CHAPITRE VI
neur de France, mourut après avoir publié des monographies de l'église Saint-Isaac et du monument élevé à l'empereur Alexandre Ier (Saint-Pétersbourg, 1820, et Paris, 1836).
Ce fut encore un Français, PaulJacot, né à Paris en 1798, qui, élève de Debret et de Lebas el première médaille d'arcliileclure de l'École des beaux-arts, exerça en Russie, de 1821 à 1840, les fonctions d'architecte de l'Empereur. A Saint-Pétersbourg, il construisit « l'Institut des voies el communications », la chapelle qui dépend de ce bâtiment, la « Salle de la noblesse », une église hollandaise; en 1852, l'église mélropolitaine de Varsovie et enfin un cirque (aujourd'hui détruit). Il produisit un projet, non adopté, pour l'érection de l'Opéra de la rue Lepellelier à Paris et mourut à une date qui nous est inconnue.
Au contraire, étaient Russes d'origine, Rusco, Sacharow et Soboltchikow qui, de 1810 à 1822, eurent la charge d'édifier et d'aménager la bibliothèque impériale à Saint-Pétersbourg. De Rusco nous ne savons qu'unechose,, c'eslqu'il donna, en 1810, les plans de l'édifice et commença la construction de la partie à l'angle de la Sadovoya et de la Perspective Newski. Sacharow lui succéda de 1811 à 1813,. comme architecte de l'édifice, mais il était déjà connu pour avoir modifié les bâtiments commencés en 1 705 de l'Amirauté, édifice dont la façade n'a pas moins de 428 mètres de longueur, non compris les deux ailes qui s'étendent vers la Néva. Soboltchikow chargé, en 1851, de l'achèvement de la bibliothèque impériale, n'hésita pas à visiter les principaux édifices de cette nature élevés en Europe ; on lui doit la nouvelle salle de lecture inaugurée le 24 novembre 1862.
Personne n'ignore quelle fut l'influence des idées allemandes sur la cour de Russie pendant le dernier règne; aussi, n'étonneronsnous pas le lecteur en lui disant que la plupart des grands bâtiments destinés en Russie à des services publics, que les théâtres, les châteaux do la noblesse, etc., ont eu pour architectes des architectes allemands dont nous avons cité les travaux, au cours de la biographie que nous en avons faite dans le chapitre précédent ; nous avons omis cependant Ludwig Bohnstedt qui, né à Stralsund le 27 octobre 1822, élève de l'académie de RerJin en 1839, fut appelé comme professeur de l'académie de Saint-Pétersbourg, après avoir visité la France et l'Italie. Dans la capitale de la Russie, il restaura le palais chinois d'Oranienbourg,
construisit le cloître de la Résurrection, l'hôtel de ville, le palais Chauveau-Narisclikîn et le palais Jussupoff; Riga lui doit aussi son théâtre. En 1854, Ronhstedt quitta cependant la Russie pour se fixer définitivement à Gotha, où nous le retrouvons en 1872, concourant pour le projet de palais du Parlement à Berlin et obtenant une des premières places à ce concours.
N'oublions pas, avant de terminer ce trop court abrégé de l'histoire de l'architecture en Russie, la salle de spectacle de Tiflis qu'éleva, en 1851, le prince Grégoire Gagarine qui fut alors véritablement un architecte possédant, au moins, une connaissance approfondie de l'architecture mauresque de laquelle il s'inspira et le palais de l'Exposition de l'industrie ouvert à Saint-Pétersbourg le 5 mai 1870. C'est là plutôt une construction nouvelle qu'une transformation exécutée par les architectes Grothman et Fontan; car s'ils ont dû respecter les bâtiments de l'ancien grenier à sel, la façade, en style Renaissance, qu'ils y ont ajoutée, partagée en cinq grandes voûtes que supportent huit colonnes corinthiennes et les deux ailes qui la complètent, ont fait du laid et sale entrepôt un véritable palais digne de recevoir, d'une façon permanente, les œuvres exposées par les artistes et les industriels russes. N'oublions pas non plus le monument commémoratif élevé à Novogorod, en 1862, par l'architecte russe Mikeschine, lors de la célébration du millénaire de la fondation de l'empire russe.
Hors de Saint-Pétersbourg, nous n'aurons que peu d'eeuvres architecturales à citer, pendant les premières années du siècle : à Tsarkoë-Selo, une église dont la première pierre fut posée, en 1825, par deux architectes italiens, les frères Adamini, cités seulement à celte occasion; l'église du Sauveur à Moscou, dont la construction dura douze années et qui eut pour architecte un Allemand, Constantin Thon, élève de l'académie de Saint-Pétersbourg. Pensionnaire de l'empereur de Russie à Rome, il y releva plusieurs des édifices romains, notamment le lemple de la Fortune de Préneste, et fut, à son retour (en 1828), nommé membre de l'académie, professeur et architecte de la Cour. Passionné pour le style romano-byzantin,Thon trouva dans l'empereur Nicolas un puissant protecteur de ses idées architecturales, à ce point qu'en 1841, le souverain donna l'ordre que ce style fût, autant que possible, celui de tous les édifices religieux
A. Couder pin