il consacra dix ans, de 1843 à 1853, à la Halle de la gloire (Buhmeshalle), portique de colonnes doriques en marbre formant trois côtés d'un carré, au milieu duquel s'élève la statue colossale de la Bavière, de Schwanthaler. Des consoles, placées contre le mur de fond de ce portique, supportent les bustes en marbre de tous les Bavarois qui se sont distingués à des titres divers. Malheureusement, il manque, comme fond, le ciel bleu et les montagnes de la Grèce à cet édifice de pur style grec surmonté d'un acrotère léger comme une dentelle.

Le musée de sculpture de Munich (Glyplotheca) éclairé uniquement par le toit, n'a de remarquable que son péristyle d'ordre ionique avec fronton ; le musée de peinture {Pinacotheca), qui contient aussi d'autres collections, est un vaste bâtiment du style des palais romains, en forme de galerie terminée à chaque extrémité par deux ailes. Le monument sépulcral du duc de Leuchlenberg, le tombeau de la princesse Josepha-Maximiliana, le monument de Maximilien-Joseph, en face de la place Royale, l'entrepôt, dans le style des palais vénitiens, et le pont Louis sur l'Isaar sont aussi des œuvres de Klenze, alors comblé d'honneurs et de dignités. Et pourtant, froissé de voir Gartner choisi comme architecte des édifices qui allaient orner la nouvelle Athènes, Klenze n'hésita pas à quitter la Bavière pour se rendre en Russie (où il avait été appelé d'ailleurs pour terminer l'église Saint-Isaac). Il y élève un musée (1851), mais revient mourir dans sa patrie, à Munich, le 26 janvier 1864.

Klenze, malgré ses immenses travaux, trouva le temps de publier, de son vivant, plusieurs ouvrages sur l'architecture : Les plus beaux restes de l'ornementation grecque — Description de la Glyptothèque — Remarques aphoristiques recueillies dans un voyage en Grèce, etc.

On comprend, du reste, que l'architecte de tant d'œuvres exécutées presque toutes dans le même temps, dut avoir des collaborateurs: nous citerons parmi eux Haring (sans autre désignation) qui prit part à la construction du ministère de la guerre à Munich. Simon Mayr, né dans le ïyrol le 26 octobre 1779, mort à Munich le 20 octobre 1840, qui avait la direction technique des

travaux de Klenze, mais fut aussi l'architecte des bains de Kreutz et de l'hôpital de Kempten ; Franz Xavier Joseph Eichbeim, né

en 1806, à Nymphenbourg, près Munich. Ce dernier, élève de l'Académie de Munich, fut attaché à l'intendance des bâtiments de la cour, dès 1 824 ; c'est en cette qualité qu'il prit part à la reconstruction de la cour do la Pinacotheca, â la construction de la résidence royale et du palais du duc Maximilien de Bavière. Depuis 1829, inspecteur de la commission royale des bâtiments à Munich et professeur à l'Ecole d'architecture depuis 1839, Eichheim est peut-être encore vivant.

Autour de Munich, à Neustadt, Johann Michel Voit, né à Ausbach, le 13 décembre 1771, élève de l'Académie de Berlin, essaye d'échapper à la tyrannie du classique dans la construction (1841-1844) des églises de Wilgarlswiesen et de Elstein, ainsi que du petit hôtel de ville d'Annw eiler, et meurt à Augsbourg le 30 octobre 1846, laissant un fds architecte comme lui et que nous retrouverons dans la seconde période architecturale du xixe siècle.

Élève de l'Académie de Munich, Johann Gottfried Gutensohn séjourna en Italie de 1819 à 1827 et y publia avec Knapp l'ouvrage intitulé : Denkmàle der Christlichen Religion oderSammlung der àllesten Kirchen oder Basiliken (Rome, 1842) et, en collaboration avec Thûrmer, une collection de monuments et d'ornements des xvc et xvie siècles de Rome. A son retour en Allemagne, il construisit le Kursaal ou casino de Brucknau, un des plus riches d'Allemagne, et, en 1844, s'établit à Prague, où sans doute il est mort, à une date inconnue de nous.

Élèves aussi de l'Académie de Munich furent Schierlinger, Schmiedtner et Solger. Franz Schierlinger, né à Eibelstadt, en 1790, fil d'abord son droit à l'Université de Wurzbourg et ne tarda pas à laisser cette élude pour celle de l'architecture; mais nommé, en 1818, au grade d'ingénieur royal, par le roi de Bavière, il suivit la carrière des ponts et chaussées et ne nous est connu que comme architecte du château de plaisance de Schweinfurt. Léonhardt Schmiedtner, né en 1 802, élève de Fischer à Munich, se rendit, en 1822, en Russie et en Pologne où il obtint, de la protection du grand-duc, l'exécution de plusieurs travaux que nous ne connaissons pas. Plus tard, il bâtit à Weilheim, l'église de l'hôpital du Saint-Esprit. Schmiedtner passionné pour un

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