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Les architectes par leurs oeuvres

Résultats déplorables de la centralisation artistique à Rome. — La Haute-Italie cou lie à des architectes étrangers le soin de restaurer ses anciennes cathédrales. — Borromini et son école. — A Naples commence déjà la corruption du goût.

Le mouvement artistique qui, partant de Florence, de Milan, de Pise, de Venise, avait gagné Rome et atteint dans cette ville son apogée à la tin de la première moitié du xvic siècle, ne s’était que peu ralenti dans la Haute-Italie; on y construisit force palais et maints édifices religieux, mais ce fut désormais de Rome que les artistes reçurent leur impulsion. Il y aurait tout un volume à écrire sur les résultats de la centralisation en matière d’art; nous nous contenterons de dire ici, preuves en main, qu’elle fut déplorable pour l’art italien; qu’il y perdit son originalité et son indépendance et demeura impuissant, quand le moment fut arrivé de réagir contre l’envahissement du mauvais goût, devenu, pour ainsi dire, la règle générale.

Si le Florentin Baccio d’Agnolo conserva dans son intégrité le respect de l’art antique, c’est que son éducation artistique était faite au moment où commence le siècle de Léon X et que, né en 1460, il se trouva le contemporain des plus grands artistes du monde à cette époque. D’abord simple graveur sur bois (I) il donna des preuves de son goût pour l’architecture dans les dessins qu’il fit des arcs de triomphe élevés lors du voyage de Léon X dans les différentes villes de l’Italie. Ses relations avec Raphaël et Michel-Ange lui procurèrent immédiatement d’importants travaux : l’escalier qui conduit à la grande salle du Palazzo Vecchio à Florence, œuvre du Cronaca, et l’or-

(I) Il faisait à proprement parler la tarsia, sorte de marqueterie plutôt que gravure sur bois, dont Santa Maria Novella possède un certain nombre de pièces exécutées par Baccio d'Agnolo.

nemenfalion de cette salle. Alors il fut chargé, comme architecte, de construire, à Florence, des palais, des villas, des églises: le palais Bartoloni, place de la Santa Trinita; les palais Lanfredi, Salvietti Bartolini, Taddei et Borghelini, ainsi que le palais public sur la place de Sienne; la villa Bella Sguardo; le clocher de l’église San Miniato il Monte et celui de l’église du Saint- Esprit ; les églises de Santo Nofri, de Cello, et de Saint-Joseph ; la galerie de Santa Maria ciel Fiori qui se trouve du côté de Bischeri ; on lui doit aussi la belle mosaïque de cette même église. La réputation de Baccio s’était accrue au point qu’on lui confia l’achèvement du dôme de Florence; mais Michel- Ange, qui n’était pas toujours d’une extrême bienveillance en matière d’art, se moqua du projet de Baccio et la discussion qui s’éleva à ce sujet entre les deux artistes n’eut d’autre résultat que d’empêcher l’exécution de ce projet. Baccio d’Agnolo mourut en 1 543, laissant trois fils, dont l’un, Giuliano, acheva les ouvrages qui n’étaient pas terminés au moment de la mort de son père et construisit la maison de François Campana ainsi que le grand autel de Santa Maria dci Fiori en 1555.

Pallajuolo Simone, dit le Cronaca, dont nous venons de prononcer le nom comme étant celui de l’architecte de la vaste salle du Palazzo Vecchio (1), était né, comme Baccio d’Agnolo, h Florence, et quatre ans seulement avant lui (1454); mais il appartient moins que lui au xvie siècle, puisqu’il mourut à Florence en 1509. Le Cronaca vint à Borne, étudia auprès de son parent Pallajuolo et profita de son séjour dans la Ville Éternelle pour visiter et mesurer les restes des édifices romains. Il y rencontra le comte Filippo Slrozzi dont, pour un motif qui est resté inconnu, Benedello Majano avait cessé d’être l’architecte. Or, il s’agissait d’achever la construction du palais que ce dernier avait commencé; Pallajuolo se mit à l’œuvre et dessina pour la façade une corniche supérieure, dit Vasari, à celle du palais Farnèse. 11 en fit aussi les façades remarquables sur la cour, la sacristie de San Spirito, le couvent des Servîtes de Y Annunziata, l’église San Francisco al Monte sur la colline de San Miniato.

La chapelle Santa Croce , élevée pour la famille Nicolini, le palais Slrozzi, le palais Giacomini, et le palais archiépiscopal

(1) Cette construction, dont le plan fut considéré par les architectes contemporains comme très remarquable, a été supprimée et remplacée par Vasari.

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