‹ Les architectes par leurs œuvres (volume 2)Chapitre 82 sur 276 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

vrage sur l' Architecture antique de la Sicile. 11 bâtit, en 1834, pour le baron Palotsay, en Hongrie, un village avec château et église; puis, en 1839, le théâtre de Canstadt; puis, chargé par le roi Guillaume de Wurtemberg de lui construire une villa près de Stuttgart, il fit sans cloute appel aux souvenirs de son voyage en Sicile, lorsqu'il construisit le palais de la « Wilhelma», n'admettant dans sa construction que les formes de l'architecture mauresque, mais en les appropriant toutefois à un climat bien différent de celui où se trouvaient ses modèles.

De 1839 h 1840, c'est M. Jorg Eberlein, élève de Heideloft, né le 13 avril 1809, à Leinden en Franconie, qui est chargé de la décoration intérieure de l'église collégiale de Stuttgart. De 1840 à 1842, il travaille à la forteresse de Cobourg et, de 1842 à 1844, au château de Lichtenstein. Après avoir collaboré à la construction du château de Hohenzollern, avec Stuler, M. Eberlein restaura le dôme d'Erfurt, le cloître d'Aschafïenbourg, puis il bâtit Saint-Emeran et deux églises protestantes à Nuremberg, où il est professeur d'architecture gothique.

Avant d'être professeur à l'École polytechnique de Stuttgart, Gustave Adolphe Breymann, né en 1807, à Blankenbourg et élève de l'Académie de Berlin, avait construit des gares de chemins de fer sur la ligne de Tsarkœ-Sélo à Saint-Pétersbourg. Il fut ensuite l'architecte de l'hôtel des postes à Hambourg et de la synagogue h Stuttgart, où il est mort en 1859, laissant un ouvrage assez apprécié sur les constructions. Quant à J. G. Zeller, aussi architecte de Stuttgart, il n'est connu que par les palais et villas qu'il construisit dans cette ville ou dans ses environs et par l'ouvrage qu'il publia en 1846 sous le titre '.Monuments particuliers de Stuttgart; aussi ignorons-nous les dates de sa naissance et de sa mort.

Le lecteur n'a point oublié les noms de Chiaveri, de Krubsacius, de Giesel, etc., qui couvrirent Dresde d'édifices pendant que s'écoulait le xviii0 siècle ; il ne sera donc pas étonné de la rareté des œuvres architecturales et des artistes saxons, pendant les cinquante premières années du siècle suivant. Du reste, les crises politiques qui agitèrent le royaume de Saxe, de 1806 à 1815, puis encore en 1830, auraient suffi pour y arrêter l'essor artistique constaté pendant le siècle précédent. Aussi faut-il attendre la période de calme qui suivit la révolution de 1830,

pour rencontrer quelque œuvre architecturale susceptible d'une mention telle que, par exemple, la terrasse de Bruhl, à Dresde, ainsi que l'escalier monumental qui y conduit, dont l'auteur fut Gottlob Friedrich Thormeyer, élève de Hôlzer, né à Dresde en 1775, mort en 1 842 , après avoir construit les bains de Tharand et de Radeberg.

Gottefried Semper, qui appartient plutôt par ses œuvres à la deuxième moitié de notre siècle, entreprit de populariser l'emploi de la polychromie en architecture. Né à Hambourg le 29 novembre 1803, il étudia dans sa ville natale et à Altona; puis suivit les cours de mathématiques à l'université de Gœttingue. Voulant se livrer à l'architecture, il entra dans un atelier à Vienne, puis à Paris où il resta pendant trois années, après lesquelles il visita successivement l'Italie, la Sicile et la Grèce. De retour à Dresde, il y fut nommé, en 1834, professeur à l'Académie et chargé de la décoration du cabinet des antiques au musée royal, trouvant là une occasion excellente d'appliquer ses procédés de polychromie. De 1837 à 1838, il fut l'architecte de la nouvelle synagogue et de l'hôpital des femmes, à Dresde ; dans la construction du premier de ces édifices, il n'hésita pas à faire emploi d'un style mélangé de byzantin et de mauresque qui a été imité depuis par la plupart des architectes de synagogues. En 1843, après l'incendie de Hambourg, il concourut pour la construction delà nouvelle église Saint-Nicolas; mais, quoique il eut obtenu le premier prix à ce concours, ce fut à l'architecte anglais Scott que l'on confia l'exécution de l'œuvre et Semper se vengea de ce jugement en défendant son projet dans un opuscule intitulé : De la construction des églises cvangéliques, qui dénote chez l'écrivain une instruction réelle alliée à une grande élévation de sentiments. D'un esprit fort libéral, d'ailleurs, Semper ayant pris part à l'insurrection de Dresde (1848), dut s'exiler après la défaite de son parti. Il se rendit en Angleterre, puis passa, en 1856, à Zurich, où il fut nommé professeurde construction à l'École polytechnique fédérale ; mais rappelé à Dresde en 1869, pour reconstruire le théâtre dévoré cette même année par un incendie, il appliqua à cette construction terminée en 1877, les formes de la Renaissance. Enfin, à Vienne, où il résidait depuis 1871, il fit un plan grandiose, pour l'agrandissement du Palais impérial comprenant les deux Musées de la

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