‹ Les architectes par leurs œuvres (volume 2)Chapitre 96 sur 276 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

qui s'élèveraient, dans l'avenir, en Russie et c'est, d'ailleurs, celui que l'architecte adopta pour la construction de l'église du Sauveur de Moscou. Il reçut aussi l'ordre de relever toutes les anciennes églises de la Russie et ce recueil remarquable fut offert en 1845, par le tzar à la reine d'Angleterre. Ici, nous perdons de vue l'architecte Thon dont il nous est impossible de préciser la mort. Wiebeking cite un architecte russe, du nom de Wittberg, comme auteur d'un temple élevé, pendant la période qui nous occupe, sur une colline près de Moscou ; mais sans nous donner aucun détail sur la vie de cet artiste. Il est aussi concis relativement à celle de Garbonier qu'il qualifie de général du corps des ingénieurs des voies de communication de Russie, auquel il attribue la construction, à Moscou, en 181 7, d'une salle de 167 mèlres de long sur 50 mètres de large, destinée aux exercices militaires et dont la façade est décorée dans le slyle dorique.

A Odessa, c'est un Français, élève d'Achille Leclère, François Schaal, qui est l'architecte du lycée Richelieu et de la Banque impériale, puis du lazaret et de la ville neuve de Kertch, en Crimée, élevés sousle règne d'Alexandre Ier. Quant à l'église Saint- Michel de cette ville, construite en 1835, elle est due à un artiste italien nommé Torricelli sur lequel les biographes sont absolument muets. Cette œuvre, assez remarquable d'ailleurs, offre quelques rapports avec Notre-Dame de Kasan. L'église métropolitaine de Kischenef, en Bessarabie, est l'œuvre d'un architecte allemand né à Mannheim en 1772, Peter Speeth, élève de Weber de Francfort, qui fut d'abord l'architecte du prince de Leiningen, puis du grand-duc de Wur'zbourg pour lequel il exécuta la prison citée comme une œuvre bien conçue par ses contemporains et qui est mort en 1 83 1 .

Pour finir, nous nous contenterons de citer, faute de documents, les noms des architectes russes Jefinow, élève, en 1822, de l'académie de Saint-Pétersbourg dont les travaux nous sont restés inconnus, et Ivan Tschernick, qui fil des études à l'école militaire de Saint-Pétersbourg et fut, en 1835, l'architecte du château Atamanisch.

Mais les souverains de la jeune Russie, il faut le dire, ne se contentèrent pas d'assurer, par le concours des architectes russes et étrangers, la splendeur de leur nouvelle capitale; la malheureuse Pologne eut aussi, à défaut de libertés, sa part des libéra-

lités d'Alexandre Ier, de Nicolas et d'Alexandre II ; aussi, pendant les premières années de notre siècle, voit-on Varsovie se couvrir d'édifices dont quelques-uns furent de véritables œuvres d'architecture; nous allons essayer d'en faire connaîlre les auteurs.

Le premier en date est un Ilalien, Antonio Corrazi, de Florence, qui avait déjà élevé dans celte ville deux théâtres au moment où il entra au service de la Russie. A Varsovie, il construisit : 1° le palais du gouvernement (1813); 2° le palais du Trésor public; 3° le palais de la Société littéraire érigé de 1822 à 1823; 4° le théâtre sur l'emplacement du marché couvert nommé Mariavil ; 5° l'asile des enfants trouvés (1824); 6° un asile pour les pauvres, etc. Tout ce que nous savons, c'est que, en 1826, Corazzi quilla la Russie pour s'installer à Vienne, où il est mort à une date de nous inconnue.

Deux ailes furent ajoutées au palais du gouvernement par Spilef ski, architecte polonais déjà connu par les travaux qu'il avait exécutés, à Varsovie, au palais de l'Université, élevé au milieu du xvie siècle par l'ordre de Sigismond III, roi de Pologne. Ces travaux consistaient dans l'addition d'un portique corinthien au bâtiment du milieu et de deux pavillons avec portique ionique : Varsovie lui doit aussi l'Académie des beaux-arts, la maison des sourds-muets et l'église des Carmélites; enfin, de 1822 à 1823, Spilefski restaura l'église des Dominicains à laquelle il ajouta une tour.

L'hôtel des Monnaies de Varsovie fut commencé, en 181 8, par l'archilecle russe Lessel, auteur, en 1812, du palais du comte Zamoïski; mais le premier de ces deux édifices n'était pas achevé au moment de la mort de Lessel et ce fut le Polonais Aigner qui eut l'honneur de le terminer. Une des premières œuvres de celui-ci est le « temple de la Sibylle » en Gallicie ; puis on le voit dirigeant, en 1 808, la construction du monument que la légion du général Zajanseck fit élever à Napoléon Ier aux environs de Kalisz, et, en 1810, ceux du monument à la mémoire de Copernick. A Varsovie, Aigner construisit encore la caserne, dite « la Grande garde », alors une des plus belles de toute l'Europe, et le grand observatoire, élevé hors de la ville. On lui doit aussi les plans de l'entrepôt des marchandises dont la façade principale est ornée, au rez-de-chaussée, de vingt-deux colonnes d'ordre dorique de près de 7 mètres de hauteur couronnées d'un bel entablement

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