CHAPITRE V
tenir compte à Huebsch d'une magnifique restauration de la façade de la cathédrale de Spire qu'il exécuta peu avant sa mort arrivée à Carlsruhe le 3 avril 1863.
Élève aussi de Weinbrenner, Friedrich Theodor Fischer, né le 8 septembre 1803, à Carlsruhe, crut devoir compléter ses éludes dans les ateliers de Huot et de Gau, à Paris. Sa ville natale lui doit l'agrandissement de l'école polytechnique et le lycée; à Fribourg, il éleva l'école de médecine, l'amphithéâtre d'anatomie et la clinique de la Maternité ; l'hôtel de ville de Tauberbischofsheim, plus de trente églises catholiques ou prolestantes, ainsi que des hôpitaux dans le grand-duché de Bade. Fischer est mort en décembre 1867.
Quoiqu'il n'ait pas laissé à proprement parler d'œuvre architecturale importante, Jacob Friedrich Eisenlohr, né à Lôrrach, dans le grand-duché de Bade, le 23 novembre 1805, mort à Carlsruhe le 27 février 1854, fut considéré en son temps comme un artiste de valeur. Nommé, en 1823, professeur à l'école polytechnique de Carlsruhe, il fut chargé de la construction des gares et stations qui dépendent du chemin de fer badois, particulièrement sur la rive droite, de Mannheim à Bâle. Nos voisins ont baptisé le style de ces bâtiments, mélange de byzantin, de gothique et de romain, du nom de style néogermanique, quoique l'on n'y puisse trouver rien d'allemand. Eisenlohr a publié divers ouvrages: « les Monuments du moyen âge dans le sud-ouest de l'Allemagne; — l'Architecture de bois dans la Forêt-Noire », et a laissé de nombreux projets.
Nommons encore Johann Zaïs, architecte de Wurtemberg, inspecteur des constructions en 1815, auteur du Kursaal de Wiesbaden, mort en 1820, et continuons notre visite des bords du Bhin, en citant le nom de Craemer, inspecteur des travaux publics, chargé en 1844 de la restauration de l'église d'Aix-la- Chapelle. Architecte du nouveau théâlre de celte ville qu'il commença en 1822 et termina en 1824, en le faisant précéder d'un portail ionique octostyle, il fut aussi celui de la fontaine Élise, élevée avec la collaboration de Rœssler (I).
(1) Ici se plaçait la biographie de J. -Claude de Lassaux, ou Lassaulx, architecte de Coblentz, que nous avons fait figurer par erreur dans le volume précédent. Né en 1781, de Lassaux n'est mort qu'en 1848 et ses œuvres datent de notre siècle.
m LES ARCHITECTES PAR LEURS OEUVRES.
Né en 1788, Friedrich Adolph Ahlert appartenait au corps des ingénieurs des ponts et chaussées de Prusse, lorsqu'en 1821, il fut chargé, avec le tilre d'inspecteur royal d'architecture, de faire les recherches nécessaires pour commencerla restauration, devenue indispensable, de la cathédrale de Cologne. On sait qu'en effet, convertie en magasins à fourrages par les armées victorieuses de la République française, puis réduite par l'Empire à l'état d'église paroissiale, la cathédrale de Cologne, sans enlretien depuis plusieurs années, commençait à passer à l'état de ruine. Ahlert succédait à l'architecte Schinkel et se trouvait placé sous la direction supérieure du conseiller intime Frank. Dès l'année suivanle (1822), et grâce au subside de 200,000 francs intelligemment mis à la disposiliou d'Ahlert, la toiture, les voûtes des basses-nefs, les fenêtres, les murs du transept méridional, furent repris et complèlement restaurés par lui, de 1824 à 1829. Mais il y avait lieu de reconstruire en entier les contreforts qui soutiennent la voûte du chœur, et, en 1833, au moment de sa mort, l'architecte n'en avait encore achevé que quatre, du côté méridional.
Pendant qu'Ahlert était absorbé par la restauration de la cathédrale de Cologne, Johann Peter Weyer, qui avait étudié l'architecture à Paris, construisait dans cette ville la Cour d'appel, l'entrepôt et la nouvelle école; il se construisit aussi une galerie de tableaux qui fut considérée comme une des curiosités de la ville, et mourut à Cologne en 1864. L'architecte du théâtre fut, en 1823, Mathias Biercher, né dans cette ville en 1797, élève de l'école de Berlin, mais qui avait parcouru, en étudiant, la France et les Pays-Bas. On confia aussi à Biercher le palais du gouvernement et la restauration de l'ancienne abbaye cistercienne d'Allenberg ainsi que du château royal de Brûhl près de Cologne (1830); mais la date de sa mort nous est restée inconnue.
Joseph Felten, élève, lui aussi, de l'académie de Berlin, né à Cologne en 1797 et mort le 20 avril 1880, se contenta d'abord d'être le collaborateur de Stùler au palais du prince Charles de Prusse, à Berlin; mais il s'établit, vers 1831, à Cologne qui lui doit le musée Walltraf-Richartz, le conservatoire de musique, le casino et de nombreuses maisons ou villas.
De cette première période du siècle sont encore : F. M. Has-