CHAPITRE I
main à la construction de la halle au Vieux-Linge de Molinos, mais étaitplus connu comme architecte des villas élevées à la fin de l'Empire.
Deux membres de l'Institut d'Egypte, architectes, mais connus surtout par leurs remarquables travaux archéologiques, appartiennent aussi à la période impériale : Jean- Constantin Protain, né à Paris le 6 janvier 1769, élève de Chalgrin et second grand prix en 1793, parcourut l'Italie, la Grèce, la Turquie ; attaché à son retour en France, en 1.794, à l'École des mines, en qualité de professeur, il était nommé en 1798 membre de la Commission des arts instituée lors de l'expédition d'Egypte et fut chargé de la mise en état de défense d'Alexandrie. De 1799 jusqu'à l'assassinat de Kléber (14 juin 1800), architecte comme lui et son ami, aux côtés duquel il fut dangereusement blessé, Protain recueillit un nombre considérable de documents relatifs aux monuments et aux costumes de l'ancienne Egypte. A son retour en France, Protain mit en ordre tous ces documents, consignés dans l'ouvrage sur ce pays publié par ordre du gouvernement français. Pendant quelques années, à partir de 1806, il dirigea l'atelier des décorations de l'Académie de musique duquel sont sortis les décors de la Vestale, des Bardes, de Don Juan, etc. Contrôleur des bâtiments de Versailles, Prolain mourut à Paris le 24 décembre 1837, laissant le projet du monument à élever à Strasbourg à la mémoire de Kléber, et celui d'un édifice destiné à l'exposition de l'Industrie sur la place de la Concorde, dont le centre était marqué par l'obélisque de Louqsor qui y fut érigé, en effet, à celle même place quelques années plus lard.
Un autre architecte, Charles Norry, né à Bercy en 1 756, élève de Rossel et Douilly, admis au nombre des savants qui suivaient l'armée française en Egypte, publia à son retour en France, en (1799) : Relation de V expédition d'Egypte suivie de la description de plusieurs monuments de cette contrée. On a aussi de lui le plan d'un lazaret projeté à Alexandrie sur l'emplacement appelé le Cap des Figuiers et qui n'a pas été exécuté. Norry, après avoir fait une partie des dessins du grand ouvrage sur l'Egypte, mourut à Paris, le 16 novembre 1832, chevalier de la Légion d'honneur et de Saint-Louis, membre de l'Institut d'Egypte, inspecteur général du Conseil des bâtiments civils.
Au moment où les architectes français delà période du premier
empire essayèrent d'ouvrir à l'architecture une voie nouvelle, les traditions du xviiï" siècle avaient à peu près complètement disparu, et il faut bien dire que pas un des essais de ces véritables arlistes n'atteignit la perfection des œuvres créées par les artistes de la Renaissance. La forme extérieure des édifices qu'ils élevèrent ne s'éloigna guère d'ailleurs, nous l'avons dit, de celle adoptée par l'école de Peyre, et nous constaterons encore dans ceux construits pendant ta Restauration une certaine absence d'expression et de mouvement. Comme à la Madeleine et à l'Odéon, on chercherait vainement à la liourse, à la Cour des comptes, à Saint- Vincent-de-Pauï, L'effet pittoresque et L'expression; ni l'une ni l'autre n'exista dans l'imagination des créateurs, pas plus que dans leurs créations, et cet « encaissement des édifices », suivant l'expression pittoresque de M. Itivoalen, persistera même jusqu'à l'avènement du second Empire. .Mais ce qu'on ne peut nier, c'est qu'à L'abri de cette enveloppe chrysalidale pour ainsi dire, s'est opéré, par l'élude soutenue du plan, le travail de transformation intérieure qui a marqué, d'une façon incontestable, le progrès de l'architecture contemporaine.
Un artiste de la Restauration a tenté cependant de sortir du cadre tracé par ses devanciers du premier Empire, Alavoine, l'architecte du monument connu sous le nom de a L'Eléphant de la Bastille ». Ce fut par suite de la nominal ion de Célerier comme architecte de l'église abbatiale de Saint-Denis, que Jean-Antoine Alavoine fut appelé à diriger L'érection de cette fontaine, donl le projet avait été approuvé en 1810. Né en 1 770, élève de Faivre et Thibault, très mathématicien, Alavoine avait donc à ce moment trente-cinq ans; mais au lieu de suivre le plan de Célerier, le nouvel architecte conçut le projet étrange exposé au Salon de 1814 et qui consistait en une vasque circulaire en marbre formant socle sur lequel reposait la grille d'enceinte du monument. Dans cette vasque s'élevait un éléphant colossal portant une tour de 20 mètres de hauteur. L'éléphant et la tour devaient être en bronze et enrichis d'ornements. A celte même date, Alavoine avait fait exécuter la voûte audessus du canal, les caveaux cl en général toutes les substructions qui devaient recevoir la vasque, ainsi que le modèle de l'éléphant, grandeur d'exécution, construit en charpente et en