CHAPITRE VI
aucun édifice public, mais qui fut presque jusqu'à sa mort professeur d'architecture à cette académie.
Andrei Nikophorowitch Woronichin ou Waronchin, né en 1760, fut d'abord serf du comte Slrogonow, qui, reconnaissant ses apliludes remarquables pour le dessin, le fit éludier à l'Académie de Moscou. Aussitôt après avoir terminé ses études, sous la direclion de Bazhenow et de Kazakow,le jeune Ivan, protégé par l'empereur Paul Ier (1796), concevait le plan d'une église métropolitaine élevée à Saint-Pétersbourg et dépassant, en étendue, toutes celles qui existaient alors dans l'Extrême Nord de l'Europe ; on posait, en effet, en 1801, la première pierre de « la Mère de Dieu de Kasan ». Pour la construction de cet édifice, l'architecte s'inspira, dit-on, de Sainl-Pierre de Rome. Toujours est-il qu'il occupe une superficie de 14 000 mètres, que trois portiques composés de cinquante colonnes de style corinthien d'environ 13 mètres de hauteur ornent sa façade principale et les entrées des transepts, à la croisée desquels s'élève, à une hauteur de 42 mètres, une coupole hardie de 15 mètres d'ouverture. L'édifice eut d'ailleurs besoin d'une restauration en 1 830, mais Woronichin, créé conseiller d'État, était mort le 5 mars 1814 après avoir restauré la terrasse du palais Strelna et fait la colonnade des jardins Peterhof.
Ce fut aussi un architecte d'églises que Stackenschneider, Allemand sans doute, mais élève de l'académie de Saint-Pétersbourg, qui fut chargé, en 1837, de l'érection du palais Cololma, puis du palais d'été du duc de Leuchtenberg ; malheureusement, les renseignements biographiques sur cet artiste nous font complètement défaut.
La Bourse de la capitale, commencée en 1806, mais dont la construction, interrompue par les expéditions de Napoléon, ne se termina qu'en 1816, eut pour architecte un Français réfugié qui s'appelait Thomas de Thomon, né en 1756 à Paris, où il s'était déjà fait connaître. Bâti sur le bord de la Néva, l'édifice est précédé d'un vaste péristyle à deux rangs de colonnes, surmonté d'un groupe de grande dimension. Fait architecte de l'empereur de Russie, de Thomon dessina la place qui s'étend devant la Bourse, place flanquée à chacune de ses extrémités de deux colonnes rostrales rappelant celles delà place des Quinconces de Bordeaux.il fut aussi (1803) l'architecte du Grand
Théâtre de Saint-Pétersbourg, après le premier incendie qui dévora cet édifice bâti sons Catherine II par un étranger appelé Maddoks' et mourut dans cette ville en 181 4.
En 1821 , c'est le théâtre de Moscou qu'élève l'architecte Bové, dont nous ne connaissons que le nom, théâtre précédé d'un péristyle de huit colonnes d'ordre ionique, mais qui fut brûlé en 1854. Albert Cavos, membre de l'Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, fut chargé de sa reconstruction, en y apportant toules les améliorai ions signalées dans les principales salles de spectacle de l'Europe. L'édifice fut inauguré le 1" septembre 1857, lors du couronnement de l'empereur Alexandre II, qui, à cetle occasion, décora l'artiste. Saint-Pétersbourg lui doit également le théâtre Impérial, le grand cirque, l'hôtel des postes. Cavos fut aussi l'architecte du théâlre de la Cour à Pelerhof*, de celui de CaminierstrofT et d'une chapelle russe à Paris. Il est mort à une date ignorée de nous, laissant un « Traité de la Construction des théâtres ». Architecte de la Cour, Brenna, dont l'origine nous est inconnue, fut chargé de transformer en théâtre la bibliothèque impériale. En 1802, il termina l'église dTsaac commencée par un architecte allemand nommé Stengel, fut appelé au conseil d'Etat en 1814 et mourut, laissant de nombreux projets fort bien dessinés, à une époque que nous ne pouvons préciser.
Le théâtre Alexandra de Saint-Pétersbourg fut l'œuvre d'un architecte nommé Rossi, auteur également du palais Michel et d'une partie de la bibliothèque impériale en façade sur le square Alexandra. Ces divers travaux furent exécutés par Rossi de 1810 à 1830, c'est tout ce que nous savons. Le théâlre Michel date de 1833 et eut pour architecte Alexander Brulloff, professeur à l'académie des beaux-arls de Saint-Pélersbourg, membre de l'Institut des architectes britanniques, un peu plus tard collaborateur d'Ivan Strassoff, architecte du nouveau Palais d'hiver terminé en 1839. Strassoff fut un des artistes russes les plus distingués. Élève de l'Académie de Saint-Pétersbourg, il parcourut, pour se perfectionner dans son art, l'Italie et la France. Il reçut la croix de Stanislas et une somme de 50 000 roubles. On donne aussi à Slrassoff comme collaborateur, nous l'avons dit, l'architecte prussien Augustus Sluler. Ce que nous savons, c'est que, construit en 1756, sous le règne de Catherine, le