‹ Les architectes par leurs œuvres (volume 2)Chapitre 8 sur 276 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

plaire par le sculpteur Brideau. Mais, après les événements de 181 4, la forme du monument fut remise en question et Alavoine ne composa pas moins, pour remplacer son « Éléphant » , de dix-sept projets qui furent tous successivement approuvés et abandonnés, de façon qu'aucun d'eux n'avait été définitivement adopté lorsque éclala la révolution de 1830. Ces travaux préparatoires valurent d'ailleurs à Alavoine, en 182o, la croix de la Légion d'honneur. Le gouvernement de Louis-Philippe voulant honorer les morts de Juillet par l'érection d'une colonne commémorative, ce fut l'emplacement de la fontaine « à l'Éléphant » qu'on lui donna et Alavoine qu'on chargea du projet ; mais la colonne s'élevait à peine au-dessus des fondations lorsque son auteur vint à mourir, le 14 novembre 183i, laissant à Duc le soin de l'achever.

On doit à Alavoine les piédestaux du Lion de Saint-Marc, du pont de la Concorde, depuis disparus et celui de la place des Victoires sur lequel se trouve la statue de Louis XIV, ainsi que les bains Montesquieu qu'il serait difficile de reconnaître dans ce qui en reste aujourd'hui. Alavoine, qui fut l'un des précurseurs de nos architectes modernes dans l'emploi de la fonte et du fer, n'hésita pas à donner libre carrière à ses désirs d'innovation, en matière de construction, lorsqu'il fut chargé de la reconstruction des flèches de la cathédrale de Séez et de la cathédrale de Rouen. Laissant à d'autres le soin d'apprécier la valeur des tentatives d'Alavoine, nous allons passer en revue les édifices religieux élevés, tant à Paris que dans les départements, d'après les principes enseignés par l'école de Peyre, pendant la première période du xix° siècle.

L'architecte de Saint-Yincent-de-Paul fut Jean-Baptiste Le Père, né à Paris le 1er décembre 1701 . Poussé par une véritable vocation, Le Père partait à l'Age de vingt-six ans pour Saint-Domingue, où il exécuta quelques travaux pour les colons de cette île. En 179G, dans le but de continuer les éludes artistiques qu'il avait commencées, il visita l'Asie Mineure et la Turquie et revint à Paris au moment même où l'on créait la Commission d'Egypte. Son passé lui permit d'être nommé immédiatement membre de Celle commission, qui le chargea de relever les limites de l'ancien canal de Suez et de dresser un projet pour le rétablissement de ce canal. Le mémoire rédigé à cette occasion

par Le Père ne fixait qu'à dix-sepl millions le chiffre des travaux à exécuter pour rendre possible la navigation dans toute l'étendue de l'ancien canal. Il est inutile d'ajouter que les événements ne permirent pas de donner suite au projet de la commission. Le Père, revenu en France, fut nommé architecte delà Malmaison et ensuite fut chargé, avec Gondouin, d'élever au centre de la place Vendôme une colonne à la gloire de Napoléon et de la Grande Armée, celle que nous connaissons. Ce travail terminé en 1805, alors que Le Père était architecte du château de Saint-Cloud depuis quelques années déjà, l'empereur lui demanda le projet d'un obélisque en granit de France à élever sur le terre-plein du Pont- Neuf. Le Père se mit au travail et il avait déjà établi les fondalions du piédestal sur lequel repose aujourd'hui la statue équestre de Henri IV, lorsque arrivèrent le désastre de Waterloo el la Restauration.

Le Père semble être resté l'architecte du château de Fontainebleau jusqu'en 1830, ce qui ne l'empêcha pas, en 182i, de poser la première pierre de l'église Saint-Vincent-de-Paul, qui est son œuvre principale. Malheureusement, le créateur n'en vit pas l'achèvement et mourut le 16 juillet 1844, laissant pour successeur et exécuteur fidèle de son plan, Hitlorff, son gendre, dont nous allons parler.

Notre-Dame-de-Lorette eut pour architecte un élève de Vaudoyer et de Percier, Louis-Hippolyte Lebas, né à Paris le 31 mars 1 782. Second prix de Home en 1 80G, il passa plusieursannéesen Italie, qu'il quitta définitivement en 1811. Chargé d'abord de L'inspection des travaux de la Bourse et de la Chapelle expiatoire, el auteur de plusieurs projets parmi lesquels nous citerons celui d'un des grands cimetières que le préfet de la Seine voulait établir autour de Paris, d'une fontaine à élever sur la place de la Bourse (1819) el d'un monument (exécuté) à la mémoire de La moignon et de Malesherhes dans la salle des Pas-Perdus au Palais de Justice, Lebas avait remporté un grand nombre de succès académiques lorsqu'il fut chargé, en 1 82 i , d'élever, dans le style de Sainte-Marie-Majeure de Borne, l'église Notre-Damede-Lorelle qu'il eut le bonheur d'achever. On lui confia ensuite la construction de la prison des Jeunes Détenus, rue de la Hoquette (1820), la restauration de la salle des séances de l'Académie de médecine (1832), l'installation des salles de séances de l'Acadé-

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