CHAPITRE V
Le style gothique presque dominant dans celte contrée pour l'architecture en général n'est guère en usage dans le reste de l'Allemagne que pour les édifices religieux, mais là, dans ce domaine, il règne en souverain incontestable.
Dans le Hanovre, nous commencerons la série des architectes des premières années du siècle par Jorg Ludwig Laves, né à Uslau le 18 décembre 1789, mort à Hanovre le 30 avril 1864. Élève des écoles de Cassel et de Gœltingue, il est l'auteur du portail du château de Hanovre, de style corinthien, et celui du théâlre, édifice sans grande valeur, construit de 1845 à 1852. Il a refait aussi l'intérieur du palais de la Résidence et on lui doit le Monument de Waterloo, colonne de bronze de 54 mètres, surmontée de la statue de la Victoire, élevée à la mémoire de 800 Hanovriens tués dans cette bataille.
Vient ensuite Ernest Ebeling, né à Hanovre en 1804, élève de Wiltig et de Weinbrenner, à Carlsruhe. Après avoir étudié en Italie, Ebeling rentra, en 1829, dans sa ville natale où il déploya une grande activité comme professeur et architecte. C'est lui qui s'efforça d'acclimater dans son pays l'architecture des palais florentins et, plus tard, le style gothique anglais. Hanovre lui doit l'école polytechnique dans le slyle du palais Ricciardi à Florence, l'arsenal, l'école des Cadets, le parlement provincial et plusieurs constructions privées.
Les dépendances de l'Université de Gœttingue, l'Observatoire, les serres chaudes du jardin botanique, le manège, deux nouvelles salles de la Bibliothèque, l'école vétérinaire et une église sont aussi de celte époque et eurent pour architecte Justin Mùller, né en 1783, mort en 1824 (sans autres renseignements) .
On construisit assez activement sur les bords du Rhin, grâce à la présence, dans cette contrée, de l'artiste dont le principal mérite fut de fonder, à Carlsruhe, une école de laquelle sont sortis plusieurs architectes de valeur : Huebsch, Moller, Eisenlohr, etc.; Friedrich Weinbrenner, né dans cette ville le 9 novembre 1766, mais qui étudia l'architeclure à Rome. Nous le trouvons, en 1797, à Strasbourg, architecte des monuments élevés aux généraux Desaix et Beaupuis ; de là, il se rend à Carlsruhe où il est nommé bientôt directeur général des édifices publics et chargé, en cette qualité, de la construction de la plus grande partie
de ceux qu'on y voit maintenant, à l'exception de l'ancien théâtre détruit par un incendie en 1847. Ce sont : l'église catholique, l'église prolestante avec son péristyle de douze colonnes corinthiennes, l'hôtel de ville, le palais des Chambres, la synagogue, le palais de la Chancellerie, le laboratoire, deux des entrées de la ville, le palais de la Margrave de Hochberg et celui de la princesse Frédéric, la grande orangerie, la fontaine publique. A Baden-Baden, Weinbrenner fut l'architecte du casino, du théâtre, du Salon de conversation et de la Halle des antiquités; à Kehl, de la caserne et de la porte du Rhin; à Leipsig, du théâtre; à Scherzheim, de l'église. Il construisit aussi des maisons de campagne à Mainau, près de Strasbourg, ainsi qu'àCatharinenthalet à Reilterbeck, à côlé de Carlsruhe, les bains de Hub, de Langensteinbach et de Sergertheim. Weinbrenner mourut à Carlsruhe le 1er mars 1826 après être resté classique pendant toute sa vie consacrée à combatlre la transformation de l'archileclure allemande.
Le premier élève de Weinbrenner, Heinrich Huebsch, né à Weinsheim le 9 février 1795, et élevé, par conséquent, dans le culte de l'architecture classique, se prit, au sortir de l'école, d'une passion subile pour les idées de la Renaissance. Cependant, deux voyages qu'il fit en Italie, de 1817 à 1819 d'abord et ensuite de 1822 à 1824, refroidirent son enthousiasme et, en 1824, lorsqu'il fut nommé professeur à l'institut Staedlel (de Francfort-sur-le-Mein), son retour aux principes classiques était définitif. Mais il varia encore dans ses tendances et emprunla au style roman l'archileclure delà plupart de ses œuvres. C'est en effet dans une sorte de roman qu'il a habillé à Carlsruhe le ministère des finances et l'école des filles (1828-1830), l'école polytechnique (1832-1836), le musée (1837-1845), le théâtre de la Cour (1847-1853), les haras et le pénitencier (Zitchthaits) bâti d'après le système cellulaire (1845), les édifices du jardin des plantes, la douane elle port àMannhein; à Baden-Baden, le pavillon des sources [Trinkkalk) , les églises de Zaisenhausen, d'Epfenbach, de Slagen, de Mulhausen près Pforzheim, de Bulach près Carlsruhe (1837), de Roltweil, de Bauschlott, de Waitzen, de Durrheim. On attribue à Huebsch (1828 à 1838) la reconstruction (avec les matériaux de l'ancienne église de Thennenbach) de l'église proleslanle de Freiburg. On doit également